Hockey scolaire: plaidoyer contre les mises en échec

L'initiative de Hockey Québec doit soustraire aux mises... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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L'initiative de Hockey Québec doit soustraire aux mises en échec plus de 3600 joueurs du volet civil.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

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Chaque année, des dizaines d'élèves québécois subissent des commotions cérébrales en jouant au hockey pour leur école secondaire. Pour enrayer le phénomène, l'Association des neurologues du Québec (ANQ) somme le gouvernement d'intervenir et d'interdire les mises en échec dans le réseau scolaire.

La missive est venue sous la forme d'une lettre que les neurologues ont envoyée à La Presse. En réponse, le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, dit vouloir attendre les recommandations d'un groupe d'experts avant de prendre position.

«Considérant que l'objectif principal de l'école est de former des citoyens en santé et responsables et que la pratique du sport y est faite pour améliorer la santé de nos enfants, il devient essentiel que la réglementation des mises en échec au niveau scolaire soit plus sévère que dans le hockey civil», écrivent les neurologues dans la lettre cosignée par les Drs Patrick Cossette et Marc Girard.

L'Association des neurologues réagit ainsi à la décision de Hockey Québec d'interdire les mises en échec dans le hockey bantam CC et midget BB. Bien qu'elle salue l'initiative, qui doit soustraire aux mises en échec plus de 3600 joueurs de hockey civil, «l'ANQ déplore qu'il n'y ait toujours pas de décisions prises pour le hockey scolaire».

En entrevue la semaine dernière, le président de Hockey Québec, Sylvain Lalonde, disait vouloir maintenant se pencher sur le cas du hockey disputé dans les écoles. De plus en plus populaire, le hockey scolaire regroupe des jeunes du secondaire. Il permet les mises en échec dans sa Division 1 et, dans certains cas, dans sa Division 2.

Le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) n'est pas chaud à l'idée d'interdire les mises en échec. L'organisme, qui relève du ministère de l'Éducation, estime que c'est à Hockey Québec de prouver qu'elles nuisent à la santé et à la sécurité des jeunes, même si une étude de l'Université de Calgary a démontré par le passé que les mises en échec triplaient les risques de commotion cérébrale au hockey.

«Nous demandons aux organisations responsables des ligues de hockey scolaire ainsi qu'au ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport de prendre note de nos recommandations ainsi que celles de Hockey Québec à l'effet d'abolir complètement les mises en échec dans le hockey scolaire», demande l'Association des neurologues dans sa lettre.

Mis au courant de la demande des neurologues, le ministre Blais a offert une réponse prudente par la voix de sa porte-parole. «Nous avons vu la décision de Hockey Québec. Nous trouvons cela intéressant», a réagi Julie White.

«Mais le gouvernement a mis en place un groupe de travail pour se pencher sur la question des commotions cérébrales. Le groupe est supposé nous proposer des avenues pour améliorer la situation, dit la porte-parole du ministre. Le rapport final doit être remis dans les prochaines semaines. Donc, avant de prendre position, on veut recevoir le rapport et l'analyser. On pense que c'est plus prudent.»

Créé par l'ancien gouvernement du Parti québécois en janvier 2014, le groupe de travail sur les commotions cérébrales devait déposer son rapport dans les 6 mois. Quatorze mois plus tard, ses recommandations n'ont toujours pas été dévoilées au public.

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