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Le Conseil du statut de la femme suggère d'allonger le congé de paternité

La très grande majorité des pères se contente... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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La très grande majorité des pères se contente des cinq semaines prescrites par le régime, de peur de l'impact qu'un congé plus long pourrait avoir dans leur milieu de travail.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

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Si on veut que les pères participent davantage aux soins des enfants et au partage des tâches domestiques, ils doivent passer plus de temps auprès de leur enfant à la naissance.

C'est ce qui ressort d'un avis du Conseil du statut de la femme rendu public aujourd'hui et qui recommande d'allonger le congé de paternité à huit semaines en transférant aux pères trois semaines du congé parental.

Adopté en 2006, ce congé est encore perçu comme étant réservé à la mère alors que dans les faits, il peut être partagé entre les deux parents. Le nouveau père se contente habituellement du congé de cinq semaines prévu par le Régime québécois d'assurance parentale. Rappelons que le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord où les hommes bénéficient d'un congé de paternité exclusif, une mesure inspirée des pays scandinaves (la Suède accorde deux mois aux nouveaux pères, l'Islande trois).

Au Québec, les parents ont droit à:

  • 18 semaines de congé de maternité
  • 5 semaines de congé de paternité
  • 32 semaines de congé parental (à partager entre les deux parents)

Or selon le Conseil, cinq semaines ne sont pas suffisantes pour que le nouveau papa développe une autonomie parentale et s'implique à part entière dans le partage des tâches à la maison. À l'heure actuelle, les femmes en font encore beaucoup plus.

Mieux planifier

Dans cet avis intitulé « Pour un partage équitable du congé parental », le chercheur Olivier Lamalice a rencontré 27 familles québécoises afin de mieux comprendre comment les couples s'organisent à l'arrivée d'un enfant.

Il a constaté que la plupart des pères sont rarement seuls avec leur enfant durant leur congé de paternité. La mère est présente dans 80 % des cas et a tendance à tout prendre en charge, déléguant des tâches au père, qui se sent moins valorisé.

Autre constat du chercheur : la très grande majorité des pères (70 %) se contente d'au plus cinq semaines prescrites par le régime, de peur de l'impact qu'un congé plus long pourrait avoir dans leur milieu de travail. « Ils prennent plus de temps à planifier leurs cinq semaines d'absence au bureau que leur future parentalité », note Olivier Lamalice qui a privilégié l'approche qualitative (basée sur des entrevues individuelles auprès d'un échantillon de 12 pères et 15 mères qui représentent différents profils socio-démographiques) pour mener sa recherche.

En outre, poursuit le chercheur, le partage du congé parental n'est pas vraiment un sujet de discussion au sein du couple, il va presque automatiquement à la mère, comme si cela allait de soi. Ce qui fait dire à la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Julie Miville-Dechêne, qu'il y a encore des efforts à faire pour sensibiliser les futurs parents à l'importance du partage des rôles et des responsabilités parentales.

En effet, les études montrent que plus les pères s'impliquent dès les premières semaines de vie de leur enfant, plus le partage des tâches sera équitable au sein de la famille dans les années subséquentes.

On recommande donc une meilleure sensibilisation de la population sur les questions d'égalité hommes-femmes au sein de la famille. « On a constaté que le contenu des cours prénataux n'abordait pratiquement pas ces questions, souligne Olivier Lamalice. Les parents nous ont d'ailleurs confié qu'ils n'apprenaient pas grand-chose dans ces cours. Quant au guide Mieux vivre avec notre enfant... il consacre seulement 9 pages sur 692 au rôle des parents. C'est insuffisant. »

Un pas de plus vers l'égalité

Selon le Conseil, le transfert de trois semaines de congé parental au père, une mesure qui se ferait à coût nul, viendrait rétablir un certain équilibre puisque le père devrait le prendre seul, sans la présence de la mère. « Il pourrait être pris vers la fin du congé de la mère afin qu'elle ait eu le temps d'allaiter, note Julie Miville-Dechêne. Il faciliterait aussi le retour en douceur de la mère sur le marché du travail. »

« J'espère que nous provoquerons un débat de société avec cet avis. Idéalement, le congé parental serait partagé 50-50, ce qui éliminerait toute discrimination à l'embauche et favoriserait l'égalité entre les sexes. »

80 %
Proportion des pères québécois qui prennent un congé de paternité (25 % dans le reste du Canada)
30 %
Proportion des pères québécois qui ont pris une partie du congé parental

Sources : Statistique Canada, mars 2015, et le Conseil de gestion de l'assurance parentale, 2013

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