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Des vignes européennes près de Saint-Hyacinthe

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Situé en bordure de la rivière Yamaska, le Domaine du Nival fait le pari audacieux de cultiver des cépages peu connus au Québec, dont le gamaret et l'albariño.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse

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(SAINT-LOUIS) À la frontière entre la Montérégie et le Centre-du-Québec, Matthieu et Denis Beauchemin font le pari audacieux de cultiver des cépages peu connus au Québec: le gamaret et l'albariño. La première production du Domaine du Nival vient tout juste d'être mise en bouteille et déjà, le vignoble pique la curiosité des spécialistes.

La Yamaska coule dans la campagne tranquille de Saint-Louis, entre Saint-Hyacinthe et Sorel. À cet endroit, les champs de maïs et de soya s'étendent à perte de vue. C'est sur la rive ouest de la rivière que les Beauchemin ont planté leurs vignes en 2013. Dans un endroit isolé et exposé au sud-est, le tandem père et fils a surtout planté des variétés européennes. Ces cépages résistent moins bien au froid que les hybrides. Les vignerons font donc des pieds et des mains pour protéger leurs plants des rigueurs de l'hiver québécois.

«On travaille plus fort au champ. Mais quand on va mettre les vins sur le marché, ce sera peut-être plus facile, car on sera en terrain connu auprès des clients qui connaissent déjà les cépages», affirme Matthieu Beauchemin, copropriétaire du Domaine du Nival.

Le pinot noir occupe la moitié du vignoble. Le domaine mise également sur des cépages encore peu plantés au Québec, comme le gamaret, une variété suisse issue d'un croisement avec le gamay, ainsi que l'albariño, un raisin blanc planté dans le nord de l'Espagne et du Portugal. Matthieu Beauchemin a découvert ces cépages lors de ses études en Europe.

«Dans le nord-ouest de l'Espagne, le climat est humide comme au Québec, se souvient-il. Je me suis dit que l'albariño pourrait bien fonctionner ici.»

Les Beauchemin cultivent un seul hybride: le vidal. Cette variété représente le tiers de leurs 13 000 vignes.

Denis Beauchemin (à gauche) et son fils Matthieu... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse) - image 2.0

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Denis Beauchemin (à gauche) et son fils Matthieu ont planté des variétés de vignes européennes, dont le pinot noir, qui occupe la moitié du vignoble. 

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

L'inspiration des Pervenches

De plus en plus de vignobles québécois cultivent des variétés européennes dans leur champ. Le plus connu est sans aucun doute le domaine Les Pervenches à Farnham, qui possède les plus vieilles vignes de chardonnay de la province. 

«On a fait les vendanges avec Michael Marler et Véronique Hupin aux Pervenches, raconte Matthieu. On voulait apprendre les étapes et voir comment ils réussissaient.»

Tout comme aux Pervenches, les Beauchemin pratiquent l'agriculture biologique et la biodynamie. Ils vinifient aussi avec des levures indigènes.

Autre source d'inspiration: les vins de Prince Edward County. Cette région viticole de l'Ontario se démarque avec ses pinots noirs fruités et peu alcoolisés. Les Beauchemin ont visité plusieurs vignobles de cette région avant de démarrer leur production. 

Leurs vins possèdent d'ailleurs une petite touche de Prince Edward County. Ils sont vieillis dans les vieux fûts de chêne de Norman Hardie, un producteur bien connu du comté. Leurs cuvées contiennent également peu d'alcool, en moyenne 11 %.

Des vignes jeunes

Les premiers vins de vidal et de pinot noir viennent tout juste d'être mis en bouteille au domaine. Le vignoble a fait goûter au printemps quelques échantillons au Salon des vins d'importation privée et l'engouement s'est vite propagé parmi les spécialistes. 

Puisque les vignes sont encore jeunes, il faudra attendre encore deux ans avant de goûter le blanc à base d'albariño. Quant au rouge 100 % gamaret, il devrait être offert l'an prochain.

Les premiers vins de vidal et de pinot... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse) - image 3.0

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Les premiers vins de vidal et de pinot noir viennent tout juste d’être mis en bouteille au domaine.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

À déguster

> Bouche-bée 2015, 23 $

Ce blanc est une belle introduction aux vins du domaine: croquant, simple, sur des notes de pommes vertes et de mangue. La finale est ronde et presque salée. Élaboré avec du vidal, ce vin n'a pas été élevé en fûts de chêne. 

> Matière à discussion 2015, 23 $

Ce vidal a passé six mois en fûts de chêne «neutres», soit des barriques ayant contenu plusieurs fois du vin dans le passé. Le résultat est plus complexe, plus rond et plus abouti. Le nez dévoile des notes de fruits exotiques. La bouche est crémeuse, épicée et soyeuse. 

> Les entêtés 2015, 26 $

La couleur très pâle, presque rosée, de cet assemblage de 90 % pinot noir et 10 % gamaret est surprenante. Dans le verre, c'est épicé, ça «pinote» sur des arômes de petits fruits et de noyaux de cerise. Ce vin n'est pas très profond ni très complexe, mais les vignes et la cuvée sont encore jeunes. Le potentiel est là!

Comment s'y rendre

Le Domaine du Nival se trouve à moins d'une heure et demie de Montréal. Il suffit de prendre l'autoroute 20 Est en direction de Saint-Hyacinthe et de rouler jusqu'à la sortie 130 Sud. Tournez à gauche sur la route 137 Nord, puis, immédiatement, à droite sur la route 235 Nord. Après une vingtaine de kilomètres, tournez à droite sur le rang Bourgchemin Ouest, puis à gauche sur le rang du Bord-de-l'Eau Ouest. Le vignoble se trouve sur la droite.

424, rang du Bord-de-l'Eau Ouest, Saint-Louis

https://www.facebook.com/Domainedunival/

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