Pierre et Alex Harvey: la nordicité dans l'âme

Pierre Harvey et sa famille ont toujours aimé... (Photo: Erick Labbé, Le Soleil)

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Pierre Harvey et sa famille ont toujours aimé l'hiver: «Chaque année, on a hâte à la première tempête, hâte de sortir nos skis pour nos premières randonnées. Alex, Sophie et Laurence (ses enfants) étaient aussi comme ça quand ils étaient petits et on voit ce que cela a donné...»

Photo: Erick Labbé, Le Soleil

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Plus de 25 années ont passé depuis que Pierre Harvey a signé ses grands exploits en Coupe du monde. Trois victoires, en plus du célèbre Birkebeiner Rennet, à une époque où, comme il le rappelle, «le ski de fond était encore un sport de mononcle...»

Président d'honneur du Sprint Québec, cette semaine dans la Vieille Capitale, Harvey apprécie d'autant plus le chemin parcouru que son fils Alex est là pour porter fièrement - et brillamment - les couleurs du pays.

«Cette Coupe du monde est un événement extraordinaire pour Québec, mais aussi surtout pour le ski de fond canadien. La présentation d'une course comme ça, en plein centre-ville, pourrait inspirer des jeunes à pratiquer le ski de fond. Et ça commence toujours par là...»

Pierre rappelle souvent l'importance des Jeux de Montréal dans le développement du sport canadien. «On brille aujourd'hui dans plusieurs disciplines, mais ce n'était pas le cas à l'époque, bien au contraire. Un type comme Marcel Jobin était considéré comme un fou parce qu'il pratiquait la marche.

«Moi-même, j'étais bien plus connu en Europe, où j'ai obtenu mes meilleurs résultats (il n'y avait pratiquement jamais d'épreuves hors du vieux continent à l'époque). Mes succès en ont inspiré d'autres, avec les filles d'abord - Beckie Scott, Chandra Crawford, Sara Renner... -, puis avec les hommes.

«Bien des choses ont changé depuis mon époque, heureusement! Alex est talentueux, bien sûr, mais il est aussi arrivé à un bon moment. Il a la chance d'avoir des équipiers solides, comme Devon (Kershaw), qui l'aident à progresser.

«Et les Jeux de Vancouver ont permis de débloquer les fonds nécessaires au développement des champions. Il ne faut pas se leurrer, l'argent est plus que jamais le nerf de la guerre dans les grandes compétitions. Les athlètes sont toujours en déplacement, ils doivent être entourés par une équipe compétente, bénéficier de centres d'entraînement bien équipés... Tout ça prend des sous.»

Alex Harvey... (Photo: Steve Deschênes, Le Soleil) - image 2.0

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Alex Harvey

Photo: Steve Deschênes, Le Soleil

Un succès fragile

Au-delà de la compétition et même du ski de fond, Pierre Harvey partage avec son fils un grand amour de l'hiver. «C'est vrai, avoue-t-il. J'ai toujours adoré l'hiver, la neige... Chaque année, on a hâte à la première tempête, hâte de sortir nos skis pour nos premières randonnées. Alex, Sophie et Laurence (ses enfants) étaient aussi comme ça quand ils étaient petits et on voit ce que cela a donné...

«On a la chance de vivre dans un grand pays nordique, de pouvoir pratiquer de merveilleux sports d'hiver et je considère le ski de fond comme le plus beau. C'est un sport sans impact qu'on peut pratiquer à tout âge, au rythme qu'on veut et il ne nécessite pas un gros investissement. Il suffit d'aimer l'hiver et la neige!»

Devon Kershaw, qui fait lui aussi un peu partie de la famille, poursuit: «Pierre a été une grande source d'inspiration pour moi, mais c'est vrai que j'ai toujours aimé l'hiver et la neige. Je viens de Sudbury (dans le nord de l'Ontario), je vis maintenant à Canmore (Alberta), encore plus au nord. C'est un privilège que nous avons de vivre dans de telles conditions et il faut l'apprécier.»

On a malheureusement parfois l'impression que les Canadiens détestent de plus en plus leurs hivers, qu'ils répugnent à sortir jouer dans la neige.

«Ça nous ramène aux enfants, estime Pierre Harvey. Le ski de fond est le sport idéal pour améliorer la forme physique. Il faudrait encourager la pratique, l'enseigner aux jeunes dans les écoles. L'investissement serait minime en comparaison des sommes colossales qu'on pourrait économiser en frais de santé.»

Harvey explique toutefois: «On part de loin: moi, mes parents ne faisaient pas de sport. Au Québec, la pratique sportive ne date que de deux ou trois générations et il y a encore beaucoup de travail à faire.»

L'organisation du Sprint Québec s'inscrit justement dans cette veine. «Dans mon temps, on pratiquait le ski de fond en forêt et les sprints n'existaient pas, rappelle Pierre. On a la chance cette semaine d'amener la compétition directement aux gens. Avec la foule, la couverture médiatique et les courses spectaculaires, notre sport va bénéficier d'une merveilleuse vitrine.»

Cette manche de la Coupe du monde est aussi une tentative d'implanter le circuit en Amérique, et les organisateurs ont mis le paquet pour séduire les représentants de la FIS. Le circuit est spectaculaire à souhait et l'accueil, à la hauteur de la réputation de Québec. Reste au public à participer et à montrer que les Québécois ne sont vraiment plus que des «sportifs de salon».

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