Savoir être parent

«Une lacune qu'on a dans la société nord-américaine... (Photo fournie par les Éditions de Mortagne)

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«Une lacune qu'on a dans la société nord-américaine d'aujourd'hui, c'est qu'on cherche à tout prix à éviter le déplaisir à nos petits», affirme Ariane Hébert, psychologue.

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Peu importe la raison de la consultation, il y a des points communs entre les familles qui consultent la psychologue Ariane Hébert. Dans son livre Être parent - La boîte à outils, elle énonce 10 principes qu'on perd facilement de vue dans le brouhaha quotidien, mais qu'on gagnerait à mettre davantage en action. Coup d'oeil sur quelques conseils de «savoir-être» qui pourraient changer des choses sous votre toit.

Frustrez votre enfant

Éduquer son enfant, c'est entre autres lui apprendre à gérer ses émotions. «Une lacune qu'on a dans la société nord-américaine d'aujourd'hui, c'est qu'on cherche à tout prix à éviter le déplaisir à nos petits. On cherche à les placer dans un environnement favorable à leur développement, mais qui exclut tout ce qui pourrait être désagréable pour eux, constate Ariane Hébert. On leur retire alors cette possibilité de développer des outils pour faire face aux frustrations, et ça, c'est contraire à leur éducation.» Dire qu'il faut être une source de frustration pour ses enfants ne signifie pas faire exprès pour les fâcher, mais assumer nos décisions et les émotions négatives qu'elles suscitent. Nos petits savent qu'on les aime inconditionnellement et cet amour rend le cadre familial propice à cette éducation émotionnelle.

Déjouer la «manipulation»

Que ce soit au travail ou dans nos cercles d'amis, on sait ce qu'on peut se permettre avec l'un et pas avec l'autre. «On sait à qui on a affaire», résume Ariane Hébert. Les enfants ne sont pas différents: ils savent quel parent n'a pas de limite, quel parent va céder et quel parent va trancher. Et ils agissent en conséquence. Ce n'est pas vraiment de la manipulation, estime la psychologue, mais plutôt de l'opportunisme: les enfants, comme tout le monde, voient bien ce qui fonctionne ou pas. Pourquoi se priveraient-ils de demander à maman ce que papa va refuser systématiquement ou d'étirer l'heure du dodo lorsqu'ils savent que leurs parents reviendront encore et encore donner «un dernier» bisou de bonne nuit? Ne pas faire leurs quatre volontés est aussi une façon de les aimer.

Ne jamais acheter la paix

Tous les parents ont déjà acheté la paix avec leurs enfants. Oui, Ariane Hébert aussi. On a mille bonnes raisons de le faire: on est fatigué, trop occupé, trop pressé... Bref, on veut la sainte paix. Sauf que, à long terme, ce n'est pas payant du tout. «La fois suivante, ce sera plus difficile. Si l'enfant a gagné une fois, il va se réessayer et, naturellement, il va hausser ses exigences. Il sait très bien que ça peut marcher, il se dit qu'il a juste à insister davantage, à crier plus fort, à montrer plus de mécontentement, et ça devrait marcher. Ça provoque une escalade terrible», prévient-elle. La culpabilité de ne pas voir nos enfants assez et l'envie d'avoir du temps de qualité avec eux font qu'«on délaisse parfois l'autorité nécessaire pour les amener à atteindre l'autonomie pour, temporairement, passer du bon temps», en somme. La solution? La constance. C'est si simple sur papier et pourtant si difficile à mettre en pratique...

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Être parent - La boîte à outils, d'Ariane Hébert, aux Éditions de Mortagne

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Passer à l'action

Comme parent, on est souvent très conscient de là où ça accroche. On sait ce qu'il y a à faire. «Prendre la décision d'aller au bout de ça, c'est une autre paire de manches», constate la psychologue. Elle conseille de prendre le temps de déterminer ce qu'on veut atteindre, de prendre conscience de nos forces et de nos faiblesses et de réfléchir à ce dont nos enfants ont besoin, selon leur personnalité. Elle invite également à réévaluer ce qu'on doit faire et ce qu'on a envie de faire. Puis à faire des choix afin d'atteindre l'équilibre souhaité. «Si vous voulez changer des choses, vous aurez à faire des choix et à laisser aller des acquis auxquels vous tenez», écrit-elle. Point crucial: on doit trouver des stratégies pour compenser ce qu'on ne peut pas offrir soi-même.

Et en garde partagée?

«Il ne faut pas s'enfarger dans les fleurs du tapis, dit d'emblée Ariane Hébert. Les règles sont différentes à la maison et à l'école. Les enfants n'en font pas de cas et s'ajustent en fonction du milieu.» Les détails de ce qui est permis ou non au quotidien chez papa ou maman sont loin d'être ingérables, selon elle. Là où il est nécessaire de s'entendre, c'est au sujet des fondements de l'éducation des enfants: l'importance accordée aux études par rapport au temps consacré à un travail d'étudiant ou l'activité physique et les relations sociales par opposition au temps passé devant un écran. Sur le plan des valeurs, il faut marcher main dans la main avec l'autre parent, sinon l'enfant risque de recevoir un double message. «Et là, c'est lui qui en paie le prix», dit la psychologue.

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Être parent -  La boîte à outils. Ariane Hébert. Éditions de Mortagne. 200 pages.




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