Le Québec perd sa dernière piste de vitesse

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Les prochains championnats canadiens de ski alpin, prévus en mars, ne pourront être tenus au mont Sainte-Anne.

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Le Québec ne compte plus de piste pour tenir des épreuves de vitesse en ski alpin. Après la fermeture de La Charlevoix, au Massif, l'hiver dernier, voilà que La Crête, au mont Sainte-Anne, a vu son homologation suspendue par la Fédération internationale de ski (FIS). Avec comme conséquence qu'une descente ou un super-G ne peut plus y être tenu.

«Pour le Québec, pépinière de descendeurs et de descendeuses, c'est catastrophique», s'inquiète le directeur général de Ski Québec alpin (SQA), Daniel Lavallée.

Jusqu'à nouvel ordre, la suspension de l'homologation fait en sorte que les prochains championnats canadiens, prévus en mars, ne pourront être tenus au mont Sainte-Anne. Les super-G de la Super Série Sports Experts, le circuit de compétition le plus relevé dans la province, seront aussi annulés. SQA ne pourra également pas tenir trois camps de vitesse programmés cet hiver.

«On est dans une situation où il n'y a plus de piste de vitesse dans l'Est (du Canada), a déploré M. Lavallée. Comment nos jeunes vont-ils pouvoir se développer et améliorer leur profil de points en vitesse? Ils devront voyager loin, dans l'Ouest canadien ou aux États-Unis, où il y aura des problèmes de quotas.»

Très surpris

Le directeur général de SQA a été très surpris d'apprendre la suspension de l'homologation de La Crête. Selon son récit des événements, des entraîneurs de l'Ouest canadien se seraient plaints des conditions de sécurité durant la Coupe Nor-Am qui a été présentée au mont Sainte-Anne en février. «Il y a une grosse différence de culture entre l'Ouest et l'Est au sujet des pistes, a affirmé M. Lavallée. Les entraîneurs de l'Ouest ont un peu capoté sur l'étroitesse de la piste.»

À la suite de cette compétition, SQA a convenu avec Canada Alpin d'organiser une inspection de la piste dans le but de l'améliorer. À la demande de l'Association canadienne des sports d'hiver, un inspecteur canadien pour la sécurité de la Fédération internationale de ski est donc passé à la station Mont-Sainte-Anne (MSA) en septembre.

«C'est vrai que la piste est étroite, dans le modèle des "vieilles" pistes de l'Est, a soulevé M. Lavallée. Généralement, tu veux avoir une largeur d'environ 40 mètres. La FIS permet certaines sections à 30 mètres. Mais nous, on est généralement en deçà sur 60 à 70% de la piste. Il y a une section à 24 mètres.»

Le dirigeant assure cependant que la piste est sécuritaire. «Je ne tiendrais pas une course là si je la pensais dangereuse, a-t-il insisté. L'historique démontre qu'il n'y a pas eu d'accidents dus à l'étroitesse de la piste. Il y a eu des accidents normaux de ski alpin, comme des genoux ou des jambes brisés.»

Plusieurs améliorations

Le rapport de la FIS exige plusieurs améliorations pour rétablir l'homologation de La Crête. MSA, en collaboration avec Ski Québec alpin, est prête à en réaliser «plus de 80%», précise son chef de service des communications, Lisa Marie Lacasse. «Les autres recommandations exigent des investissements récurrents que nous ne pouvons malheureusement pas assumer», a-t-elle indiqué, ajoutant que les travaux ne représentent pas une plus-value pour la clientèle.

Cette dernière ajoute que Mont-Sainte-Anne a toujours appuyé les athlètes et les clubs de la région. «C'est vraiment à regret et avec tristesse que nous en sommes venus à cette décision.»

Canada Alpin s'en remet au rapport de la FIS, qui a une compétence exclusive en matière d'homologation, mais qui conserve toujours espoir que les exigences du rapport d'inspection soient rencontrées, que l'homologation soit réattribuée et que les championnats nationaux puissent être tenus à Mont-Sainte-Anne.

«Il est essentiel que l'on ait tant des championnats nationaux et, on l'espère, des Coupes du monde dans l'est du pays», a fait valoir le président-directeur général de la fédération, Mark Rubinstein. «On est engagés vers cela et c'est la raison principale pour laquelle on a octroyé les championnats nationaux au mont Saint-Anne.»

M. Rubinstein se dit disposé à travailler avec Ski Québec alpin et Mont-Sainte-Anne pour trouver des solutions.

La Crête était la dernière piste de vitesse praticable au Québec. La Charlevoix est toujours homologuée par la FIS, mais le Massif a décidé l'hiver dernier de cesser l'entretien du sommet de la piste pour des raisons financières. Ironiquement, cette situation a forcé le déménagement de la Coupe Nor-Am à Mont-Sainte-Anne, ce qui a ultimement provoqué la décote de La Crête.

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«Une piste incroyable»

Marie-Michèle Gagnon a effectué sa toute première épreuve de descente sur La Crête. Elle ne se souvient pas que le parcours fut particulièrement dangereux. «C'était moi, en tant que tel, qui n'était pas sécuritaire sur mes skis! s'est-elle souvenue. Je n'étais jamais allée aussi vite de ma vie.»

 La meilleure skieuse canadienne, gagnante d'une première Coupe du monde l'hiver dernier, comprend et applaudit la volonté de la Fédération internationale de ski de vouloir améliorer la sécurité chaque année.

Elle espère néanmoins qu'après des travaux, La Crête pourra récupérer son homologation. «C'est vraiment une piste incroyable pour que les jeunes puissent apprendre à faire de la vitesse.»

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