Un bébé, vraiment?

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Les parents auraient tendance à sous-estimer la taille (donc le développement) de leur plus jeune enfant, ou de leur seul et unique enfant, littéralement.

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Vous souvenez-vous ? Votre bébé, hier encore si petit, fragile et dépendant ? Comme il a pris un coup de vieux, à l'arrivée de votre deuxième enfant ? Non, vous n'êtes pas seul. Et ce « coup de vieux » a désormais un nom : le syndrome de « l'illusion du bébé ».

Un syndrome bien réel. « C'est quand on a eu Éloi qu'on s'en est rendu compte : on n'avait plus un bébé, mais une petite fille à côté ! », indique Kim Morin, mère d'une désormais « petite fille » de 22 mois, aux côtés d'un « bébé » de 3 mois. « Elle avait l'air d'une géante à côté d'Éloi, ajoute-t-elle en riant. Elle n'est pas si grande, pourtant, mais aussitôt qu'on a vu notre bébé naissant à côté, on s'est rendu compte qu'elle était vraiment grande : elle se déplace, parle, on n'avait pas réalisé toute cette évolution, explique la jeune mère. Ce n'est vraiment plus un bébé ! » 

Patrick Lavigne a vécu exactement le même phénomène à la naissance de sa deuxième fille, Anna-Belle, il y a cinq mois. C'est comme si son aînée, Éliza-Jane, 4 ans, avait poussé d'un coup. « Tout d'un coup, on voit qu'on n'a plus un bébé, mais une petite fille, dit-il. On réalise à quel point son enfant est développé. C'est comme si, au quotidien, on ne voyait pas à quel point son enfant évolue vite. » Devant un nouveau-né qui ne fait pas un bruit et passe ses journées à dormir, le jeune père a réalisé que son autre « bébé » n'en était plus du tout un, en fait.

Toujours un bébé dans l'oeil du parent

Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, cette prise de conscience ne serait pas seulement due à la comparaison entre les deux enfants. En fait, les parents auraient bel et bien tendance à sous-estimer la taille (donc le développement) de leur plus jeune enfant, ou de leur seul et unique enfant, littéralement.

C'est du moins l'hypothèse, désormais confirmée, qu'avance le chercheur Jordy Kaufman, de la Swinburne University of Technology, en Australie. « Ce n'est pas parce que l'aîné a l'air plus grand que le nouveau-né, mais plutôt parce que pendant tout ce temps, les parents vivaient dans l'illusion que leur premier enfant était plus petit qu'il ne l'était réellement. C'est finalement à la naissance du second que le sort est brisé et qu'ils voient enfin leur aîné tel qu'il est vraiment », a-t-il expliqué, dans une entrevue donnée récemment au Guardian. 

Dans le cadre de ses travaux, dont les résultats ont été publiés dans le journal scientifique Current Biology, il a d'abord sondé 747 mères, dans le but de savoir si elles avaient eu cette impression de soudainement voir leur aîné grandir, à la naissance de leur deuxième enfant. Dans 70 % des cas, les mères ont répondu par l'affirmative. Dans un deuxième temps, le chercheur a interrogé 77 mamans pour leur demander d'évaluer la taille de l'un ou l'autre de leurs enfants. Si elles tombaient plus ou moins dans les chiffres pour les aînés, la taille des plus jeunes était presque systématiquement sous-estimée de 7 cm !

Conséquence ? « Probablement que les parents traitent leurs plus jeunes enfants comme s'ils étaient encore plus jeunes qu'ils ne le sont vraiment, croit-il. En d'autres mots, notre recherche confirme pourquoi les "bébés" d'une famille le restent longtemps. C'est parce que pour les parents, le "bébé" reste toujours un "bébé" ! »




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