Le Nebbiolo, un dur à cuire?

Les Barolos et les Barbarescos, du Piémont, tous deux élaborés avec uniquement... (Photomontage La Presse)

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Les Barolos et les Barbarescos, du Piémont, tous deux élaborés avec uniquement du Nebbiolo, comptent parmi les vins rouges les plus difficiles à apprécier et à bien juger.

Il y a deux raisons à cela, selon moi.

La principale est que ce sont des vins aux tannins très fermes, et même souvent durs (mais il y a des exceptions, comme toujours), à cause bien sûr du Nebbiolo lui-même. Faut-il à cause de cela les juger sévèrement, ou en prendre son parti et considérer que cela constitue une de leurs caractéristiques... à prendre ou à laisser?

Deuxième raison: leur palette aromatique bien particulière, réunissant (d'après mon nez, en tout cas) des arômes de fruits cuits, de figues et de dates séchées, avec aussi, entremêlées à tout cela, des notes de fruits rouges.

Ainsi, leur bouquet peut être éminemment complexe, même dans leur première jeunesse.

Autre caractéristique: la plupart sont assez peu colorés, avec des nuances orangées, ou acajou.

On les compare assez fréquemment... aux bourgognes rouges. Pour ce qui est de la couleur, la comparaison tient assez bien, mais également, du moins dans certains cas, en ce qui regarde le bouquet.

«Quasi du bourgogne!», pouvait-on ainsi penser à l'occasion d'une dégustation récente de vins du Piémontais Pio Cesare, dont deux Barolos et deux Barbarescos.

En bouche... ce n'est plus du tout du bourgogne, à cause justement de l'abondance de tannins.

Autre chose à noter: les meilleurs peuvent très bien vieillir plus de 15 à 20 ans, les tannins perdant avec le temps leur rudesse.

Goûté ainsi il y a une dizaine d'années, le Barolo 1978 Scarpa, tout en étant resté un peu tannique, était superbe.

Enfin, au milieu des années 80, j'eus le bonheur de goûter et de boire deux Barbarescos (1961 et 1964), qu'avait élaborés le père d'Angelo Gaja, en compagnie de ce dernier, lesquels étaient tous deux à leur apogée. Complexes, étonnamment charmeurs, et sans aucune dureté.

Autrement dit, il faut les prendre pour ce qu'ils sont... Mais ils sont chers, hélas!

Barbaresco 2009 Cantina Del Pino, 42,75$ (11910131)

Rouge clair et un peu orangé, ce Barbaresco se présente avec un bouquet de bonne ampleur, harmonieux, associant fruits cuits et fruits rouges, dans un style qui m'a semblé plus moderne que traditionnel. En bouche, le vin est tannique, ferme, mais sans rudesse excessive, avec des arômes boisés ne manquant pas de rappeler les portos de type tawny. 100% Nebbiolo comme il se doit, avec élevage en fûts de chêne français. Très réussi. 14,5% (37 caisses). Garde: 2014-2020.

16,5

Barolo 2010 Pio Cesare, 58,25$ (11187528)

Depuis le millésime 2009, ce domaine a pour oenologue consultant Denis Dubourdieu, du Bordelais. Vin rouge clair lui aussi, son beau bouquet, à dominante de petits fruits rouges, évoque nettement la Bourgogne. C'est différent en bouche, le vin, malgré l'apport évident de Dubourdieu (les fruits frais), étant tannique, bien ferme, les tannins m'étant même apparus passablement rudes. Mais sans doute tiendra-t-il nettement plus longtemps que je ne l'ai alors estimé. 70% de ce vin est élevé en foudres, et 30% en fûts de chêne français. 14% (72 caisses). Garde: 2014-2022.

17

Petit Chablis 2012 Louis Moreau, 21,60$ (11035479)

Appellation jugée modeste, Petit Chablis, malgré son nom, peut donner des vins au charme certain, à ne pas négliger, tel celui-ci. Non boisé, son bouquet est délicat, net, avec une note légèrement florale. Plutôt léger sur le plan gustatif, ses saveurs sont tout aussi franches que le laisse présager le bouquet, avec un reste de gaz carbonique qui les accentue. L'élevage est fait, comme pour la plupart des chablis, en cuves inox. Délicieux. 12% (108 caisses). Garde: 2014-2016.

16

Vallée de Colchagua 2012 Cuvée Alexandre Cabernet Sauvignon Lapostolle, 25,50$ (10767053)

Vin rouge du Chili, issu de raisins de l'agriculture biologique, que produit la société française Marnier Lapostolle. Très bien coloré sans que ce soit un vin opaque, il a un bouquet, de fruits noirs surtout, plutôt unidimensionnel pour l'instant, boisé sans excès et (bravo!) dénué de toute note végétale intempestive. D'une bonne concentration, ne manquant pas de corps, ses tannins ont de la fermeté sans être agressifs, avec un après-goût marqué par les arômes propres au Cabernet Sauvignon. Élevage en fûts de chêne français. Très bon. 14,5% (84 caisses). Garde: 2014-2019.

16

Vau Vintage 1999 Sandeman, 25,60$ (11573162)

Porto millésimé du domaine Quinta do Vau, déjà âgé de 15 ans, mais encore capable de tenir la route, il enchantera les amateurs de ces vins... à prix d'aubaine. Pourpre-grenat, très coloré quoique sans rien d'opaque; son bouquet a cette complexité et ce charme (fruits rouges et fruits noirs, avec des notes florales, etc.) qu'on attend d'un porto millésimé de cet âge. Encore tout en fruit, sans une ride, il séduit par son éclat, la qualité de son fruit et sa persistance aromatique. Mais attention, les bouchons peuvent être fragiles. Savoureux. 20% (57 caisses). Garde: 2014-2019.

17,2

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