Gin, rhum ou bourbon: les distilleries sont de retour à New York

  • La New York Distilling Company a aussi choisi de s'installer à Brooklyn, dans une ancienne usine de chiffons du quartier branché de Williamsburg. (Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP)

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    La New York Distilling Company a aussi choisi de s'installer à Brooklyn, dans une ancienne usine de chiffons du quartier branché de Williamsburg.

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  • Au milieu de l'entrepôt vieillissent quelques fûts de whisky de seigle; les premiers devraient être prêts à l'automne. (Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP)

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    Au milieu de l'entrepôt vieillissent quelques fûts de whisky de seigle; les premiers devraient être prêts à l'automne.

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  • Allen Katz ne peut que constater que «la marque ''Brooklyn'' se vend bien. C'est facile pour les gens de savoir d'où on vient.» (Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP)

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    Allen Katz ne peut que constater que «la marque ''Brooklyn'' se vend bien. C'est facile pour les gens de savoir d'où on vient.»

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  • Le boom des distilleries artisanales n'est pas confiné à la grosse pomme: la fédération professionnelle Discus en recensait 400 aux États-Unis début 2014 contre 92 en 2010. (Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP)

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    Le boom des distilleries artisanales n'est pas confiné à la grosse pomme: la fédération professionnelle Discus en recensait 400 aux États-Unis début 2014 contre 92 en 2010.

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  • Allen Katz, 42 ans, voulait «faire des produits qui ont du sens dans le monde du cocktail», dont il est l'un des gourous. (Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP)

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    Allen Katz, 42 ans, voulait «faire des produits qui ont du sens dans le monde du cocktail», dont il est l'un des gourous.

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Juliette MICHEL
Agence France-Presse
NEW YORK

Près d'un siècle après la Prohibition, les distilleries artisanales font leur retour à Brooklyn et dans le Bronx. Elles concoctent dans leurs alambics gin, bourbon, vodka ou rhum «made in New York».

La plus vieille est Kings County Distillery: elle a 4 ans. Créée par deux copains d'université qui fabriquaient du whisky dans leur appartement, elle a obtenu en 2010 une licence officielle, la première dans la ville de New York depuis les années 1920.

Une douzaine d'autres se sont depuis lancées dans le monde des spiritueux, aidées par la simplification des démarches administratives et surtout un abaissement des taxes décidé en 2007.

Ancienne usine de chiffons

La New York Distilling Company a aussi choisi de s'installer à Brooklyn, dans une ancienne usine de chiffons du quartier branché de Williamsburg.

Au milieu de l'entrepôt vieillissent quelques fûts de whisky de seigle; les premiers devraient être prêts à l'automne.

D'un côté, quatre travailleurs s'emploient à remplir et étiqueter des bouteilles. De l'autre, un liquide léger et transparent s'écoule d'une colonne cuivrée dans une large cuve grise. Au goût, pas de doute, c'est du gin. Puissant et aromatisé d'un mélange de genévrier, zestes d'agrumes et épices.

Le cofondateur Allen Katz, 42 ans, voulait «faire des produits qui ont du sens dans le monde du cocktail», dont il est l'un des gourous.

Il s'est associé à Tom Potter, qui savait ce que signifiait produire une boisson dans la ville pour avoir fondé en 1988 la brasserie artisanale Brooklyn Brewery, dont les bières sont maintenant distribuées dans plus de 20 pays.

Même s'il estime que la qualité de leurs breuvages parle d'elle-même, Allen Katz ne peut que constater que «la marque ''Brooklyn'' se vend bien. C'est facile pour les gens de savoir d'où on vient.»

De la finance au rhum

Le boom des distilleries artisanales n'est pas confiné à la grosse pomme: la fédération professionnelle Discus en recensait 400 aux États-Unis début 2014 contre 92 en 2010.

Dans la jungle urbaine de New York, le défi est d'autant plus corsé que les coûts d'immobilier et de fonctionnement peuvent être dissuasifs.

Née à Brooklyn, élevée dans le Queens, scolarisée à Manhattan, Brigdet Firtle ne s'imaginait pourtant pas travailler ailleurs.

Quand cette grande blonde de 29 ans a décidé d'abandonner sa carrière d'analyste dans un fonds d'investissement pour se lancer dans la fabrication du rhum Owney's, elle s'est démenée pour trouver un local dans une zone industrielle de Brooklyn, dont les façades sont couvertes de graffitis.

Après un week-end de cours intensif à Chicago, une plongée dans les livres spécialisés et la visite de nombreuses distilleries, elle a fait venir d'Allemagne du matériel qu'elle a installé dans un local aux murs dépouillés.

«Les jours d'étiquetage, je rameute familles et amis pour m'aider, mais sinon je me débrouille toute seule», raconte-t-elle. Au début, elle faisait elle-même la tournée des nombreux bars new-yorkais, caisses de rhums dans le coffre.

Elle espère gagner de l'argent à la fin de l'année, mais reste prudente. «Avoir le label ''Made in New York'' ne suffit pas, car on est nombreux maintenant et la place sur les étals est limitée».

Rafael Barbosa tente de trouver sa place dans ce monde déjà bien peuplé. Avec son frère et un associé, il a fait venir exprès son oncle de Porto Rico, détenteur du secret de la recette familiale du Pitorro, version corsée du rhum. Ils utilisent une majorité d'ingrédients cultivés dans l'État de New York. Et ils ont installé Port Morris Distillery dans le Bronx, un quartier qu'il estime «stigmatisé».

«On doit apprendre aux gens à nous connaître, mais le produit est bien reçu, on a des clients qui viennent du New Jersey ou du Connecticut», relève Rafael Barbosa.

L'un des buts de la toute nouvelle corporation locale du secteur, New York Distillers Guild, créée en octobre, est justement de développer la réputation de leurs liqueurs qui, selon sa présidente Nicole Austin, sont à l'image de la ville cosmopolite. «Il n'y a pas deux produits qui se ressemblent.»




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