Le retour des «enfants à clés»?

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Avec la hausse des frais de garde, certains parents pourraient mettre la clé au cou de leurs enfants plus tôt.

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Si les frais de service de garde augmentent, certains parents pourraient être tentés de responsabiliser leurs enfants plus tôt en les laissant seuls à la maison après l'école. Quand peut-on leur passer la clé au cou ?

La hausse des frais de garde annoncée par le gouvernement Couillard pourrait avoir un impact sur des jeunes d'âge primaire. L'Association des services de garde en milieu scolaire du Québec craint une hausse du nombre « d'enfants à clés », ces jeunes de 9, 10 ou 11 ans seuls à la maison après l'école. Sont-ils assez responsables pour faire ce saut ? La question n'est pas simple.

« Ce n'est peut-être pas beaucoup, une augmentation de 7,30 $ à 8 $ [pour le milieu scolaire], mais elle s'ajoute à d'autres hausses, fait remarquer Gabrielle Neveu-Duhaime, coordonnatrice aux communications de l'Association. Les frais des CPE augmentent aussi et c'est plus difficile pour les familles qui ont plusieurs enfants. Notre crainte, c'est que les parents décident de couper dans le service de garde après l'école. »

C'est d'ailleurs cette réflexion qu'ont actuellement Marie-Sol Perreault-Desharnais et son amoureux, Sébastien Houde. Parents d'une famille recomposée, ils ont quatre enfants qui fréquentent le service de garde. Les trois plus grands ont 9 ans et le plus jeune, 5 ans. Si la réflexion sur la possibilité de laisser les plus vieux se garder seuls était déjà amorcée, la hausse des frais pourrait teinter leur décision, confirme la mère de famille.

«On s'est demandé si on ne pouvait pas modifier notre horaire le soir pour arriver plus tôt, pour qu'il ne leur reste pas plus que 45 minutes ou une heure maximum sans nous.»

Marie-Sol Perreault-Desharnais
Mère

Le couple a aussi envisagé de parler à d'autres parents pour s'entraider, ou encore payer trois soirs de frais de garde et arriver tôt les deux autres.

Oui, la hausse annoncée dérange le couple et le force à envisager de nouvelles options de garde, mais la sécurité des enfants préoccupe la mère de famille. « Je me connais, je vais être stressée tous les soirs à partir de 15 h 30, raconte-t-elle. La sécurité des gars vaut plus qu'une augmentation... »

PRÊT, PAS PRÊT ?

Au Québec, il n'existe pas de loi déterminant l'âge minimal auquel les enfants peuvent demeurer sans surveillance à la maison. C'est plutôt la loi du gros bon sens qui s'applique.

À titre indicatif, cependant, le Conseil canadien de la sécurité recommande aux parents de ne pas laisser un enfant de moins de 10 ans seul et d'y aller graduellement jusqu'à 12 ans.

Psychologue auprès d'enfants d'âge scolaire, Ginette Camirand croit pour sa part qu'avant 11 ans, ou la 6e année du primaire, rentrer seul à la maison tous les soirs et rester seul longtemps n'a rien d'idéal.

«Chaque enfant est différent. Ça dépend de son niveau d'autonomie, de sa maturité affective et de sa motivation à faire face à ce nouveau défi. Il faut regarder quels sont les besoins de l'enfant et toujours y aller progressivement.»

Ginette Camirand
Psychologue

Elle souligne l'importance de la surveillance des parents à distance, la présence d'un adulte de confiance à proximité et les bienfaits des cours de « gardiens avertis ».

Cependant, elle ajoute aussi qu'après l'école, les enfants ont besoin de décompresser et d'échanger avec un adulte. Au-delà de la sécurité, donc, il y a l'importance d'un adulte de confiance à qui parler, que ce soit au service de garde ou à la maison, précise la psychologue.

« Pour les jeunes, de se retrouver seuls de façon permanente et prolongée, je trouve que c'est un défi qui est lourd. Nous-mêmes, on a besoin de se retrouver auprès de gens qu'on aime quand on rentre du travail, fait-elle remarquer. De façon occasionnelle, ça peut être valorisant pour les enfants, mais de façon permanente ? Il ne faut pas l'oublier : l'augmentation des frais de garde, c'est un problème d'adultes. »

Recommandations du Centre canadien de la sécurité >>

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