Les antinatalistes

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

«Je ne veux pas d'un futur consommateur engraissé et abreuvé par l'ignoble... (Photo: La Presse)

Agrandir

Photo: La Presse

Isabelle Hachey
La Presse

«Je ne veux pas d'un futur consommateur engraissé et abreuvé par l'ignoble industrie alimentaire pour en faire un obèse allergique qui, par la force des choses, enflera les coffres des pharmaceutiques», pouvait-on dans le courrier des lecteurs de La Presse, en 2003, sous la plume acérée de Jean-François Bottollier.

Six ans plus tard, il n'a pas changé d'avis. Il refuse de mettre au monde un autre «produit McDonald» qui fera inévitablement tourner la roue de notre société de consommation. «On est déjà beaucoup trop», dit-il.

Sans le savoir, cet électricien montréalais de 39 ans fait partie d'un mouvement «antinataliste» qui prend de l'ampleur, porté par la vague écologiste.

En Occident, des dizaines de livres et de sites web, tels que «childfree.com», font désormais l'éloge de la dénatalité. Faire des enfants tue, avance-t-on. Pour sauver notre planète surpeuplée, polluée et meurtrie par les guerres, une seule planche de salut : la contraception.

En Europe, cet étrange militantisme - minoritaire, il va sans dire - a atteint les rangs des politiciens. Yves Cochet, député européen des Verts, prône ainsi «la grève du troisième ventre» ; pour dissuader les familles de trop s'agrandir, il suggère de réduire l'aide financière versée aux couples à partir du troisième enfant.

Le 16 mai dernier, un couple belge a organisé la toute première «fête des non-parents», à Bruxelles. «Dans la société, tout est fait pour la famille, explique Frédérique Longrée. Il y a des fêtes pour les pères, pour les mères, pour les enfants. Ceux qui n'en ont pas sont oubliés de tout.»

L'initiative a choqué. Mme Longrée a reçu des courriels virulents. «On m'a écrit que j'étais une erreur de la nature, que mes parents auraient dû avorter... Nous ne faisons de mal à personne, mais ce qui est différent fait peur. C'est une bonne chose que l'on commence à en parler, parce que ça permet de combattre l'ostracisme dont certains sont victimes.»

Une centaine d'incompris ont participé à la fête - sans frais de gardiennes à payer. Ils ont reçu une médaille du mérite écologique, signé le «grand livre de la stérilité» et terminé la soirée par une «grande beuverie collective pour célébrer les joies de la non-parentalité».

Le couple belge espère organiser une deuxième fête, l'an prochain, à Paris. «On a envie de taper sur le clou, d'exiger une vraie reconnaissance», dit Théophile de Giraud, le conjoint de Mme Longrée.

Lui-même avoue ne pas avoir d'enfants «par égoïsme», et «parce qu'il n'a aucun instinct paternel». Mais il soutient que d'autres s'en abstiennent par pur altruisme. «Ces gens considèrent que le monde dans lequel on vit n'a rien de drôle. Ils n'ont pas envie de le léguer à des enfants qui n'ont rien demandé.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Rima Elkouri | La maison des miracles

    Rima Elkouri

    La maison des miracles

    Pourquoi fait-on des enfants? J'ai posé la question à la Dre Vania Jimenez. La maternité, elle connaît. Un peu, beaucoup, passionnément. Elle a eu... »

  • Pourquoi fait-on des enfants ?

    Famille

    Pourquoi fait-on des enfants ?

    «Voiture! Voiture! Attention, on ne bouge plus!» Dans la ruelle, trottinettes, chariots et tricycles s'immobilisent d'un coup sec. Même le pyjama de... »

  • L'enfant du désir

    Famille

    L'enfant du désir

    On ne fait plus le don de la vie ; désormais, on s'offre un enfant. »

  • Le prix d'un enfant

    Famille

    Le prix d'un enfant

    Avoir un enfant, ça n'a pas de prix. Enfin... façon de parler. Entre les cours de piano et l'attirail de hockey, les parents savent bien qu'en... »

  • Les gens qui ne veulent pas d'enfants

    Famille

    Les gens qui ne veulent pas d'enfants

    Quand le photographe de La Presse lui a demandé si elle acceptait de montrer son visage à la caméra, Sophie Gravel s'est esclaffée : «Ben oui ! Je... »

  • Faire un enfant sur commande

    Famille

    Faire un enfant sur commande

    Josée Lussier prenait encore la pilule quand elle s'est rendue à la clinique de fertilité Ovo. Ce jour-là, elle ne voulait que des renseignements.... »

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer