Oser les importations privées

Il fut un temps où c'était presque une expression à connotation négative.... (Photo archives Photos.com)

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Véronique Rivest

Collaboration spéciale

La Presse

Il fut un temps où c'était presque une expression à connotation négative. Aujourd'hui, tout au contraire, l'importation privée est devenue très cool.

Mais, au fait, qu'est-ce que c'est?

Ce qu'on appelle les vins d'importation privée (ou IP), au Québec, ce sont les vins qui ne sont pas distribués en magasin. Ni les succursales de la SAQ ni les épiceries.

Par contre, ils sont soumis aux mêmes lois qui gouvernent le commerce du vin au Québec, aux mêmes analyses par les laboratoires de la SAQ et aux mêmes taxes. Mais ils sont livrés des entrepôts des importateurs directement aux clients, que ce soit des restaurateurs ou des particuliers (pour ces derniers, ils seront souvent livrés dans une succursale de la SAQ). C'est pourquoi les achats doivent se faire à la caisse (de 6 ou 12 bouteilles): comme les vins ne sont pas vendus en succursale, les caisses ne sont pas ouvertes pour mettre les vins sur des tablettes.

Tous les vins offerts au Québec sont représentés par des agences, qui s'occupent de l'importation et de la promotion des produits et de la liaison avec la SAQ.

Selon l'Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux (AQAVBS), elles «agissent comme représentant commercial sur le terrain pour les producteurs [...], analysent les tendances du marché [...] et se chargent de faire connaître les produits qu'elles représentent aux détaillants et aux consommateurs». C'est directement auprès de ces agences qu'on commande des vins d'importation privée.

Et les clients peuvent être des particuliers tout comme des restaurateurs. Il n'y a pas si longtemps, on croyait que les vins d'importation privée étaient l'apanage de la restauration. En fait, on aimait bien laisser planer un certain mystère. Certains agents n'affichaient pas les prix publiquement, pour permettre à des restaurateurs peu scrupuleux de les vendre avec des marges de profit indécentes. Il est vrai que les marges de profit en restauration sont très faibles, mais de là à vendre 60 $ un vin qui en vaut 12 $... Il ne faut tout de même pas prendre le consommateur pour une autruche.

Un choix énorme

Avec l'intérêt toujours grandissant des Québécois pour le vin, les choses ont bien changé. Même si 75 % des importations privées sont encore vendues aux restaurateurs, de plus en plus de particuliers en achètent aussi. Et le mystère se dissipe. Les agences affichent les produits et les prix publiquement. Et avec raison: cela fait du Québec un des marchés les plus dynamiques pour le vin.

Selon la SAQ, près de 13 500 produits (pas seulement le vin, mais tout ce que vend le monopole) sont mis en marché chaque année dans le réseau des succursales. En importation privée, les agences importent près de 17 000 produits différents. Et encore plus si on ne considère que le vin: selon le RASPIPAV (Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées), il y aurait deux fois plus de vins proposés en IP qu'en succursale.

D'une façon ou d'une autre, c'est un choix énorme qui vient combler le consommateur curieux, désireux d'explorer le vaste monde du vin.

Et une telle offre en IP implique bien sûr une grande variété. Ce ne sont pas que des vins chers! Certes, une importation privée n'est pas un gage de qualité, mais les agences multiplient ainsi le choix qui s'offre au consommateur, et ce, dans toutes les gammes de styles et de prix.

Idéal pour les petits producteurs

Par ailleurs, il est vrai que c'est un moyen de distribution idéal pour de petits producteurs qui n'ont pas les moyens, ou les quantités nécessaires, pour fournir le réseau des succursales de la SAQ. Pour des producteurs ou des vins moins connus, ce peut être une bonne façon de tester le marché.

C'est d'ailleurs souvent grâce au travail des agents que certains vins se font connaître, que des tendances se dessinent. Les vins nature, les vins orange ou les vins grecs, par exemple, sont arrivés à la SAQ en grande partie à la suite de leur succès en importation privée.

Les achats à la caisse peuvent sembler plus faciles pour les restaurateurs. Mais de plus en plus d'amateurs s'y mettent aussi, en partageant les caisses à plusieurs. De plus, une fois par an, le RASPIPAV organise le Salon des vins d'importation privée qui permet non seulement de goûter, mais aussi d'acheter des bouteilles à l'unité. Et de rencontrer les vignerons!

Et il y a aussi les nombreux bars à vin et restaurants partout au Québec qui en proposent. Une façon simple et agréable de goûter avant d'acheter. Depuis quelques années, les restaurants qui offrent des plats à emporter peuvent aussi vendre une bouteille pour les accompagner. Une autre façon de se procurer des vins d'IP à l'unité.

Bref, l'importation privée a le vent dans les voiles. Les ventes progressent de 10 % par année depuis déjà quelque temps (comparativement à une croissance de 2 % pour les produits dans le réseau des succursales). Elles ont atteint 122 millions de dollars en 2015-2016.

Encore plus de plaisir en perspective!

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À Montréal, au Marché Bonsecours, les 29 et 30 octobre, de 12 h à 19 h - ouvert au public.

À Québec, au Séminaire de Québec, le 1er novembre, de 17 h à 21 h - ouvert au public.

Nikolaïhof Grüner Veltliner Terrassen Wachau 2012, 23,47 $, importé... (PHOTO FOURNIE PAR LE PRODUCTEUR) - image 2.0

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Nikolaïhof Grüner Veltliner Terrassen Wachau 2012, 23,47 $, importé par l'Agence Ward & Associés.

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Des importations privées à découvrir

NIKOLAÏHOF GRÜNER VELTLINER TERRASSEN WACHAU 2012, 23,47 $

Agence Ward & Associés

www.wardetassocies.com

Nikolaïhof est le plus vieux domaine d'Autriche: on y fait du vin depuis au moins le Ve siècle. Et depuis toujours en bio: les terres n'y ont jamais vu de produits chimiques. Issus de vieilles vignes - elles ont en moyenne 50 ans -, les vins sont élevés sur lies et parfois vieillis très longtemps, jusqu'à 15 ans, avant d'être mis en bouteille. Ce sont des vins denses et profonds, capables d'une très longue garde. À moins de 25 $, voici une très belle introduction au domaine, et au cépage phare d'Autriche, le grüner veltliner, avec ses arômes de poire, d'agrumes et d'épices, sa bouche riche et élancée à la fois, et cette minéralité omniprésente qui donne au vin tant d'énergie.

Jaulin Plaisantin Les Hauts et Les Bas Chinon... (PHOTO FOURNIE PAR LE PRODUCTEUR) - image 3.0

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Jaulin Plaisantin Les Hauts et Les Bas Chinon 2014, 24,49 $, importé par l'Agence Rézin.

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JAULIN PLAISANTIN LES HAUTS ET LES BAS CHINON 2014, 24,49 $

Agence Rézin

rezin.com

Ce jeune domaine de la Loire, créé en 2011, cultive ses 15 hectares en bio, principalement du cabernet franc. Ses chinons sont très purs et charmeurs, sérieux mais sans en avoir l'air. Ils combinent fruit mûr, minéralité et fraîcheur, et un caractère gourmand. Cette cuvée est issue de deux parcelles distinctes: celle du haut - qui donne des vins plus élancés, marqués par la minéralité - et celle du bas - où les vins ont un fruit plus mûr, plus de chair. L'ensemble est d'une grande pureté, riche et gourmand à la fois, avec le caractère savoureux, empreint de minéralité, des bons cabernets francs de la Loire. Rôti de porc et chou rouge braisé lui iront comme un gant.

Camp d'en Fourmaxe 2015, 25,45 $.... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse) - image 4.0

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Camp d'en Fourmaxe 2015, 25,45 $.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

CAMP D'EN FOURMAXE 2015, 25,50 $

Agence Glou

glou-mtl.com

Si vous associez encore le grenache à des vins lourds et costauds, voici une cuvée pour vous faire découvrir son côté frais et gouleyant. Quand le grenache prend des airs de pinot noir, avec une couleur très pâle et presque pas de tanins. On sent quand même le soleil du Midi, avec un fruit mûr et juteux, quelques notes épicées et une certaine rondeur, mais sans lourdeur. Un vin de soif et de plaisir par excellence, aussi issu d'une culture bio, qui fera sensation servi légèrement rafraîchi avec un plateau de charcuteries ou un poulet rôti.

Tunia Chiarofiore IGT Toscana 2013, 37,66 $, importé par... (PHOTO FOURNIE PAR LE PRODUCTEUR) - image 5.0

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Tunia Chiarofiore IGT Toscana 2013, 37,66 $, importé par l'agence Le Vin dans les Voiles.

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TUNIA CHIAROFIORE IGT TOSCANA 2013, 37,66 $

Agence Le Vin dans les Voiles

www.levindanslesvoiles.com

Vous avez entendu parler des vins orange? Ce sont ces vins blancs dont on laisse le jus macérer avec les peaux (une macération pelliculaire), ce qui en extrait un peu de couleur et de tanins, entre autres. En voici un très bel exemple, fin et élégant tout en étant complexe et profond. Différent, certes, avec un délicat parfum d'agrumes, d'écorce d'orange et de fleurs, et une texture surprenante en bouche, avec du grain, une légère trame tannique et une amertume noble. Issu d'un vieux vignoble de presque 50 ans, de trebbiano et de vermentino, en plein coeur de la Toscane, cultivé en bio par deux vigneronnes inspirantes et très douées. Pour sortir des sentiers battus, faire découvrir à vos amis oenophiles, élargir vos horizons. À servir frais et pas froid - autour de 12-14 oC.

Vina Ilusion Rioja Joven 2015, 20,25 $, importé... (PHOTO FOURNIE PAR LE PRODUCTEUR) - image 6.0

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Vina Ilusion Rioja Joven 2015, 20,25 $, importé par l'agence Symbiose.

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VINA ILUSION RIOJA JOVEN 2015, 20,25 $

Agence Symbiose

symbiose-vins.com

Issu d'un domaine cultivé en bio, qui encourage la biodiversité avec entre autres des plantations d'arbres fruitiers et d'oliviers, et qui cherche à produire de véritables vins de terroir, sans maquillage aucun, fortement influencé par les écrits de Fukuoka, un pionnier de l'agriculture naturelle et non interventionniste. C'est un bel exemple du nouveau visage de la Rioja: une cuvée jeune, tout en fruit et sans aucun bois, qui fait fi des longs élevages en barriques pour offrir une expression plus pure du cépage tempranillo.

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