Le hockey n'échappe pas à la crise en Ukraine

L'aréna Druzhba, domicile du Donbass de Donetsk, incendié... (PHOTO REUTERS/STRINGER)

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L'aréna Druzhba, domicile du Donbass de Donetsk, incendié par ce que l'équipe qualifie de «terroristes» qui soutiennent la république de Donetsk.

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Un aréna incendié, une équipe qui suspend ses activités pendant une saison... Le conflit qui frappe l'Ukraine touche toutes les sphères de la société, et le hockey en fait partie.

C'est pourquoi le Donbass de Donetsk, seule équipe ukrainienne en KHL, ne jouera pas au cours de la saison 2014-2015 du circuit.

Parmi les membres de l'équipe, on retrouve Randy Robitaille, un ancien des Sénateurs (2007-2008) qui passe son été dans la région d'Ottawa, où il s'occupe notamment d'une école de hockey. C'est dans l'angoisse qu'il a vécu la fin de saison de son équipe, éliminée le 28 mars dernier, au deuxième tour des séries.

«Les premiers incidents avaient lieu à Kiev, donc on ne se sentait pas en danger, raconte Robitaille au bout du fil. Mais ensuite, ça a commencé à barder dans l'est de l'Ukraine, dont à Donetsk. Ça se rapprochait de la maison et je me demandais combien de temps j'allais y rester.»

En cours de saison, la tension grimpe en crescendo: premiers morts fin janvier, autorisation de la Russie d'envoyer des troupes en Ukraine le 1er mars, puis les groupes séparatistes qui s'activent à Donetsk au même moment. Sur la glace, le Donbass amorce ses séries le 7 mars.

«Je me demandais: si on se rend au troisième tour ou en finale, il y a des rumeurs de fermeture d'aéroport, rappelle Robitaille. J'ignorais si j'allais pouvoir sortir du pays. Finalement, on a perdu au deuxième tour et la situation s'envenimait. Tu veux toujours te rendre loin en séries, mais c'était une bonne chose de perdre au deuxième tour, pour pouvoir rentrer à la maison en sécurité.»

Si Robitaille parle d'inquiétudes, il assure toutefois qu'il ne s'est jamais senti en danger.

«Ça paraît parfois pire aux nouvelles, car on montre seulement la violence. J'étais surtout inquiet à savoir comment je sortirais du pays. Mais en général, si tu ne vas pas au coeur des protestations, tu peux trouver des endroits pour vivre sans être trop dérangé.»

Tous autonomes

Puis vient la nuit du 26 au 27 mai. Cette nuit-là, l'aréna Druzhba, domicile du Donbass, est vandalisé et incendié par ce que l'équipe qualifie de «bandits» et de «terroristes» qui soutiennent la République populaire de Donetsk. Un aréna d'environ 5000 places, que Robitaille compare à un amphithéâtre des rangs juniors: «Petit, mais très bruyant et toujours plein», décrit-il.

Trois semaines plus tard, l'équipe suspend ses activités pour la saison 2014-2015. Les joueurs dont le contrat est toujours valide sont autorisés à signer des ententes d'un an avec d'autres équipes de la KHL.

Randy Robitaille, lui, n'est pas touché par cette mesure, puisque son contrat était échu. Pour l'instant, l'athlète de 38 ans en profite pour passer du temps avec ses enfants, qui ne le suivent pas en Ukraine pendant la saison. «C'était une inquiétude de moins», rappelle-t-il.

Il réfléchit toujours à son avenir, mais ne met pas une croix sur la Russie, malgré la tension au pays. Mais comme bien des coéquipiers, il perd une situation enviable pour des non-Russes désirant jouer en KHL.

«Les équipes de la KHL qui ne sont pas situées en Russie ont droit à un nombre plus élevé de joueurs étrangers, explique-t-il. Nous avions donc des Finlandais, des Tchèques, des Slovaques et quelques Nord-Américains. Dans le vestiaire, ça se passait donc beaucoup plus en anglais et c'était plus facile de socialiser à l'extérieur de la patinoire. C'était un environnement agréable.»




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