Décès périnatal: et le deuil du père?

Si les pères québécois peuvent maintenant jouer un rôle accru auprès de leurs... (Photothèque: La Presse)

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Si les pères québécois peuvent maintenant jouer un rôle accru auprès de leurs enfants, notamment grâce à l'instauration du congé de paternité, ils restent encore les grands oubliés lorsque l'enfant tant attendu meurt avant ou pendant la naissance.

C'est une histoire crève-coeur qui arrive plus souvent qu'on ne croit. Mychelle Périard, 32 ans, a perdu sa fille Mikaële l'an dernier dans sa 40e semaine de grossesse. Devant ce deuil, son conjoint et elle n'ont pas été traités de la même façon.

 

«Je me suis retrouvée avec quatre mois de congé parental, mais mon conjoint, lui, n'avait rien», dit-elle. Contrairement à la mère, le père n'est pas admissible aux congés en cas de décès périnatal. Le conjoint de Mychelle n'a pas non plus toujours reçu la même écoute ou la même attention de la part des proches. «Dans le côté familial, tout le monde était après moi. C'est moi, dans mon choc, qui disais: ne l'oubliez pas, c'est lui le père. Il n'y a pas que moi, il y a le papa aussi.»

Infirmière à l'hôpital LaSalle, Sarah Bachand a elle aussi vécu la perte d'un enfant avant la naissance. Bien connue du personnel soignant, elle a pu constater que souvent le père reste en marge. «Personne ne donnait d'attention à mon mari», se souvient celle qui a recueilli des témoignages de parents pour un livre qui devrait paraître prochainement.

Il existe encore peu de ressources, constate Francine de Montigny, professeure en sciences infirmières et directrice du département des sciences infirmières de l'Université du Québec en Outaouais. La mère est entourée lors du décès périnatal, dit-elle, contrairement au père, ce qui l'expose à une dépression dans les années suivant le décès.

D'autant plus qu'il est difficile de dépister les états dépressifs chez les pères. «Ils sont plus tolérants dans de plus grandes détresses», dit Mme de Montigny. Pourtant, aider le père reste fondamental, non seulement pour lui mais pour le bien-être de sa famille. «Quand on aide les parents à vivre leur deuil, c'est préventif pour aider cette cellule familiale à rester unie.»

 

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