À quoi ressemblent les bordeaux 2011?

Il en va du vin et des millésimes... comme des personnes. (Photo La Presse)

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Jacques Benoit
La Presse

Il en va du vin et des millésimes... comme des personnes.

En ce sens que c'est seulement avec le temps et donc le passage des années que le véritable visage d'un millésime donné se révèle clairement.

De la même manière, la personnalité et la véritable nature d'un être humain ne s'affirment qu'après plusieurs années, et, la plupart du temps, uniquement à l'âge adulte.

On peut ainsi se demander à quoi ressemble et surtout à quoi ressemblera plus tard, pour le Bordelais, le millésime 2011, lequel s'est trouvé à succéder à deux années exceptionnelles, à savoir 2010 et 2009.

Autrement dit, 2011 est bien sûr dans l'ombre des deux autres...

Dégustés récemment à Montréal, en compagnie de Laurent de Navarre, directeur général des Établissements Jean-Pierre Moueix, de Libourne, 14 vins très réputés de ce millésime montrent que Bordeaux... réussit quasi immanquablement à tirer son épingle du jeu.

À quel millésime précédent comparer 2011, afin de s'en faire une idée? «À 1999», a-t-il répondu, acceptant de se prêter à cet exercice qui, normalement, déplaît aux viticulteurs.

Trois vins, sur les quatorze de ce millésime dégustés ce soir-là, m'ont plu tout particulièrement. Soit le Saint-Émilion Château Magdelaine, tendre et charmeur (mais dont les 11 hectares de vignes ont été intégrés à ceux du Château Bélair-Monange à partir du millésime 2012); puis les Pomerols Certan de May, plus dense, on ne peut plus aimable, et enfin Lafleur-Pétrus, très serré, peu... loquace en ce moment, mais qui sera sans doute de grande garde.

Bref, les 2011, sans avoir la matière des 2009, ni l'équilibre souverain des 2010, ne manquent pas de chair, ni de charme, ni de tannins, ni même d'équilibre, à en juger par les vins goûtés ce jour-là.

N'ayant personnellement aucun souvenir de ce que furent les 1999, je comparerais pour ma part 2011 à 2001, millésime d'abord dans l'ombre de 2000, mais dont les vins vieillissent harmonieusement.

Côtes du Roussillon Villages 2011 Saveurs Oubliées, 10,20$ (448498)

Il en faut... pour tous les goûts et à tous les prix. Vin de la coopérative les Vignerons catalans, ce vin rouge vendu à très petit prix a de quoi plaire au consommateur qui recherche, justement, de tels vins. De corps moyen, fait surtout de Syrah (40%) et de Carignan (40%), avec en plus 20% de Grenache, et élevé en cuves inox, légèrement tannique, ses saveurs sont nettes et il se permet le luxe (si l'on peut dire) d'une certaine persistance. Pour tous les jours. 13,5% (851 caisses). Garde: 2014-2015.

15,2

Rueda 2012 Verdejo Oro De Castilla, 16,70$ (11962862)

Vin blanc espagnol, de Verdejo, cépage très proche du Sauvignon blanc du point de vue aromatique, comme on sait. Non boisé, son bouquet, un peu herbacé sans que ce soit un défaut, rappelle effectivement, dans ce cas, le Sauvignon blanc. En bouche, toutefois, les saveurs sont très mûres, le vin étant peu acide, ce qui lui confère une texture légèrement grasse, chose rare dans les vins de Sauvignon blanc. À servir à l'aveugle... 13% (93 caisses). Garde: 2014-2015?

15,2

Collioure 2010 Domaine Madeloc, 24,90$ (11475491)

Bien coloré sans qu'il soit opaque, ce beau vin du Languedoc-Roussillon, au bouquet ample, harmonieux, que dominent des arômes de fruits noirs, fait très Rhône. Charnu, d'une bonne concentration, il a du corps, le tout bâti sur des tannins bien enrobés. 80% Grenache, 15% Mourvèdre et 5% Syrah, avec élevage principalement en fûts (70% de la cuvée) et en cuves (30%). D'une appellation moins connue que d'autres, nichée tout près de l'Espagne. 14% (79 caisses). Garde: 2014-2018.

17

Maremma Toscana 2009 IGT Poggibano San Felice, 22,65$ (11223613)

Vin rouge de Toscane, de Merlot (60%) et de Cabernet Sauvignon (40%), son bouquet, mûr, expressif, associe fruits rouges et fruits noirs, avec des notes boisées-épicées bien mariées à l'ensemble. Bien en chair, relativement corsé, ses tannins sont fermes, solides, tout cela le rendant plutôt carré, ce qui ne l'empêche pas d'être néanmoins très bon... à sa manière. L'élevage est mené en fûts de chêne français, suivi d'un séjour de six mois en bouteilles avant la commercialisation. 14% (125 caisses). Garde: 2014-2018.

16,5

Châteauneuf-du-Pape 2010 Domaine de la Vieille Julienne, 72,75$ (11892593)

Magnifique Châteauneuf-du-Pape, d'une couleur pourpre-prune soutenue, au bouquet généreux, large, dense, marqué avant tout par des notes de fruits noirs et rappelant un peu les jeunes portos millésimés. La bouche suit, concentrée, puissante, pourvue de tannins serrés, très fruits noirs. Signe de son équilibre, le degré alcoolique n'est pas dérangeant. 70% Grenache, 10% Syrah et 20% d'autres cépages (Mourvèdre, Counoise, Cinsault, etc.). Élevage en foudres de 5000 litres. 15% (74 caisses). Garde: 2014-2023.

18,2




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