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Grand Montréal: un jeune adulte sur trois vit chez ses parents

Sarliji Atputharajah, à droite, et sa mère Suseeladevi... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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Sarliji Atputharajah, à droite, et sa mère Suseeladevi Atputharajah

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

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Le nombre de jeunes adultes vivant chez leurs parents continue d'augmenter au Canada, surtout en Ontario, où le prix des logements explose, mais aussi au Québec, selon les données du recensement 2016 publiées hier par Statistique Canada. Dans le Grand Montréal, un jeune adulte de 20 à 34 ans sur trois habite chez ses parents. Explications.

Un peu plus du tiers (34,7 %) des Canadiens... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse) - image 1.0

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Un peu plus du tiers (34,7 %) des Canadiens de 20 à 34 ans vivent désormais avec au moins un de leurs parents.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

L'EXEMPLE DE SARLIJI

Sarliji Atputharajah aura 29 ans la semaine prochaine. Elle travaille aux ressources humaines dans une grande entreprise et habite encore chez ses parents, dans le quartier Côte-des-Neiges. « Il y a une part culturelle : bien qu'on puisse le faire, pour une femme, c'est mal de quitter la maison avant de se marier », souligne Sarliji, dont la famille est originaire du Sri Lanka. Ses parents, dit-elle, ne seraient pas à l'aise avec le fait qu'elle parte autrement que pour se marier ou pour saisir une occasion d'emploi à l'extérieur. Sarliji aime aussi l'idée de partager les coûts avec ses parents plutôt que d'assumer seule le loyer, l'électricité, etc. « Et il faut aussi dire que je ne suis vraiment pas malheureuse à la maison », dit-elle en riant.

TENDANCE À LA HAUSSE

Sarliji est loin d'être la seule dans cette situation. La proportion de jeunes adultes qui restent chez leurs parents est en augmentation depuis plusieurs décennies, et les données de 2016 confirment cette tendance : un peu plus du tiers (34,7 %) des Canadiens de 20 à 34 ans vivent désormais avec au moins un de leurs parents. Les jeunes Ontariens sont particulièrement enclins à rester chez papa et maman - on parle de près d'un jeune sur deux dans les régions de Toronto, Oshawa et Hamilton. Mais la tendance se fait aussi sentir dans le Grand Montréal, où cette proportion est passée de 29 % en 2001 à 33,1 % en 2016.

MULTIFACTORIEL

Comment expliquer cette tendance ? « C'est un phénomène complexe, et plusieurs facteurs agissent de manière interreliée pour l'expliquer », dit d'emblée Julien Bérard-Chagnon, démographe à Statistique Canada. Il y a d'abord le coût de la vie, qui peut être un frein au départ du foyer familial. À Toronto, souligne M. Bérard-Chagnon, pas moins de 47,4 % des jeunes adultes vivaient chez leurs parents en 2016. « Il y a aussi les normes culturelles chez certains groupes d'immigrants, ajoute-t-il. On sait que Montréal a quand même plus d'immigrants que le reste du Québec. » Dans le Grand Montréal, 33,1 % des jeunes adultes vivent avec leurs parents, soit 3 % de plus que la moyenne provinciale. Dans la région métropolitaine de Québec, on parle de 23,8 %.

REPORT DU PROJET FAMILIAL

« Il y a un paquet de choses qui jouent, évidemment », croit aussi Céline Le Bourdais, professeure au département de sociologie de l'Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et changement familial. Outre les facteurs économiques et multiculturels, elle rappelle que les jeunes vont à l'école plus longtemps et ont tendance à fonder une famille plus tard. « Et en plus, quand ils ont une relation intime avec un copain ou une copine, très souvent, ils peuvent vivre leur vie de couple chez leurs parents, souligne Mme Le Bourdais. Alors que nous, les baby-boomers, si on voulait une vie de couple, il fallait partir. Ça ne se passait pas dans la maison ! »

DIFFÉRENCES GÉNÉRATIONNELLES

Céline Le Bourdais voit des différences générationnelles dans l'âge auquel on quitte le nid familial. Elle s'était penchée sur la question, il y a près de 20 ans, en analysant des données de Statistique Canada de 1995 avec une collègue démographe. « Quand on regardait les générations plus récentes, chez les jeunes nés à partir de 1975, on constatait qu'ils avaient des comportements qui ressemblaient à ceux de leurs grands-parents, et non de leurs parents », explique-t-elle. Leurs parents - des baby-boomers - avaient quitté la maison tôt comparativement à leurs propres parents, nés dans les années 20 et 30. « Ceux-là étaient partis tard, parce que dans ce temps-là, on restait avec nos parents jusqu'au jour où on se mariait. »




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