Geoff Molson: «Moins on joue, plus ça fait mal»

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Le président et propriétaire du Canadien, Geoff Molson, n'entend pas prendre part activement aux négociations dans la LNH.

Photo: André Pichette, La Presse

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Les amateurs qui sont en contact avec Geoff Molson, que ce soit par Twitter ou dans les arénas où il regarde jouer ses fils chaque semaine, pressent souvent le propriétaire du Canadien de s'impliquer ouvertement dans le lock-out.

Or, ces amateurs seront déçus: Molson n'entend pas prendre part activement aux négociations.

«Je reste en contact chaque jour avec Gary Bettman et Bill Daly, je me garde très informé et c'est ma façon de rester proche», a expliqué Molson à l'occasion de la collecte de sang du Canadien, qui se déroulait jeudi au Centre Bell.

«M'immiscer publiquement dans le processus pourrait le retarder et lui nuire. Mais je suis là dans les coulisses, je me tiens au courant auprès de Gary et du comité de négociations, et je suis à l'aise avec mon degré d'implication.»

Le président et propriétaire du Tricolore précise toutefois que ses homologues et lui ont voix au chapitre s'ils le désirent.

«Toutes les équipes ont l'opportunité de participer, que ce soit autour de la table de négociations ou en parlant à d'autres propriétaires ou à Gary lui-même. Chaque équipe a accès au processus d'une façon ou d'une autre.»

Mercredi, Gary Bettman a indiqué que la ligue perdait de 18 à 20 millions de dollars par jour en revenus. Au Canadien, Geoff Molson est à même de chiffrer ses pertes, mais il a précisé que ces montants allaient demeurer à l'interne.

«Disons que ce n'est pas l'idéal, et l'on espère s'en sortir le plus tôt possible», s'est-il limité à dire.

Dur de remplir le Centre Bell

Molson continue de respecter le bâillon imposé par Bettman, mais il aura l'occasion d'exprimer son point de vue aux propriétaires à l'occasion de la réunion des gouverneurs, le 5 décembre à New York. Peut-être laissera-t-il plus librement cours à sa frustration à l'égard d'un conflit qui touche durement son entreprise.

Car si certaines formations perdent moins d'argent durant le lock-out que dans l'ancien mode d'exploitation, le Canadien, lui, est privé d'importants revenus.

«Moins on joue, plus ça fait mal», a-t-il résumé.

En temps normal, la compagnie evenko se charge d'occuper le Centre Bell les jours où il n'est pas mobilisé par le Canadien. Cela permet de faire du Centre Bell le troisième amphithéâtre en Amérique du Nord pour le taux d'occupation.

Or, evenko est forcé de naviguer à vue en raison du conflit et peut plus difficilement générer de nouveaux revenus pour l'entreprise.

«Il faut attendre que des blocs de matchs soient formellement annulés par la ligue avant de commencer à remplir les cases horaires, explique Geoff Molson. Cela nous laisse peu de temps et cela rend plus difficile d'attirer de grands noms au Centre Bell dans un court délai.»

En ce qui a trait à ses commanditaires, Molson dit compter sur leur soutien même s'il y a «de l'impatience un peu partout». Cette impatience s'est exprimée de façon très claire au début du mois lorsque le patron de la brasserie Molson-Coors, Peter Swinburn, a lié ouvertement la baisse des ventes de ses produits au lock-out dans la LNH.

«C'est un commanditaire inquiet et c'est une coïncidence s'il a le même nom que moi», a prudemment commenté Molson.

Guy Lafleur a signé des autographes à la... (Photo: Martin Chamberland, La Presse) - image 2.0

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Guy Lafleur a signé des autographes à la collecte de sang du Canadien, qui se déroulait jeudi au Centre Bell.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Tout le monde y goûte

Le lock-out ne nuit pas seulement au Canadien, mais toute l'économie qui gravite autour du hockey et du centre-ville.

«Ce sont des moments difficiles pour les employés, pour les bars et les restaurants autour du Centre Bell, et même pour ceux à l'extérieur de Montréal, dit M. Molson. C'est difficile pour tout le monde.»

Guy Lafleur, venu rendre visite aux donneurs à l'occasion de la collecte de sang, s'est dit personnellement touché par l'impact du lock-out.

«C'est 20 000 $ de moins dans les ventes chaque semaine», a expliqué l'ancienne vedette du Tricolore à propos de son restaurant Bleu Blanc Rouge, situé à Rosemère.

«Un propriétaire d'une Cage aux sports m'a parlé d'une baisse de 25% à 30% dans la restauration. C'est sûr que l'économie y est pour quelque chose, mais le gros morceau, c'est le hockey.»

Le Canadien fonctionne depuis le début du conflit sous un régime d'austérité qui limite à quatre jours la semaine de travail de ses employés. Dans les circonstances, le soutien financier de l'équipe à diverses initiatives est plus hésitant.

C'est le cas des Stars de Montréal, l'équipe de hockey féminin qui a sollicité le soutien du Tricolore dernièrement. Alors que les équipes de Toronto et de Calgary ont bénéficié d'une aide financière des Maple Leafs et des Flames, respectivement, le CH a choisi de reporter une aide possible.

«Les Stars sont venus nous voir et on leur a dit qu'on regarderait cela avec intérêt après le lock-out», a expliqué Geoff Molson.

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