Jean Pascal s'est brûlé

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Jean Pascal lors de l'annonce de son partenariat avec les promoteurs Yvon Michel et Jean Bédard, en avril dernier.

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Jean Pascal aime répéter que sa relation avec son promoteur ressemble à un mariage houleux. Le ton monte parfois, on claque la porte de temps en temps, et des mots vite regrettés sont prononcés. Mais les choses finissent toujours par s'arranger.

Pour une énième fois mercredi, le boxeur a porté ses négociations sur la place publique. Mais cette fois-ci, le couple pourrait bien ne pas se réconcilier.

Mercredi soir, l'agent du boxeur ainsi que les promoteurs GYM et InterBox ont eu des discussions de la dernière chance. Jean Pascal était prêt à des concessions pour pouvoir affronter Tavoris Cloud le 27 septembre au Centre Bell. Mais les promoteurs, échaudés par des négociations difficiles, ont fermé la porte.

«Ça n'a pas de bon sens, c'est bien trop (à la) dernière minute. Notre décision d'aller de l'avant sans Jean pour septembre était mûrie et réfléchie, a expliqué tard mercredi soir le président d'InterBox, Jean Bédard. Rendu là, c'est une question de crédibilité. Jean en septembre, c'est off pour nous autres.»

Les promoteurs ont déjà proposé un remplaçant. Ils offrent à Don King, promoteur de Tavoris Cloud, d'opposer son poulain au Montréalais d'origine russe Artur Beterbiev. Le combat sera peut-être moins attrayant qu'avec Pascal comme tête d'affiche, mais les promoteurs estiment qu'ils n'avaient pas le choix.

«Ce n'est rien de personnel et peut-être qu'on pourra encore travailler avec Jean à l'avenir, note Yvon Michel. Mais cette fois-ci, vraiment, il est allé trop loin dans les négociations. Ça traînait en longueur et ça ne devrait jamais être aussi compliqué d'organiser un combat.»

Une chicane à 50 000 $

Au coeur du différend se trouvaient 50 000 $. C'est la somme qu'a réclamée Pascal pour payer ses frais d'entraînement. Avant chaque combat, il passe des semaines en camp à Las Vegas, loue une maison et doit payer ses partenaires d'entraînement. Selon Pascal, il recevait une telle somme depuis quatre ans. «C'était un droit acquis», a-t-il dit mercredi en début de journée.

Pour les promoteurs, il s'agissait d'une demande de trop. Déjà, les négociations traînaient en longueur. Ils auraient aimé organiser une première conférence de presse en vue du combat en juin. Finalement, le 14 juillet, le contrat n'était toujours pas signé quand Pascal a réclamé 50 000 $ de plus (ce dernier fait valoir qu'en réalité, la somme à payer par GYM et InterBox aurait été de 15 000 $, puisqu'il est copromoteur et en aurait assumé une partie).

«C'est la goutte qui a fait déborder le vase», note Jean Bédard.

Mardi soir, Pascal semblait en paix avec l'annonce de sa séparation. Son vieux couple éclatait, mais il disait regarder vers l'avenir. Au cours de la journée de mercredi, après que le nom de son possible remplaçant, Beterbiev, eut commencé à circuler dans les médias, il a pourtant changé de ton.

«Je suis prêt à abandonner mon 50 000 $ pour le bien de la boxe, a-t-il dit en fin d'après-midi. Je suis prêt à mettre de l'eau dans mon vin, même si je ne suis pas obligé. Je n'ai jamais boxé pour l'argent. Je boxe pour mes fans.»

Mais le plaidoyer de Pascal n'a pas convaincu ses anciens associés. Son agent, Greg Leon, s'est fait dire mercredi soir par des représentants de GYM et d'InterBox que la porte était fermée.

«On ne va pas changer d'idée parce que Jean est allé signer son contrat à la télé», a dit Bédard, en référence à l'un des événements les plus singuliers de la journée de mercredi.

Les promoteurs se concentrent maintenant «à organiser tout un show pour le 27 septembre». Ce qui attend Pascal est plus nébuleux. Il s'est fait offrir au printemps par le promoteur Main Events un combat contre Sergey Kovalev. Il avait refusé pour s'associer avec GYM/InterBox. Peut-être que cette avenue redeviendra d'actualité. Ou peut-être Pascal s'essaiera-t-il à l'autopromotion, comme le fait si bien Floyd Mayweather.

Ce qui est certain, c'est que Pascal a une fois de plus joué avec le feu. Mais cette fois-ci, il semble s'être brûlé. Son vieux couple ne s'est pas réconcilié. Et pour la première fois, à son 33e combat professionnel, Jean Pascal pourrait ne pas avoir Yvon Michel à ses côtés.




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