Vin: la biodynamie au secours du bio

Bien que la biodynamie soit considérée comme trop ésotérique... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Bien que la biodynamie soit considérée comme trop ésotérique par certains vignerons, plusieurs acteurs du monde viticole suivent ses préceptes pour fabriquer leur vin.

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Karyne Duplessis Piché

Collaboration spéciale

La Presse

Mouvement ésotérique pour certains, véritable bénédiction pour d'autres, la biodynamie s'impose dans le monde viticole. Ce mode d'agriculture serait, selon plusieurs vignerons, la solution aux limites de l'agriculture biologique.

Au domaine Cosse-Maisonneuve à Cahors, la vigneronne Catherine Maisonneuve pratique la biodynamie depuis 1999. Elle pose un regard critique sur l'agriculture biologique, en particulier en ce qui a trait à la santé des sols.

«Les plantes tombent malades et ne résistent plus aux insectes, parce que les sols sont morts, dit-elle. Le bio ne résout pas le problème de régénérer les sols. Il faut aujourd'hui passer au degré supérieur. Il faut s'intéresser au sol et au sous-sol.»

De façon générale, les agriculteurs qui pratiquent la biodynamie sont déjà bios: ils n'appliquent aucun traitement chimique dans leur champ. Ils s'intéressent également à la santé de leur sol et à la préservation des écosystèmes.

«En biodynamie, on fait la différence entre le symptôme et la maladie, explique Michel Chapoutier, le plus grand producteur de vin en biodynamie de France. On est préventifs.»

Un vignoble vivant

La biodynamie a été mise de l'avant par le philosophe et scientifique Rudolf Steiner en 1924. Selon lui, tout dans un vignoble est vivant. Un sol en santé permet aux plantes d'être plus résistantes face aux maladies, ce qui permet d'éviter le recours aux produits chimiques.

Pour régénérer les sols et stimuler la vigne, la biodynamie propose d'utiliser des préparations à base de plantes et de minéraux. C'est ce qu'a employé Catherine Maisonneuve pour sauver sa récolte 2016.

«Le cuivre ne suffisait pas cette année. On a failli tout perdre. On a aidé le cuivre avec des essences de plantes. J'ai utilisé des produits à base d'essence d'orange qui sont extrêmement efficaces et j'ai une récolte tout à fait normale.»

Outre les essences de plantes, la préparation la plus utilisée en biodynamie se nomme la «500». Il s'agit de bouse de vache placée dans une corne de vache laissée tout l'hiver dans le sol. La bouse est ensuite mélangée avec de l'eau dynamisée et étendue dans le vignoble. Elle aurait, entre autres, pour effet de favoriser l'activité microbienne et de réguler le pH du sol.

La biodynamie se base aussi sur le mouvement des astres, en particulier sur le calendrier lunaire. Les vignerons suivent ce calendrier pour effectuer diverses tâches comme l'embouteillage ou la taille des vignes.

Les organismes Demeter et Biodyvin certifient l'agriculture biodynamique. Quelques centaines de vignerons affichent ces logos sur leurs bouteilles, mais pas tous. Si la biodynamie gagne en popularité, certains vignerons hésitent encore à afficher ouvertement qu'ils suivent ces pratiques parfois jugées trop ésotériques. Ainsi, le Château Palmer et le Château Pontet-Canet à Bordeaux pratiquent la biodynamie, tout comme le très prestigieux Domaine de la Romanée-Conti en Bourgogne.

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