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Les moteurs de recherche Google et autres Yahoo! sont donc les témoins de nos petites et grandes angoisses.

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Pourquoi mon fils ne m'aime-t-il pas? Pourquoi ma fille m'insulte-t-elle? Pourquoi mon bébé pleure-t-il tout le temps? Derrière ces questions, beaucoup de détresse. Et souvent, l'outil de première ligne pour y répondre... c'est Google. La Presse a répertorié les 12 questions les plus posées sur le moteur de recherche avec les mots-clés «pourquoi mon bébé...», «pourquoi mon fils...» et «pourquoi ma fille...» Réponses de (vrais) experts.

Le chemin le plus court vers l'aéroport. Une recette de biscuits décadents. La meilleure caméra. Pour chaque question, il y a, sur le web, des milliers de réponses. Une instantanéité si grande qu'on s'y réfère aussi lorsque plus rien ne va à la maison. Le bon réflexe? Oui et non, disent les intervenants de première ligne pour la famille. Et si on faisait confiance à notre instinct?

La question «comment dormir?» figure au troisième rang des questions qui commencent par «comment» posées sur Google en 2013 par les Canadiens. Elle se situe tout juste derrière «comment factoriser?» (une opération en mathématiques) et «comment danser le twerk?» (réaliser des mouvements sexuellement suggestifs).

Les moteurs de recherche Google et autres Yahoo! sont donc les témoins de nos petites et grandes angoisses. Surtout lorsqu'on est parent et qu'on se remet en question. Qu'on se sent impuissant et qu'on a besoin de trouver une réponse, là, maintenant. Derrière l'écran, aucune gêne.

«Les parents qui tapent ce genre de question sur le web tombent souvent sur des forums de discussion, explique tout d'abord Solène Bourque, psychoéducatrice depuis plus de 20 ans. Ça peut créer une espèce de réseautage, ce qui est positif. Mais il y a un effet négatif à ça, car, sur ces sites, il y a du soutien, mais aussi des contradictions. Les parents se sentent alors un peu plus perdus qu'autre chose.»

À la question «pourquoi mon bébé pleure-t-il la nuit?», Google propose 677 000 liens web, et Yahoo!, 3 150 000. Les réponses sont filtrées selon la fiabilité des sites, mais elles se situent quelque part entre l'insécurité, le reflux gastrique, la faim, le froid, l'hyper ou l'hyposensibilité et l'impression que sa mère est déprimée.

«Il y a sur le web de très bons outils en pédiatrie, explique Gaëlle Vekemans, médecin spécialiste en pédiatrie. Le site de la Société canadienne de pédiatrie ou celui de l'American Academy of Pediatrics, aux États-Unis, en sont de bons exemples. Mais dès qu'on sort de ça, le problème est souvent de tomber dans l'exception. On cherche à savoir pourquoi notre bébé tire la langue, et là, tout d'un coup, on tombe sur une maladie extrêmement rare ou une grosse infection alors que ce n'est pas ça du tout. Il faut faire attention.»

La Dre Vekemans doit d'ailleurs régulièrement rassurer des parents qui ont fait leurs propres recherches avant un rendez-vous. Une tâche délicate, car, avec autant d'information, ils ont vite l'impression de devenir experts.

La «petite voix»

Et si on se faisait confiance? «Il faut écouter notre petite voix, suggère la Dre Vekemans. Je dis souvent aux parents qu'ils sont les meilleurs juges. Si vous voyez que votre enfant est heureux et qu'il se développe bien, votre petite voix de parent vous dit «non, il n'y a pas de danger.» Il faut l'écouter.»

Dans le doute, on pousse plus loin. Sur le web parfois, et auprès de spécialistes aussi. Même pour des questions que l'on juge futiles, insiste-t-elle.

La psychologue Ginette Camirand rappelle aussi qu'il est parfois difficile d'avoir le recul nécessaire pour bien évaluer une situation. «Qu'on soit parent ou enfant, dans certaines situations, la charge émotive est trop grande, observe-t-elle. Elle ne nous permet pas d'avoir du recul et de placer les pièces du casse-tête au bon endroit.»

« Pourquoi mon bébé... »

Voici quatre questions parmi les plus posées sur Google au sujet des bébés. Et les pistes de solution de spécialistes en la matière.

Pourquoi mon bébé pleure-t-il tout le temps?

C'est LA question qui hante le plus les parents sur le web. Bébé a bien bu, sa couche est propre, on l'a bercé, et pourtant il pleure et pleure encore. Pourquoi?

«C'est toujours une question d'état général, explique la pédiatre Gaëlle Vekemans. Si c'est un bébé qui va bien, qui prend bien du poids, qui se développe normalement et qui a des phases dans la journée où il est heureux, ce n'est pas inquiétant.» Dans le cas contraire, quand le parent perçoit que les pleurs sont des cris de détresse plutôt que d'inconfort, mieux vaut en discuter avec un professionnel de la santé.

Enfin, certains bébés parfaitement en santé pleurent plus que d'autres, même couverts de petits soins. Normal, mais épuisant. «Je dis parfois aux parents de lâcher prise, de laisser le bébé dans sa chambre quelques minutes avec une petite musique, explique Solène Bourque, psychoéducatrice. Ils peuvent décompresser sur le balcon pendant que le bébé est en sécurité, car il vient un moment où l'on n'est plus dans un état physique et émotif pour prendre soin du bébé qui pleure. Ça brise le coeur de laisser pleurer son enfant 10 minutes, mais de sortir de la pièce permet souvent de revenir dans de meilleures dispositions.»

Pourquoi mon bébé ne dort-il pas la nuit?

«Et puis, il fait ses nuits?» Sujet plus que sensible chez les nouveaux parents, le sommeil des bébés est aussi à l'origine de querelles épiques sur les forums de discussion. Bébé se réveille-t-il la nuit parce qu'on l'a «gâté» ou parce qu'il est en détresse? La question n'a pas fini de déchirer le web.

«Il y a un problème et il faut agir quand les parents et toute la famille souffrent du manque de sommeil», résume Évelyne Martello, infirmière clinicienne et sommité en matière de sommeil chez les enfants. Les réveils nocturnes d'un nourrisson sont normaux. Il a besoin de réconfort et d'être alimenté la nuit jusqu'à l'âge de 4 à 6 mois. Après cet âge, s'il est en bonne santé, il est capable de dormir la nuit, assure-t-elle. Toutefois, s'il s'endort en buvant, ou encore bercé par un parent, il risque d'avoir besoin de la même chose s'il se réveille la nuit. Évelyne Martello suggère de donner le dernier boire de la journée avant le bain et de mettre bébé au lit après une routine apaisante, alors qu'il est encore éveillé.

Ainsi, il apprendra graduellement à trouver le sommeil seul, sans l'intervention de ses parents. Elle donne d'ailleurs des conseils à de nombreuses familles qui ont du mal à passer à cette étape. L'une des méthodes qu'elle suggère aux parents est le controversé «5-10-15», qui consiste à laisser pleurer le bébé, en le rassurant à des intervalles de 5, 10 et 15 minutes. «C'est controversé, mais quand les parents sont en détresse, ça marche rapidement», explique-t-elle.

Pourquoi mon bébé tire-t-il la langue?

Impossible de connaître l'âge exact du bébé des parents qui ont posé cette question à Google, mais s'il s'agit d'un nourrisson, la pédiatre Gaëlle Vekemans se fait rassurante: «Si le bébé va bien, c'est vraiment de l'imitation, et il ne faut vraiment pas s'en inquiéter, dit-elle. À partir du moment où il y a une interaction entre l'enfant et son entourage, il va se mettre à imiter, surtout quand le grand frère et la grande soeur décident qu'ils font les clowns et lui montrent à tirer la langue.»

Cependant, un enfant peut aussi tirer la langue s'il souffre d'une infection, comme une pharyngite, ou d'un reflux gastro-oesophagien. «Si le fait de tirer la langue s'accompagne de difficulté à se nourrir, avec beaucoup de pleurs ou une perte de poids, ou si l'enfant semble toujours en train de ravaler, ça vaut la peine de consulter un médecin», ajoute la pédiatre.

Pourquoi mon bébé pleure-t-il le soir?

Comme des nuages qui s'amoncellent au cours de la journée, l'orage éclate en soirée: dès que le soleil se couche, bébé est inconsolable. «C'est l'accumulation de la fatigue de la journée, surtout s'il ne fait que de petites siestes. Ce n'est pas réparateur. L'enfant qui ne dort que 20 minutes n'est pas bien reposé, alors il pleure plus le soir, car il est épuisé», explique Évelyne Martello, l'infirmière qui anime le site Enfinjedors.com. Un bain légèrement chaud peut alors aider bébé à se détendre et favoriser son sommeil. Elle ajoute que l'enfant peut éprouver de réels malaises physiques en soirée, provoqués par l'accumulation de gaz ou des reflux gastriques. L'avis d'un médecin peut éclairer les parents inquiets.

DES RESSOURCES

«Pourquoi mon fils...»

Voici quatre questions parmi les plus posées sur Google par les parents de garçons. Et les pistes de solution de spécialistes en la matière.

Pourquoi mon fils vole-t-il?

La question est complexe, mais la psychologue Ginette Camirand expose quelques pistes. Un enfant peut commettre un vol pour plusieurs raisons, mais pas dans l'intention de faire du mal à autrui. «Ce qui motive son geste, c'est plutôt le plaisir, la pulsion. Il voit quelque chose d'attrayant qu'il veut faire sien ou donner à quelqu'un. D'autres volent pour combler un vide, un besoin d'attention. Ils envoient alors un message à leurs parents.» Quelle qu'en soit la raison, le vol est l'occasion pour les parents de rappeler leurs valeurs à l'enfant.

«On lui dit: ''Oui, tu as commis ce geste-là, tu n'as pas pensé aux conséquences, et maintenant, il faut que tu répares.''» Généralement, après qu'il a présenté des excuses et bien compris la portée de son geste, l'enfant a rarement envie de recommencer. On s'inquiète toutefois s'il y a récidive. «L'enfant est peut-être impulsif, et il a besoin d'un plus grand encadrement, précise Mme Camirand. L'adolescent qui commet des vols nous envoie aussi un message. On peut associer ces gestes à une rébellion, à un refus de l'autorité.» Mais a priori, pas de panique. Il s'agit d'une situation fréquente chez les plus petits.

Pourquoi mon fils grince-t-il des dents la nuit?

«C'est sûr que c'est un bruit absolument horrible, capable de nous faire dresser les cheveux sur la tête, mais il n'y a pas de raison ou d'explication au bruxisme», explique la pédiatre Gaëlle Vekemans. Prudence, donc, avant de craindre un trouble anxieux ou autre traumatisme. La médecin précise que, chez les tout-petits, il n'y a pas de lien évident entre le stress et le fait de grincer des dents la nuit. «Parfois l'enfant se met à grincer des dents parce qu'il vient de découvrir le bruit que font ses dents, tout simplement», ajoute-t-elle.

Autre mythe déboulonné: le fait de grincer des dents la nuit n'a aucun (mais aucun!) lien avec les vers intestinaux, quoi qu'en disent certaines grands-mères bien intentionnées. La pédiatre conseille seulement aux parents d'en glisser un mot au dentiste, afin de s'assurer que l'émail des dents tient le coup.

Pourquoi mon fils ne m'aime-t-il pas?

«Je. Ne. T'aime. Pas.» Ces mots font mal. Très mal. Est-ce qu'un enfant en pleine période de conflit avec son parent peut cesser de l'aimer? «Pour l'enfant qui veut atteindre son parent, l'insulte ultime, c'est «je ne t'aime pas». Mais lorsqu'il dit ces mots, il dit davantage «je ne suis pas bien avec ton intervention» », tempère Solène Bourque, psychoéducatrice. Elle précise que l'amour, le vrai, est rarement en cause lorsque cette phrase surgit. Voilà tout de même l'occasion pour le parent de se questionner sur sa relation avec l'enfant - sans céder au chantage émotif, toutefois. Car parfois, poursuit Mme Bourque, «il y a des traits de personnalité avec lesquels ça clique moins. Par exemple, si notre enfant est notre miroir, on n'aura pas le même genre de réaction qu'avec un autre. On va réagir plus sèchement.» Que faire, donc, lorsque tombe cette phrase fatidique? Lui répondre simplement, calmement, que nous, on l'aime quand même. Qu'on n'aime pas le comportement de l'enfant, mais qu'on ne cessera jamais de l'aimer, lui.

Pourquoi mon fils me tape-t-il?

La question s'approche de «pourquoi mon fils ne m'aime-t-il pas?», fait remarquer Solène Bourque. «L'enfant essaie de faire réagir son parent », explique-t-elle. Et, justement, le parent doit réagir. «Il faut arrêter le comportement rapidement. On dit à l'enfant: «Tu es fâché, mais tu n'as pas le droit d'utiliser la violence.» On va peut-être vivre une semaine intense d'encadrement, mais il faut lui faire comprendre que ça ne se fait pas, même à un enfant très jeune, à 15 mois, par exemple.» Et tout comme à la question précédente, pas de souci, l'amour n'a rien à voir avec cette tape. Chez les tout-petits, vers l'âge de 2 ans, cette agressivité est normale. Malgré tout, elle doit être encadrée, précise la psychoéducatrice, car avec le temps la relation parent-enfant peut s'envenimer.

«Pourquoi ma fille...»

Voici quatre questions parmi les plus posées sur Google par les parents de filles. Et les pistes de solution de spécialistes en la matière.

Pourquoi ma fille est-elle lesbienne?

Voilà une immense question à poser à un moteur de recherche. À Gai écoute, un service téléphonique pour personnes concernées par l'homosexualité, cette question revient fréquemment, souligne une intervenante à l'écoute*. «C'est difficile pour les parents lorsqu'il y a un dévoilement. Ils s'inquiètent et se disent que leur enfant n'aura pas une vie normale», résume-t-elle. Il n'y a pas de réponse unique à cette question, mais l'intervenante explique tout d'abord que l'homosexualité n'a rien à voir avec la relation qu'entretient une personne avec ses parents. Est-ce biologique, alors? «Les parents nous posent beaucoup cette question, dit l'intervenante. On ne peut pas mettre de côté cette thèse. Je dirais tout de même que l'orientation sexuelle est propre à l'expérience de chacun.» Et le fait de ne pas l'accepter ne changera absolument rien à l'orientation sexuelle de l'enfant, rappelle Ginette Camirand, qui ajoute que les adolescents vivent parfois des expériences avec des personnes du même sexe sans que ce passage à l'acte soit synonyme d'homosexualité. «L'intégration de l'identité sexuelle est un processus qui peut être très long», explique-t-elle. Lorsqu'ils sont interpellés à ce sujet, les parents peuvent accompagner leur enfant dans leur cheminement, sans jugement, ajoute la psychologue.

*Les intervenants de Gai écoute ne révèlent pas leur identité.

Pourquoi ma fille m'insulte-t-elle?

C'est un classique. Au retour de l'école, devant une remarque tout à fait anodine, boum, ça explose: «Tu ne comprends jamais rien!» ou encore: «Si tu penses que je vais m'habiller comme toi...» Les insultes surviennent généralement vers la fin de l'enfance et au début de l'adolescence, constate Solène Bourque. Derrière ces propos, il y a un message. Pour le saisir, il faut savoir se détacher de la situation, prendre un peu de recul. «Le principal défi des parents, c'est de ne pas prendre les choses de façon personnelle. Nous-mêmes, quand on a eu une journée difficile au bureau, on arrive à la maison et on bardasse... Les enfants font pareil.» Normales, les insultes, mais inacceptables tout de même. «On peut tenter une approche du genre: «Oh, tu as eu une journée difficile à l'école, toi. Tu veux en parler?» On lui répète qu'elle peut être en colère, mais qu'elle ne doit pas nous insulter.» Point. Elle ne veut pas parler de ce qui la tracasse? C'est très possible. On se montre alors disponible, simplement.

Pourquoi ma fille préfère-t-elle son père?

L'ambiance est lourde dans la maison, et hop, dès que papa revient du travail, sa fille s'illumine. Blessée, sa mère se demande ce qu'elle a bien pu faire pour que sa fille «préfère» son père. «Ça n'a rien à voir avec l'amour», tempère Solène Bourque. Il y a certes la question du complexe d'OEdipe, qui amène les petites filles à placer leur père sur un piédestal, mais aussi, parfois, une simple question d'affinités. Une histoire de compatibilité de personnalités, quoi. Et puis, fait remarquer la psychoéducatrice, dans plusieurs familles, l'approche du père diffère de celle de la mère. «Les mamans ont plus tendance à être psychologues avec leurs enfants. Les papas, eux, arrivent et ils ramassent l'enfant par la taille, le font grimper sur leur épaule et lui demandent en même temps comment s'est passée la journée. Il arrive souvent que les enfants se sentent plus à l'aise avec cette approche.» Avec les années, toutefois, les affinités entre les membres de la famille évoluent. Il se pourrait bien que, un peu plus tard, ce soit maman qui ait la cote.

Pourquoi ma fille aime-t-elle Justin Bierber?

Étonnamment, cette question figure au sommet des requêtes les plus fréquentes sur Google au mois d'août. Elle mérite toutefois qu'on s'y attarde, dit la psychologue Ginette Camirand. «C'est très important comme parent de ne pas juger l'enfant dans ses goûts, ses préférences. Ça fait partie de sa génération à lui, et il y a un effet d'entraînement dans tout ça. C'est sûr que, comme adulte, on peut ne pas partager ce coup de coeur, mais si on revenait sur les intérêts qu'on avait quand on était ado, il y a des choses qui nous feraient bien rire aujourd'hui», rappelle-t-elle. Elle ajoute qu'une adolescente peut aimer Justin Bieber, mais découvrir aussi (pourquoi pas?) Mozart et Chopin. «Tous les enfants aiment les hot-dogs et les bonbons, mais on n'a pas à les dénigrer pour autant, précise la psychologue. Il faut pouvoir les amener à explorer autre chose.» Et puis, qui sait, le chanteur rebelle nous donne peut-être une occasion d'échanger un peu avec notre ado sur ses intérêts en matière de style et de musique... Rock on!

Méthodologie: Les questions retenues dans ce dossier sont celles qui ont été posées le plus fréquemment au Canada, la semaine du 17 août, avec les mots-clés «pourquoi mon bébé», «pourquoi mon fils» et «pourquoi ma fille».




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