Être père ailleurs: papa von Trapp en Autriche

Joël Voyer et ses enfants lors d'une randonnée... (Photo fournie par Joël Voyer)

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Joël Voyer et ses enfants lors d'une randonnée en montagne.

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Férus de randonnée, Joël Voyer et sa femme Fanny Gaumond vivent en Autriche depuis 10 ans. C'est là que sont nés leurs fils Emil et Arno, âgés de 3 et 5 ans. La famille vit «à 15 km du lac de Constance et donc de l'Allemagne, à 10 km de la Suisse, à trois heures de route de l'Alsace et à trois heures de route de Milan», décrit M. Voyer. La Presse a joint le Montréalais d'origine à Dornbirn, où il travaille dans un centre de recherche semi-gouvernemental.

L'Autriche, est-ce un bon pays où avoir des enfants?

Oui. Entre autres parce qu'après 15 ans ensemble, ma femme et moi avions des difficultés à avoir des enfants. On est allés dans une clinique de fertilité, qui est payée à 100 % par le régime d'assurance maladie en Autriche. Ça a fonctionné.

L'Autriche, et plus spécifiquement le land du Vorarlberg où on habite depuis un an et demi, est très axé sur la famille. Tous les employés ont droit à cinq semaines de vacances, indépendamment de leur ancienneté. Les horaires flexibles sont monnaie courante et les heures supplémentaires peuvent être accumulées et converties en jours de vacances, même pour les postes supérieurs dans le secteur privé. Ça augmente grandement le temps disponible en famille. Avec les jours fériés qui sont plus nombreux qu'au Québec, j'ai déjà calculé que ça permet d'avoir entre sept et huit semaines complètes de vacances par année.

Les pères autrichiens ont-ils une attitude différente des pères québécois?

Le modèle classique, avec le père qui travaille et qui est le pourvoyeur, est encore assez ancré. Après la naissance d'un enfant, les femmes restent souvent à la maison pendant trois ans. Si une femme ne reste qu'un an, c'est mal vu.

Dans le Vorarlberg, le coût de la vie est de 10% à 15% plus élevé qu'ailleurs en Autriche, en raison de la proximité de la Suisse. Il y a, en conséquence, plus de couples où les deux travaillent. Je n'ai d'ailleurs jamais vu de réticences des patrons si je dois m'absenter pour aller à un rendez-vous pour les enfants le matin, que ce soit chez le médecin ou à la garderie.

Votre fils de 5 ans va-t-il à l'école?

Non. Ici, il faut avoir 6 ans au 1er septembre pour commencer l'école primaire. Actuellement, Arno va plutôt à la garderie, qui commence à 3 ans et qui est ouverte seulement en matinée. Même l'horaire de l'école est de 7h à 13h15 ou 13h30, une autre des raisons pour lesquelles les femmes ne travaillent souvent qu'à temps partiel. Quant à Emil, il participe à un groupe de jeux deux matinées par semaine, en plus d'aller en forêt avec d'autres enfants les jeudis. Qu'il pleuve, qu'il neige, peu importe la température, ils passent l'avant-midi dans la forêt à faire des cabanes en bois. Il adore ça.

Quelles activités faites-vous avec vos fils?

Depuis qu'ils sont dans le ventre de leur maman, ils se font trimballer dans les montagnes. On aimait beaucoup marcher et on n'a pas arrêté en ayant des enfants. On les emmenait en écharpe porte-bébé, puis dans des sacs à dos. Ils ont eu la piqûre très jeune. Je crois qu'ils sentent que tout le monde est heureux en montagne. Ils aiment passer ce temps-là avec nous.

Sinon, mes fils aiment visiter les musées d'art moderne. Pas loin de chez nous, il y a la collection privée de l'entreprise Würth. C'est gratuit, on y va régulièrement. On fréquente aussi le musée d'art moderne de Bregenz. À la maison, on a des Picasso et des Kandinsky - pas des vrais, malheureusement! - et les garçons aiment les regarder et essayer de trouver ce qu'on peut y voir.

On fait également des séjours à la ferme, ce qui est très populaire ici. On loue des appartements, directement dans des fermes, où on peut traire les vaches, leur donner du foin, les flatter, s'occuper des autres animaux. Ça permet d'être dans la nature sans que ça coûte cher.

Y a-t-il des désavantages à élever vos fils en Autriche?

Le contact avec les grands-parents, qui sont au Québec, est plutôt restreint. Ça se fait par téléphone et Skype. Mis à part cela, je n'en vois pas.

AUTRICHE

POPULATION EN 2013

8,5 millions

TAUX DE FÉCONDITÉ EN 2012

1,44 enfant par femme

CONGÉ DE PATERNITÉ

Aucun

REVENU NATIONAL BRUT PAR HABITANT EN 2013

50 390 $US

QUÉBEC

POPULATION EN 2014

8 millions

TAUX DE FÉCONDITÉ EN 2013

1,65 enfant par femme

CONGÉ DE PATERNITÉ

Cinq semaines payées l'équivalent de 70 % du revenu (revenu maximal assurable de 70 000 $ par an).

REVENU NATIONAL BRUT PAR HABITANT EN 2013 (CANADA)

52 200 $US

Sources: Perspective monde Université de Sherbrooke, le site sur l'immigration du gouvernement de l'Autriche, Banque mondiale, Institut de la statistique du Québec, Régime québécois d'assurance parentale et Statistique Canada.

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