Mikaël Kingsbury, le roi des pentes

Mikael Kingsbury... (Photo : Patrick Forsblom, archives AFP)

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Mikael Kingsbury

Photo : Patrick Forsblom, archives AFP

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De Patrice Bernier à Antoine Valois-Fortier, en passant par Alex Harvey et Émilie Heymans, les 14 finalistes qui figuraient sur notre liste pour le titre d'athlète québécois de 2012 ont tous connu une année exceptionnelle. Mais Mikaël Kingsbury a dominé son sport plus que quiconque. Portrait d'un athlète surdoué.

Plus jeune - il n'y a que quelques années, en fait - Mikaël Kingsbury découpait tous les articles qu'il trouvait non pas sur le Canadien ou le hockey, mais bien sur les champions de ski acrobatique. Et ce sont eux, les Lathela, Bloom, Moseley - champions des bosses à l'époque -, qu'il s'imaginait imiter et même devancer un jour.

Après une progression météorique - ouvreur de piste aux Jeux de Vancouver, à 17 ans, il aurait été près du podium si sa descente avait compté -, le rêve est devenu réalité en 2011-2012. Mikaël a connu la meilleure saison de l'histoire en Coupe du monde de ski acrobatique avec 8 victoires et 13 podiums en 13 épreuves, ce qui lui a permis d'obtenir le Globe de cristal général de la spécialité. Et il vient d'entreprendre la nouvelle saison avec deux podiums, dont une victoire.

À ce rythme, le skieur de 20 ans pourrait battre tous les records de ses glorieux prédécesseurs et plusieurs spécialistes le voient déjà comme l'un des meilleurs de l'histoire du ski acrobatique, sinon LE meilleur.

«Quand tu es au sommet, tu veux y rester, c'est certain, explique Kingsbury. Je pense être prêt pour le défi. J'ai beaucoup travaillé l'été dernier pour améliorer ma condition physique. Je me sens beaucoup mieux cette saison, beaucoup plus fort, et je suis davantage en mesure de garder le rythme tout au long des compétitions.»

Les descentes en bosses sont très exigeantes sur le plan physique et, dans les épreuves en duels, les skieurs doivent exécuter pas moins de cinq descentes pour récolter une médaille. Sa technique sans faille et ses sauts spectaculaires lui permettent d'aborder les compétitions avec confiance. Le reste se joue dans la tête et, là aussi, il est parmi les plus forts.

«C'est sûr que la pression est un peu plus forte cette saison, avec les titres à défendre et le retour à la compétition d'Alex [Bilodeau], avoue Kingsbury. Je sais qu'on va beaucoup en parler dans les médias... Mais la plus grande pression, c'est moi qui me l'impose et je la gère bien.»

Ses parents soulignent d'ailleurs qu'il a toujours voulu être le meilleur. «Je me souviens qu'il protestait toujours quand un entraîneur lui disait que l'important était de s'amuser, explique sa mère, Carole Thibodeau. Mikaël n'a jamais voulu qu'une chose en compétition: gagner!

«Et il nous étonne toujours par sa façon de composer avec toute cette pression. Quoi qu'il arrive autour de lui, il est capable de se créer une bulle et de retrouver toute sa concentration au moment de s'élancer. Aussi loin que je me souvienne, il a toujours été comme cela.»

Kingsbury explique: «Ma préparation mentale consiste surtout à relaxer au sommet des pentes. C'est de cette façon que je suis le plus performant. En duels, j'oublie qui est à côté de moi et je fais ma descente en tentant de ne pas commettre d'erreurs et de bien réussir mes sauts.»

Mikaël insiste par ailleurs sur l'esprit d'équipe très fort de la formation canadienne, dont il est encore le plus jeune skieur. «Alex m'a toujours encouragé et soutenu, tous les autres aussi, et nous sommes heureux des succès des uns et des autres. Tout le monde est venu me féliciter l'autre jour en Finlande après ma victoire [dans la première épreuve de la saison]. Je serai heureux de célébrer les succès des autres quand ce sera leur tour...»

Pas sûr que Mikaël laisse aller beaucoup de victoires, même à ses coéquipiers, mais il doit encore céder à son coéquipier Bilodeau le privilège d'être à la fois champion du monde et champion olympique. Ces deux titres sont évidemment ses deux prochains grands objectifs, le processus de sélection olympique étant déjà en cours.

«C'est une année chargée avec les mondiaux, en mars en Norvège, puis les Jeux de Sotchi, dans tout juste 14 mois, souligne Kingsbury. Nous sommes tous conscients des enjeux. Mais il y a une saison et demie de Coupe du monde à travers tout ça et ce sera important d'y aller une épreuve à la fois, en tentant chaque fois de faire de mon mieux et de progresser.»

Mikaël Kingsbury, Deux-Montagnes

Né le 24 juillet 1992.

A débuté en ski acrobatique à 8 ans.

S'est joint à l'équipe nationale en 2008, à 16 ans.

Champion de la Coupe du monde en 2011-2012.

11 victoires et 23 podiums en Coupe du monde.

Médaillé d'argent (bosses en duels) et de bronze (bosses) aux Mondiaux de 2011 à Deer Valley.

Recrue de l'année FIS en ski acrobatique en 2010.

Cinq choses que vous ne savez pas à son sujet

1. Avant le ski acrobatique, Mikaël s'est passionné pour le... baseball. Excellent lanceur, il aimait entrer dans un match dans une situation tendue, avec les buts remplis, par exemple...

2. Son idole de jeunesse était le Finlandais Janne Lathela, dominant au tournant des années 2000 (cinq fois champion en Coupe du monde). Il est trop jeune pour avoir vu Jean-Luc Brassard au sommet de son art.

3. Il porte toujours des boxers de la même marque lors des compétitions.

4. Ses meilleurs amis sont Marc-Antoine Gagnon, Cédric Rochon et Philippe Marquis, qu'il côtoie depuis une dizaine d'années sur les pentes.

5. S'il n'était pas un athlète de haut niveau, Mikaël aimerait être chiropraticien, comme son père Robert.

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