L'âge sur les jouets, ça compte?

Liste d'achats en main, c'est parti : on gâte les enfants en prévision de Noël.... (Photo Thinkstock)

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Liste d'achats en main, c'est parti : on gâte les enfants en prévision de Noël. Soudainement, un doute. Le jeu pour enfants de « 4 à 12 ans » plaira-t-il vraiment à un enfant de 10 ans ? Ces recommandations sont-elles un avis à respecter ou un simple instrument de marketing ?

La réponse se situe quelque part entre les deux, croit Guylaine Bergeron, directrice de catégorie, jeux et produits éducatifs, chez le détaillant Brault et Bouthillier. « Sur les boîtes de Playmobil, on va souvent voir la mention "4 à 12 ans". Mais en réalité, il est rare qu'on achète des Playmobil pour des enfants de 10 ans. Ce sera surtout pour des jeunes de 4 à 8 ans, car à cet âge on est vraiment dans le jeu symbolique », explique-t-elle.Lorsqu'elle conseille des éducateurs et des parents, elle révise régulièrement, d'un an ou deux, les âges recommandés par les fabricants. Dans sa ligne de mire, très souvent, les jeux de société.

«Si, sur la boîte d'un jeu de société, il est indiqué de 3 à 7 ans, je dirais de couper le dernier quart. En général, si le jeu intéresse un enfant de 3 ans, c'est certain qu'il ne suscitera pas le même intérêt chez un enfant de 7 ans.»

Guylaine Bergeron
Directrice de catégorie, jeux et produits éducatifs chez le détaillant Brault et Bouthillier

Cette règle ne s'applique toutefois pas pour les jeux où le fabricant indique un âge cible, suivi de la mention « et + ». Avis aux parents qui cherchent, eux aussi, à avoir du plaisir : ces jeux sont conçus pour un public beaucoup plus large. « Il y a de fortes chances pour que ce soit un jeu pour toute la famille. Les parents n'ont alors pas à faire semblant de perdre s'ils veulent que leur enfant gagne », lance-t-elle en riant.Seule règle universelle, selon la spécialiste : la mention « non recommandé pour les enfants de moins de 3 ans ». Les pièces de ce jeu présentent alors un risque d'étouffement, peu importe le niveau intellectuel de l'enfant de 2 ans à qui on le présente.

« MON ENFANT EST AVANCÉ »

« Quand vous cherchez un jeu pour un enfant, je dirais d'abord de ne pas tricher sur son âge », lance Guylaine Bergeron. En magasin, elle voit régulièrement des parents tentés de vieillir un peu leurs petits, question qu'on ne leur propose pas un jouet qu'ils considèrent comme « trop bébé ».

« Les parents trichent un peu parce qu'ils se disent que leur enfant est plus avancé, explique-t-elle. Ça part d'une bonne intention, mais si c'est écrit "3 ans et +" sur un jeu de société, ce n'est pas seulement une question d'aptitudes intellectuelles... Un enfant de 2 ans n'a fort probablement pas la maturité sociale pour jouer avec ce jeu. »

Elle ajoute aussi que, dans le cas précis des ensembles de magie, l'âge minimal est une excellente indication, car les enfants plus jeunes n'ont pas la motricité fine nécessaire pour exécuter les tours.

Ergothérapeute, professeure à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et auteure du livre Le monde des jouets et des jeux, Francine Ferland insiste elle aussi sur la question de la manipulation des petits objets. « Les Barbie, avant, on les achetait à des enfants de 6, 7 ou 8 ans. Aujourd'hui, on les achète à des enfants de 3 ans ou 4 ans. Mais à cet âge, ils ne peuvent pas les habiller eux-mêmes. Alors ces poupées demeurent toutes nues, ou encore c'est la mère qui les habille. »

Le risque est alors de décourager l'enfant, soutient la spécialiste. « L'enfant va avoir des difficultés à jouer, et il va garder un souvenir négatif du jeu. »

À ce sujet, Guylaine Bergeron suggère aux parents de cacher un jouet qui s'avère trop complexe pour un enfant. En le ressortant 6 ou 12 mois plus tard, il obtiendra un effet de nouveauté et le jeu aura « une nouvelle vie ».

ET LE PLAISIR, DANS TOUT ÇA ?

Francine Ferland est formelle : le choix d'un jouet doit d'abord reposer sur les intérêts de l'enfant, où il en est dans son développement... et, surtout, sur le plaisir qu'il peut en tirer. « Le plaisir, c'est le partenaire du jeu ! », résume-t-elle.

«Si l'enfant a du plaisir, ça va être plus facile pour tout le monde. Pour les parents aussi !»

Francine Ferland
Ergothérapeute et auteure

À ce sujet, elle suggère aux parents d'y aller modérément avec le critère « éducatif ». « Le piège qui nous guette, c'est de transformer le jeu toujours en activité éducative, ajoute-t-elle. Prenons la motricité fine : on peut très bien avoir un jouet qui va développer cette habileté en faisant ouvrir des portes, en manipulant des petits objets, sans nécessairement que l'enfant doive tenir un crayon, illustre-t-elle. Ça se fait alors de façon beaucoup plus ludique. »

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