Un retour décisif pour Maxime Dufour-Lapointe

Maxime Dufour-Lapointe est de retour en piste après une... (Photo Bernard Brault, Archives La Presse)

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Maxime Dufour-Lapointe est de retour en piste après une importante intervention chirurgicale.

Photo Bernard Brault, Archives La Presse

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Sophie Allard
La Presse

La fébrilité est palpable chez les skieurs de bosses canadiens, qui s'élanceront samedi sur la piste de Ruka, en Finlande, à l'occasion de la première Coupe du monde de cette année olympique. Ils voudront assurément faire mieux que leurs résultats couci-couça de l'an dernier. Pour Maxime Dufour-Lapointe, 28 ans, il s'agit d'un retour décisif après une importante intervention chirurgicale.

Maxime Dufour-Lapointe est couchée sur une civière en... (Photo tirée du compte Instagram de Maxime Dufour-Lapointe) - image 1.0

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Maxime Dufour-Lapointe est couchée sur une civière en direction du bloc opératoire.

Photo tirée du compte Instagram de Maxime Dufour-Lapointe

«C'est l'heure de rentrer la Ferrari au garage pour entretien mécanique», écrivait Maxime Dufour-Lapointe sur son compte Instagram en avril. 

On la voyait couchée sur une civière en direction du bloc opératoire. Après avoir skié blessée toute la dernière saison, l'aînée des soeurs Dufour-Lapointe venait finalement d'apprendre qu'elle souffrait d'une importante déchirure du labrum, un cartilage de la hanche.

À moins d'un an des Jeux olympiques, ça tombait plutôt mal. Mais tout n'était pas perdu. «J'ai pris la décision d'être opérée, sans quoi j'aurais été incapable de batailler pour une place sur l'équipe olympique. J'ai mis les chances de mon côté», nous a-t-elle confié lors d'une rencontre à nos bureaux cet automne.

La Montréalaise, auteure de cinq top 10 en 2017, se dit satisfaite de sa 11e saison de Coupe du monde. La douleur était persistante, rappelle-t-elle. «La première descente de chaque journée était pénible. Quand je faisais un saut, je savais que j'allais avoir mal à l'atterrissage. Je ressentais comme des radiations, mes muscles fessiers cessaient de fonctionner. Je ne savais pas ce que j'avais.»

Une pause salutaire

Lors d'un test d'imagerie médicale, la nature de la blessure s'est précisée. «Je m'étais engagée dans ce nouveau cycle olympique en me disant que je voulais aller au bout de mes limites, découvrir mon potentiel réel. Ça m'a amenée à vivre des expériences que je n'avais vraiment pas vues venir.» À commencer par la convalescence. «Ça a été beaucoup d'efforts pour maximiser ma récupération, avec d'innombrables exercices de physio, des bains froids, une chambre hyperbare.»

Cette pause forcée lui a été étonnamment salutaire, dit-elle. «Ça fait très longtemps que je suis dans le sport. C'est la première fois en carrière que j'arrête de skier pendant trois mois. Ça m'a fait beaucoup de bien de prendre du temps pour moi. C'est un cheminement que j'ai fait seule, à la maison, alors que mes soeurs s'entraînaient. Elles m'ont toujours encouragée. J'ai sauté dans cette aventure, je suis sortie de ma zone de confort. J'en reviens plus forte.»

Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe à Sotchi... (Photo Paul Chiasson, archives La Presse canadienne) - image 2.0

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Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe à Sotchi

Photo Paul Chiasson, archives La Presse canadienne

C'est ce qu'elle tentera de démontrer tout au long de la saison, et ce, dès samedi à Ruka. Elle avait terminé au huitième rang l'an dernier. «À l'entraînement à Zermatt, j'ai rassemblé les morceaux, j'ai refait mes sauts et j'ai skié sans douleur. Plus j'avance, plus je suis capable de faire des choses qui m'étaient impossibles l'an dernier. Ça va continuer de se placer. J'ai énormément foi en mon équipe, en mon expérience d'athlète.»

La skieuse bataillera vraisemblablement pour le quatrième poste olympique chez les femmes. Justine Dufour-Lapointe, Chloé Dufour-Lapointe et Andi Naude ont obtenu les meilleurs résultats l'an dernier. «Ça fait partie du jeu, je le vois comme un défi stimulant. Je savoure chaque instant.» Elle a participé aux Jeux de Sotchi en 2014, où elle a fini 12e.

Une dernière saison?

Qu'elle skie ou non à PyeongChang, Maxime compte vivre à fond la nouvelle saison. Serait-ce sa dernière? Elle prévoit faire sous peu des demandes d'admission pour étudier en médecine.

«À la fin de l'année, je verrai où j'en suis rendue, ce que j'ai envie de faire. Mais le sport sera toujours là. Ça nous forme en tant qu'athlètes et en tant qu'êtres humains. Ces valeurs et apprentissages vont rester ancrés en moi pour toujours. C'est quelque chose de très précieux.»

Pour l'instant, elle n'a qu'une envie: être au portillon de départ et skier. Comme jamais.

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Un mot sur la nouvelle saison

Justine Dufour-Lapointe

Ayant déjà son billet pour PyeongChang, Justine Dufour-Lapointe est particulièrement enthousiaste à l'aube de la nouvelle saison. Elle est en mode compte à rebours, le sourire aux lèvres. «Je compte le nombre d'entraînements au gym avant Ruka, le nombre de jours sur la neige avant PyeongChang. Ça rend les choses bien concrètes, confie l'athlète, médaillée d'or à Sotchi. L'année olympique, ça me rappelle beaucoup de souvenirs. Je trouve ça excitant. Souvent, entre les JO, c'est plus difficile d'avoir un focus clair, de se donner un défi personnel. À l'approche des Jeux, on a un plan clair et net, une mission à accomplir.» Elle y va néanmoins une course à la fois. À Ruka, l'an dernier, elle avait terminé cinquième.

Mikaël Kingsbury

Champion de la Coupe du monde 2017 et auteur du record du plus grand nombre de victoires d'affilée (sept), Mikaël Kingsbury veut skier à Ruka, sans trop penser à PyeongChang, où il vise l'or. À Sotchi, il avait décroché l'argent. «Je suis prêt, j'attends. J'ai hâte de courser contre les gars. Une fois que la saison va être commencée, ça va être plus calme, on pensera moins aux Jeux. Là, on est dans un flottement. J'ai hâte de savoir comment les autres skient. Je suis capable de bien performer, mais je ne sais pas où me situer.» L'an dernier, Kingsbury a décroché la médaille d'or à Ruka, il a été le seul skieur canadien à monter sur le podium.

Philippe Marquis

Le vétéran Philippe Marquis, 28 ans a eu plusieurs succès à Ruka, dont une victoire en 2014. «C'est une grosse année olympique, je vais tenter d'avoir mon pic de performance pour février. C'est bien de commencer à Ruka. C'est l'occasion de retrouver nos repères et l'adrénaline de compétition. Y a rien comme d'avoir un dossard sur le dos en haut d'une piste.» Le skieur de Québec, auteur de nombreux top 10 l'an dernier, a travaillé ses sauts cet été pour une plus grande zone de confort. «À mon âge, ce n'est pas les petits détails que je travaille. Je dois surtout bien gérer mon temps, mes entraînements, pour rester motivé, réduire les risques de blessure et performer à mon meilleur.» Il a fini 9e à Sotchi. En bonne position pour obtenir un billet pour PyeongChang, il dit vouloir skier agressivement, être constant. Comme il le fait depuis quelques années déjà.

Chloé Dufour-Lapointe

Après une saison qui l'a laissée sur sa faim, Chloé Dufour-Lapointe approche l'année avec une confiance retrouvée. «J'ai terminé la saison dernière et j'étais triste, découragée. L'important est de regarder à l'avant. C'est pour ça que mes entraînements étaient super importants cet été, pour retrouver ma confiance. J'ai beaucoup travaillé ma vitesse. Je n'ai pas fait de nouveaux sauts, je préfère y aller de sauts solides, hauts. À la fin de mes descentes, je vais avoir une attitude de championne, ça ne laissera pas de doutes dans la tête des juges.» Médaillée d'argent à Sotchi, elle en sera à ses 3es JO.

Marc-Antoine Gagnon

Marc-Antoine Gagnon, 26 ans, affiche un peu plus de nervosité à l'aube de cette saison olympique. Il souhaite avant tout se qualifier pour aller aux JO, qui seront ses derniers, précise-t-il. «Chaque résultat va compter cet automne.» L'an dernier, le bosseur de Terrebonne a terminé 10e à Ruka. «Je revenais d'une blessure à l'épaule. Ça m'a pris du temps à retrouver ma forme. J'avais plus de craintes, plus de doutes. Ç'a été comme ça la première moitié de la saison. Là, je suis à 100% physiquement et mentalement.» Il se sent d'attaque, souligne-t-il. À Sotchi, il a terminé au pied du podium. «J'étais content, satisfait. Ce n'est surtout pas un échec, mais je suis passé si près», dit-il, rêvant d'un podium olympique.

Alex-Anne Gagnon

Alex-Anne Gagnon, 22 ans, entend tout donner cette saison pour obtenir une place dans l'équipe olympique. «J'ai eu la meilleure saison d'entraînement estival à vie, dit-elle. Pour me distinguer cette année, j'ai beaucoup travaillé la technique de mon ski, je veux faire une descente propre, belle, pour minimiser les erreurs et donner un bon coup d'oeil devant les juges.» C'est la première opportunité olympique pour elle. «Me qualifier est un gros défi, c'est 50-50, je vais faire de mon mieux. On est bien entourés, on s'entraide, l'ambiance est super bonne. Ça va être une saison excitante.» L'an dernier, elle a terminé 7e à Ruka. «J'adore cette piste et, là-bas, il fait noir une bonne partie de la journée. Certaines filles sont affectées par le manque de lumière, c'est à mon avantage. Moi, j'aime le feeling, on y dort super bien.»




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