Parents séparés, vacances prolongées

Au Québec, plus d'un enfant sur quatre a... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Au Québec, plus d'un enfant sur quatre a des parents séparés. Concrètement, cela se traduit bien souvent par deux maisons, deux chambres, deux Noëls, deux anniversaires, et l'été... deux séries de vacances !

Photo François Roy, Archives La Presse

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Au Québec, plus d'un enfant sur quatre a des parents séparés. Concrètement, cela se traduit bien souvent par deux maisons, deux chambres, deux Noëls, deux anniversaires, et l'été... deux séries de vacances ! Quatre mots pour comprendre et tirer le meilleur d'une réalité de plus en plus partagée.

Au Québec, plus d’un enfant sur quatre a... (Photo Brendan McDermid, Archives Reuters) - image 1.0

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Au Québec, plus d’un enfant sur quatre a des parents séparés. Concrètement, cela se traduit bien souvent par deux maisons, deux chambres, deux Noëls, deux anniversaires, et l’été… deux séries de vacances !

Photo Brendan McDermid, Archives Reuters

LE PHÉNOMÈNE

Tous les experts consultés le confirment. Les enfants dont les parents sont séparés se retrouvent avec un cadeau plutôt inattendu l'été : deux fois plus de vacances que prévu. Si le Québécois moyen prend deux semaines à l'été, les vacances qui étaient auparavant familiales se transforment dans les familles séparées en vacances avec un parent d'une part, puis avec l'autre d'autre part. Des vacances qui, parfois, peuvent s'étirer sur quatre, six, voire huit semaines. « Deux fois plus de vacances que quand la famille était harmonieusement ensemble », résume le psychologue Hubert Van Gijseghem. Évidemment, celles-ci ne se traduisent pas nécessairement par des voyages à l'étranger de tous bords tous côtés, mais il reste qu'il ne s'agit pas d'une réalité exclusive aux gens aisés. « Non, ce n'est pas une réalité de riches, précise l'avocate en droit de la famille Valérie Laberge, c'est une réalité tout court. »

LA RÉALITÉ

Dans les faits, si chaque famille organise son été à son image, reste que cela fait souvent moins de semaines en camp ou à la garderie pour ces enfants. « Il est rare que le parent en congé envoie son enfant se faire garder, signale Valérie Laberge. En majorité, ce que j'entends, c'est que les parents vont rester avec leurs enfants pour rattraper le temps, passer du temps de qualité. » La travailleuse sociale et médiatrice familiale Lorraine Filion observe les familles séparées depuis 30 ans. Elle remarque aussi une foule de scénarios possibles, selon les réalités et budgets de chacun : une semaine à la maison avec maman, une semaine en camping avec papa ; une semaine dans le Maine ici, une semaine en Ontario là, ou pourquoi pas un chalet partagé, une semaine avec la mère, l'autre avec le père ?

LES AVANTAGES

Quel que soit le mode de garde à l'année, ces vacances prolongées ont un avantage évident : elles offrent aux enfants une pause notable dans l'été, des expériences variées, où les stimulations et les apprentissages sont du coup décuplés. « C'est du temps de qualité [...], du temps où le parent est disponible, c'est évidemment un plus, note Hubert Van Gijseghem. Même si, évidemment, je ne suis pas pour la séparation », précise le psychologue. Autre bonus : cela permet aux enfants de passer deux semaines consécutives avec un parent, « ce qui ne leur arrive à peu près jamais », fait valoir l'avocate Valérie Laberge. Cela permet de renforcer les liens, ainsi que ceux avec les autres membres de la famille, dans les cas de familles recomposées. En effet, observe-t-elle, « les vacances, c'est propice aux rapprochements ».

LES RISQUES

Mais gare à la surenchère, préviennent les experts. « Comme parfois les parents sont en compétition, ils vont mettre le paquet, et il y a risque de surenchère », s'inquiète Hubert Van Gijseghem. Tu vas dans le Maine ? Moi, ce sera l'Italie. Tu vas en camping ? Moi, en voile ! Et l'enfant (devenu roi) risque de se retrouver au centre d'un jeu de pouvoir qui ne peut que mal finir, en manipulations et autres conflits de loyauté. « Ce n'est pas dans son intérêt. L'enfant va en demander de plus en plus, puis ne jamais être satisfait. » La travailleuse sociale Lorraine Filion le confirme : « C'est malheureux, mais ça arrive, des parents en compétition, et pas juste pour les vacances... »

CINQ CONSEILS POUR DES VACANCES BIEN PARTAGÉES

S'ENTENDRE SUR LES DATES

Que ce soit huit semaines de préavis, ou selon les conventions collectives ou types d'emploi de chacun, mieux vaut s'entendre à l'avance, histoire de préparer l'enfant (et le parent) à ce qui l'attend.

S'ENTENDRE SUR LES PROJETS

Dans un monde idéal, les deux parents devraient pouvoir s'entendre sur le type de projet prévu, histoire de varier les plaisirs, mais aussi pour éviter un trop grand décalage entre les vacances de l'un et celles de l'autre. « Il s'agit de se respecter, pour ne pas créer de déséquilibre », conseille Hubert Van Gijseghem.

GÉRER LES MOMENTS DE COMMUNICATION

Surtout avec de plus jeunes enfants, parfois, deux semaines, c'est long sans voir son père ou sa mère ! Mieux vaut convenir de plages horaires précises pour appeler, texter ou « Facetimer », afin de rassurer l'enfant, mais aussi pour éviter des sources d'irritation éventuelles avec l'autre parent.

GARDER CONTACT

En cas d'urgence, vous voudrez certainement pouvoir joindre l'autre parent de votre enfant. Pensez à vous communiquer vos dates de départ, numéros de téléphone et autres détails pertinents pour pouvoir vous joindre.




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