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Aubert de Villaine, le héraut très discret des «climats» de Bourgogne

«La Bourgogne est unique dans le monde du... (PHOTO JEFF PACHOUD, AFP)

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«La Bourgogne est unique dans le monde du vin, c'est un modèle pour toutes les viticultures de terroir dans le monde et celles qui voudraient le devenir, comme la Californie ou la Nouvelle-Zélande», assure Aubert de la Villaine.

PHOTO JEFF PACHOUD, AFP

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Marjorie Boyet
Agence France-Presse
VOSNE-ROMANÉE

Sacré «homme de l'année» par la Revue du Vin de France pour avoir fait inscrire les «climats» de Bourgogne au Patrimoine mondial, les apparitions d'Aubert de Villaine, 76 ans, se font pourtant aussi rares que ses prestigieuses bouteilles de Romanée-Conti.

Tout en réserve, il a dû forcer sa nature pour devenir le porte-étendard de la candidature à l'UNESCO de ces parcelles aux caractéristiques uniques, délimitées par des murets qui découpent le vignoble bourguignon en un grand puzzle de plus de 1400 pièces.

Pendant huit ans, il a porté ce projet qu'il avait «rêvé», «prêchant» et «expliquant» ce terme de «climat», peu usité dans ce sens en dehors des professionnels du vin.

«La Bourgogne est unique dans le monde du vin, c'est un modèle pour toutes les viticultures de terroir dans le monde et celles qui voudraient le devenir, comme la Californie ou la Nouvelle-Zélande», assure auprès de l'AFP le septuagénaire dont les yeux bleus pétillent sous d'épais sourcils.

Il est l'héritier d'une des deux familles copropriétaires du domaine de la Romanée-Conti qui produit huit grands crus, un seul blanc et sept rouges dont le mythique cru éponyme. Mais Aubert de Villaine ne se prend de «passion» pour le vin que lors d'un séjour de jeunesse aux États-Unis, où il travaille notamment dans un domaine californien.

Il aurait pu embrasser toutefois une tout autre carrière. «Je fais partie d'une génération où l'on considérait qu'il était difficile de gagner sa vie dans le vin», explique-t-il, le domaine familial n'ayant «pas fait un centime de bénéfice» entre 1880 et 1972, quand le phylloxéra ravagea la vigne.

«Durant l'entre-deux-guerres, mon grand-père utilisait le produit de ses fermes dans l'Allier pour financer le domaine», raconte-t-il, amusé. Ses bouteilles battent désormais régulièrement des records aux enchères, à plusieurs dizaines de milliers d'euros le flacon.

Un vin impossible à expliquer

Produite sur seulement 1,8 hectare à Vosne-Romanée, le cru de la Romanée-Conti, qui obsède tant les amateurs de vin aujourd'hui, a bâti son prestige au fil des siècles: plantée par des moines bénédictins, la parcelle fut achetée en 1760 «à un prix considéré comme assez extravagant à l'époque» par le Prince de Conti, avant d'être confisquée sous la Révolution. Les ancêtres de la famille de Villaine en deviennent propriétaires au milieu du XIXe siècle. La famille Leroy rejoint le domaine en 1942.

«Cela fait aussi partie de l'immatériel des climats, on est incapable d'expliquer complètement pourquoi la Romanée-Conti produit un vin avec un tel goût, différent de celui de ses voisins, et pourquoi cette vigne est capable d'année en année de produire un grand vin», affirme le cogérant du domaine.

À ses côtés pendant huit ans comme directrice de l'association des «climats» de Bourgogne, dont il est désormais le président d'honneur, Krystel Lepresle décrit «quelqu'un qui trace un chemin et qui sait fédérer».

«Il est égal dans chacune de ses ambitions, que ce soit pour des petites appellations ou celles de prestige; la Romanée-Conti n'étant qu'une des facettes de son histoire et de sa personnalité», souligne-t-elle.

En 1973, Aubert de Villaine a créé avec sa femme Pamela un domaine à Bouzeron, village de la Côte Chalonnaise (au sud de Beaune) dont il fut maire de 2001 à 2008. Il y produit des vins issus de l'aligoté, le «petit» cépage blanc bourguignon à côté du majestueux chardonnay qui domine dans la région.

Bouzeron obtiendra une AOC en 1997. Tandis qu'il forme son neveu Bertrand qui prendra prochainement sa suite, il pense «avoir fait progresser le domaine avec le bio puis la biodynamie». «À Bouzeron, on peut apporter des améliorations relativement spectaculaires, alors qu'ici, les progrès sont plus subtils, on est dans la nuance», dit-il.

Longtemps en tête des vins les plus chers au monde, la Romanée-Conti a été détrônée en août par un autre Bourgogne, un Richebourg Grand Cru du légendaire vigneron Henri Jayer, selon le site spécialisé Wine Searcher. Un palmarès qui a laissé Aubert de Villaine insensible: «le classement par le prix est sans signification. La Romanée-Conti est classée comme Grand Cru, son classement c'est ça».

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