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Trop chaud pour le vin de glace

Charles-Henri de Coussergues, propriétaire du vignoble de l'Orpailleur... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Charles-Henri de Coussergues, propriétaire du vignoble de l'Orpailleur

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

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Karyne Duplessis Piché

Collaboration spéciale

La Presse

C'est la faute à El Niño: la récolte 2015 s'annonce décevante pour les producteurs de vin de glace du Québec. Au point que le plus important producteur de la province, le vignoble de l'Orpailleur, ne produira pas son vin de dessert emblématique. Explications.

Première en 20 ans

Le vignoble de l'Orpailleur produit du vin de glace depuis 1997. Pour la première fois en près de 20 ans, le domaine a annulé sa récolte. La cause ? Les températures douces de la fin de l'automne ont asséché les raisins. « Ça fait mal au coeur, dit le vigneron Charles-Henri de Coussergues. La matière première était au rendez-vous. Les raisins de Vidal étaient très mûrs et très peu acides. Ça annonçait une bonne année. » Le vin de glace est l'un des seuls vins du Québec qui trouvent preneur à l'étranger. Le vignoble Rivière du Chêne en a vendu en Chine et en France. L'Orpailleur a dû annuler une commande prévue aux Philippines de son vin de glace 2015. Il estime ses pertes à 160 000 $.

Le gel, condition essentielle

Le temps froid est crucial pour la production de vin de glace. Les vignerons laissent une partie de leurs raisins dans le champ et attendent que le temps froid fasse geler les fruits. Pendant l'automne, les gels successifs concentrent les arômes et le sucre contenus dans les fruits. Or, l'automne 2015 a été si doux que les raisins n'ont à peu près jamais gelé. Une grande partie a fini par sécher. « Il y avait du sucre dans mes raisins, explique Charles-Henri de Coussergues. Mais il n'y avait pas de jus pour l'extraire. » La vendange de vin de glace doit se faire à une température minimum de - 8 °C.

Production minime

À peine huit vignobles québécois vont produire du vin de glace cette année. Et les quantités seront minimes. Le vigneron Jean Joly, du Vignoble du marathonien, à Hemmingford, a récolté moitié moins de raisins qu'il n'en espérait pour sa production de vin de glace. Scénario similaire au domaine des Salamandres, où Sylvain Haut a perdu les deux tiers de sa récolte destinée au vin de glace. « Je vais faire 1000 bouteilles au lieu de 3000 », dit-il. Il estime les pertes à 70 000 $.

Appellation

Le vin de glace du Québec possède depuis l'an dernier son appellation. En raison du resserrement des règles et du coût imposés par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), plusieurs vignerons québécois ont abandonné la production de vin de glace. D'autres avaient choisi de ne pas produire de vin de glace cette année, car les récoltes précédentes avaient été abondantes.

Le cidre de glace touché

Le temps doux de l'automne a aussi nui aux producteurs de cidre de glace. La récolte d'hiver de François Pouliot, du domaine de la Face cachée de la pomme, est sérieusement compromise. Une grande partie des pommes laissées sur les arbres sont tombées en décembre à cause du vent et de la météo clémente. « Il faut oublier la récolte d'hiver 2015 », dit-il. Il espère produire 1000 bouteilles avec les pommes restantes, lui qui en produit généralement de 5000 à 8000. « Ce sont des bouteilles que je vends 50 $, raconte-t-il. On peut facilement estimer une perte de 150 000 $ de revenu potentiel. » Les températures moins froides ont aussi retardé d'un mois sa production de cidre de glace élaboré avec le jus des pommes récoltées cet automne.

Le vin de glace du Québec en chiffre

En moyenne, une production de 100 000 bouteilles par année.

Les exportations du vin de glace québécois valaient 538 137$ en 2010, soit 4,5% des exportations de vin de glace du Canada.

Il faut 3 kg de raisins pour produire une bouteille de 375 ml de vin de glace.

Le vin de glace du Québec gagne chaque année des dizaines de médailles dans les concours internationaux. Le vin de glace du vignoble du Marathonien est certainement le plus récompensé à l'étranger : 100 médailles depuis 1994. Il a même remporté la très convoitée médaille « Gold Outstanding » du concours International Wine and Spirit Competition (IWSC) de Londres et il a été nominé lors de la finale pour le trophée du meilleur vin de dessert au monde lors de cette prestigieuse compétition.

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