La retraite d'Andre Ward aura des répercussions au Québec

Andre Ward... (Photo John Locher, AP)

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Andre Ward

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Le champion des mi-lourds Andre Ward se retire de la boxe avec sa fiche toujours vierge parce qu'il n'a plus le désir de se battre.

Le boxeur de 33 ans a diffusé un communiqué, jeudi, dont le titre est «Mission accomplie». Il y indique que son corps ne peut plus endurer les rigueurs du sport et qu'il ne devrait plus se battre s'il ne peut pas donner tout ce qu'il a.

Cette nouvelle ne peut que réjouir la boxe québécoise: cette décision pourrait avoir une incidence directe sur la carrière d'au moins trois boxeurs québécois - Adonis Stevenson, champion du World Boxing Council, Eleider Alvarez et Artur Beterbiev - en plus de Jean Pascal, qui se bat aussi chez les 175 livres.

«Ça va aérer un peu la division: ça fait longtemps que les titres sont unifiés, a indiqué Yvon Michel, promoteur de Stevenson, Alvarez et Beterbiev, bien que ce dernier ait entamé des procédures juridiques pour faire annuler son contrat avec Groupe Yvon Michel. Quand tu as quatre titres qui appartiennent à des boxeurs différents qui se battent deux fois par année, ça signifie que tu as huit aspirants qui se battent en championnat du monde. Ça va renouveler l'intérêt des amateurs, car on va voir surgir des nouveaux champions et de nouveaux boxeurs qu'on connaissait un peu moins.»

«Il y a beaucoup de choses qui vont se passer dans les quatre divisions, a renchéri Marc Ramsay, l'entraîneur d'Alvarez et de Beterbiev. Ça va faire bouger beaucoup le monde de la boxe. (...) C'est bon pour la division que les titres de Ward se retrouvent vacants.»

De tous ces boxeurs, Beterbiev est celui qui pourrait être le plus touché. Aspirant numéro 2 à l'International Boxing Federation (IBF), le Montréalais d'adoption doit affronter l'aspirant numéro 3, l'Allemand Enrico Kölling, afin de devenir l'aspirant obligatoire du champion le 11 novembre, à Fresno, en Californie. L'enjeu de ce combat pourrait changer.

«C'est à la discrétion de l'IBF, mais ce combat pourrait bien devenir un combat de championnat pour le titre vacant, a noté Ramsay. C'est déjà arrivé dans le passé. On compte là-dessus: on a déjà contacté l'IBF et l'organisateur du combat, Top Rank, afin de voir s'il n'y a pas moyen de transformer ce combat en championnat du monde.»

Du côté de Stevenson, qui souhaite devenir champion unifié de la division, le fait que les ceintures se retrouvent éparpillées au lieu d'appartenir à un seul boxeur pourrait lui faciliter les choses.

«C'est certain que Stevenson doit d'abord négocier avec son aspirant obligatoire, Alvarez, d'ici la fin de 2018, a indiqué Michel, qui n'était pas en mesure d'avancer une date pour la tenue de ce combat, qui doit avoir lieu au Québec. Mais le fait que la ceinture n'appartiendra plus à Ward va lui donner une voie plus facile, s'il l'emporte contre Alvarez, pour unifier les titres.»

Michel croit par ailleurs que le vainqueur du duel entre Stevenson et Alvarez aura une année 2018 fort bien remplie.

«Je vois très bien le vainqueur livrer deux ou trois combats l'an prochain contre les champions des autres associations, a-t-il admis. Je suis convaincu qu'Adonis est le no 1 des mi-lourds, encore plus avec la retraite d'Andre Ward. Je suis convaincu qu'il va être capable de le prouver en 2018. Je pense que ses souhaits d'unification vont être exaucés en 2018. Je ne crois pas non plus, en raison des boxeurs en lice dans les autres associations, que des difficultés liées aux réseaux de télévision surgiront dans les négociations comme ça a été le cas dans le passé. Les nouveaux champions vont bien réaliser qu'ils n'ont pas le même pouvoir que celui qui amène la télévision (Stevenson).»

Ward a remporté ses 32 combats, dont 16 par mise hors de combat. Depuis qu'il était passé chez les mi-lourds, il avait ravi les titres de la WBA, de la World Boxing Organization (WBO) et de l'IBF au Russe Sergey Kovalev par décision unanime en 2016, avant de lui passer le K.-O. au huitième round du combat revanche, en juin.

Kovalev est d'ailleurs toujours l'aspirant numéro 1 à la WBO. Il pourrait bien obtenir une chance de reprendre ce titre plus rapidement que prévu.

Ward détenait le titre de super champion de la WBA puisqu'il détenait plus d'une ceinture. L'association reconnaîtra maintenant Badou Jack, vainqueur du titre «régulier» face à Nathan Cleverly il y a quelques semaines, comme champion de facto.

En 2009, il avait remporté le titre des super moyens de la World Boxing Association (WBA) avant d'unifier les titres de la division en 2011 et de gagner le tournoi Super Six. Il s'était révélé au monde en remportant l'or aux Jeux olympiques d'Athènes, en 2004.

«Il a connu une carrière parfaite, l'a louangé Michel. C'est un gars qui se présente bien, qui est brillant. Comme analyste, ses commentaires sont toujours pertinents. Chapeau d'être capable de se retirer au sommet comme il le fait.»

Mais attention: Ramsay croit que cette décision pourrait ne pas être définitive.

«Contrairement à il y a quelques années, il y a beaucoup de boxeurs très dangereux dans la division, évoque-t-il. Peut-être que Ward a décidé de regarder ces gars se battre entre eux pour réapparaître un petit peu plus tard.»




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