Avoir ou pas un troisième enfant?

Avant d'avoir un troisième enfant, la question de... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Avant d'avoir un troisième enfant, la question de la santé du couple, entre autres, se pose.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

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Vous voulez agrandir votre famille avec un troisième enfant. Un petit dernier. Vous en avez envie, mais vous hésitez. Pourquoi? Vous êtes-vous posé les bonnes questions?

«Celle qu'on devrait se poser d'emblée, c'est: est-ce qu'on se sent déjà débordés avec les deux premiers et qu'on a du mal à sortir la tête de l'eau? Si c'est le cas, le troisième n'améliorera pas votre sort», affirme la psychologue Nadia Gagnier, qui propose notamment de faire un bilan parental. De se souvenir des bons et des mauvais coups faits à titre de parents. 

La question de la santé du couple se pose aussi. «Il est bon de faire la rétrospective de l'impact que les deux enfants ont eu sur le couple. Si on a réussi à garder une bulle d'intimité à travers les enfants et qu'on continue à bâtir une complicité plutôt qu'une rivalité, vous serez prêt pour le troisième, mais ça ne veut pas dire que les choses vont se dérouler comme on le prévoit», explique la psychologue. Mme Gagnier souligne qu'un nouvel enfant va exacerber l'état du couple. S'il va bien, ce sera du bonheur, s'il bat de l'aile, le troisième va le fragiliser encore plus.

Roselle, 35 ans, a trois filles de 6 ans, 4 ans et un an et demi. «Il faut être capable d'accepter le chaos et le bruit, lance-t-elle en riant. Les moments de silence sont rares!» Elle dit ne pas avoir noté de grandes répercussions sur son couple à l'arrivée du troisième enfant.

«À deux ou à trois enfants, il n'y a pas de grande différence! Peut-être parce que nous tenions tous les deux à avoir trois enfants et que nous sommes heureux de ce choix. On vit dans un petit appartement, un peu entassés les uns sur les autres. On a des contraintes d'espace, alors, pour l'intimité, on repassera.»

Roselle observe que les gens sont impressionnés quand ils les voient tous les cinq. «J'ai l'impression qu'on ne comprend pas toujours le choix des familles nombreuses, mais en même temps, les gens sont admiratifs et trouvent ça formidable, dit-elle. Mon mari et moi, on vient de familles tissées serré alors on aime les grandes familles, d'ailleurs, au départ, c'est quatre enfants qu'on voulait avoir!»

Les bons et moins bons côtés...

«La première fois que je me suis promenée avec mes trois enfants, je me suis sentie différente, se rappelle Nadine, mère de trois garçons de 12 ans, 9 ans et bientôt 5 ans. C'est beau de les voir tous les trois.» Son mari vient d'une famille de trois enfants, alors c'était une évidence pour lui d'avoir une famille nombreuse. «Peut-être que je me disais secrètement que le troisième serait une fille... mais ce n'est pas vrai que le troisième s'élève tout seul, comme on entend dire très souvent. Je dirais même qu'au début, ça divise un peu la famille, car j'étais souvent prise avec le bébé à la maison et mon mari sortait avec les deux plus grands. J'avais peur de manquer de beaux moments. Maintenant, ils s'amusent bien tous les trois et sont très complices», raconte Nadine. Ses parents habitent près de leur demeure, alors Nadine et son mari ont eu beaucoup de soutien, ce qui a peut-être aussi influencé leur décision d'avoir trois enfants.

«Ce qu'on trouve difficile, c'est qu'avec trois enfants, les gens nous invitent moins à souper chez eux! On débarque à cinq, ça fait peur», estime Roselle, qui évoque aussi la complexité des déplacements au quotidien. «En ce moment, on fait trois arrêts, une va à l'école, l'autre dans un CPE et la troisième, dans un autre service de garde.» Sans compter que tout est conçu pour les familles de deux enfants: les chambres d'hôtel, les places dans l'avion ou au restaurant, et il faut se débrouiller pour s'adapter.

En parler aux enfants?

Mais comment faut-il agir avec les autres enfants lorsqu'on planifie agrandir la famille? Faut-il craindre leur réaction? «On leur dit qu'on souhaite un petit troisième. Il faut avoir en tête que la réaction initiale des enfants, qu'elle soit bonne ou mauvaise, va évoluer dans le temps. Il ne faut pas se freiner ni voir tout en rose, car tout peut changer à tout moment, même après l'arrivée du bébé!», estime Nadia Gagnier.

La psychologue rappelle qu'on lit souvent, dans les livres de psychologie populaire, que l'enfant du milieu vit un sentiment d'injustice. «Le plus vieux a les privilèges d'être l'aîné, de se coucher plus tard, d'avoir plus de libertés et le plus jeune a les privilèges d'être le plus petit! Et celui du milieu? Il n'a pas de statut», prévient-elle.

Les réactions varient selon les familles. On ne peut évidemment pas prévoir comment les événements vont se dérouler. «Mes deux enfants étaient très heureux d'avoir un petit frère, se souvient Nadine. L'aîné est très tendre envers le petit troisième qu'il a vu naître. Il est très protecteur envers lui.»




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