Tina Maze, déjà géante, bientôt inaccessible?

Si Maze devait repartir du Colorado avec cinq... (PHOTO MARK RALSTON, AFP)

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Si Maze devait repartir du Colorado avec cinq médailles en autant de courses, elle égalerait le Norvégien Lasse Kjus, le seul à avoir réussi un tel carton plein, en 1999, dans la station voisine de Vail.

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Jérôme RASETTI
Agence France-Presse

Un palmarès XXL, une impressionnante polyvalence et un caractère bien trempé, Tina Maze vise jeudi dans le slalom géant des Mondiaux-2015 un quatrième podium à Beaver Creek qui la rapprocherait d'un incroyable record.

Après l'or en descente et en super-combiné, l'argent en super-G, Maze, 31 ans, n'a toujours pas étanché sa soif de victoires.

«Quand je suis au départ d'une course, je ne pense pas au nombre de médailles que je peux gagner. Mais faire cinq podiums, c'est possible», sourit la Slovène de 31 ans.

Si elle devait repartir du Colorado avec cinq médailles en autant de courses, elle égalerait le Norvégien Lasse Kjus, le seul à avoir réussi un tel carton plein, en 1999, dans la station voisine de Vail.

«Cela serait merveilleux, mais cela demande beaucoup d'énergie et de concentration», prévient-elle.

Avec le géant, elle aborde la discipline qui lui réussit le mieux: championne olympique 2014 et vice-championne olympique quatre ans plus tôt, elle est montée sur le podium des trois derniers Mondiaux (bronze en 2013, or en 2011, argent en 2009).

Mais même si elle domine la Coupe du monde 2014-15 avec sept podiums dont trois succès et même si elle est la reine de ces Mondiaux, Maze, perfectionniste, trouve à redire à ses performances.

- 'Énergie folle' -

«J'ai eu deux semaines difficiles avant d'arriver ici, je skie maintenant à un niveau suffisant qui permet de gagner et d'être sur le podium», lâche-t-elle, laissant entendre qu'elle ne produit même pas son meilleur ski.

Elle impressionne en tous cas les observateurs comme Kjus, présent à Beaver Creek en tant que consultant télé, qu'elle pourrait égaler ou dépasser samedi après le slalom.

«Physiquement et mentalement, passer de la descente au géant c'est difficile, il faut être très fort», souligne Kjus, le Norvégien aux 16 médailles dans des JO et Mondiaux, dont deux en or et trois en argent lors des Championnats du monde 1999.

«Les muscles travaillent complètement différemment: ils réagissent plus lentement en descente et en slalom, il faut être explosif, les skis sont complètement différents», rappelle-t-il.

Autre collectionneuse de médailles admirative de Maze, Anja Paerson, septuple championne du monde et sextuple médaillée olympique.

«Faire cinq épreuves dans un même championnat, cela demande plus de travail qu'on peut l'imaginer. Pendant que les autres se reposent entre leurs épreuves, vous êtes tout le temps concentré, c'est un fardeau, cela demande une énergie folle», note la Suédoise, qui a quitté le circuit en 2012.

- Bientôt retraitée? -

La retraite, c'est peut-être ce qui attend Maze à l'issue de cette hiver 2014-15.

«Je me déciderai en juillet», a-t-elle précisé la semaine dernière.

Sa reconversion est déjà trouvée, pas dans la chanson (son titre pop «My way is my decision» a dominé le palmarès slovène en 2012), mais dans l'enseignement.

Depuis 2008, Maze et son compagnon Andrea Massi, qui est aussi son agent, préparateur physique et mentor, sont tournés vers un seul but, gagner.

Ils ont créé leur structure en marge de la fédération slovène, «Team to Amaze» (l'équipe qui émerveille), dix personnes, entraîneurs, techniciens et psychologues au service de la très exigeante championne.

«Je ne suis pas facile à vivre, mais si je veux être la meilleure, je dois être entourée de gens qui donnent le meilleur», explique-t-elle après avoir renvoyé l'hiver dernier un entraîneur.

«C'est une artiste», a dit d'elle un jour son compagnon.

Sa postérité dans l'histoire du ski est quoi qu'il arrive à Beaver Creek déjà assurée.

En 2013-14, elle a remporté le globe de N.1 mondiale avec l'époustouflant total de 2414 points.

«Cela fait une moyenne de 60 points par course, soit l'équivalent d'une troisième place, c'est tout simplement fou», admire Kjus.

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