Martin Lapointe: ministre du développement durable

Embauché il y a trois ans, Martin Lapointe... (Photo André Pichette, La Presse)

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Embauché il y a trois ans, Martin Lapointe est devenu les yeux de la direction du Canadien.

Photo André Pichette, La Presse

Après un match du Drakkar de Baie-Comeau, il n'était pas rare que le téléphone de Charles Hudon vibre et que la même phrase apparaisse dans un message texte: «Il faut que tu bouges tes pieds!»

Ça venait de Martin Lapointe, le directeur du développement des joueurs chez le Canadien.

À une époque pas si lointaine, non seulement Trevor Timmins était-il chargé de dépister le jeune talent en vue du repêchage suivant, mais encore il devait assurer un suivi auprès des espoirs de l'organisation. Il ne suffisait pas à la demande. L'arrivée de Marc Bergevin au poste de directeur général a permis de restructurer les tâches de chacun.

«Ça a évolué depuis le temps où je jouais, et les équipes délèguent beaucoup de responsabilités», convient Lapointe qui, au terme d'une carrière de 14 saisons dans la LNH, est devenu dépisteur professionnel pour les Blackhawks de Chicago avant de diriger le développement chez le Tricolore.

Aujourd'hui, les jeunes du CH ressentent les bénéfices de l'encadrement qu'il fournit de concert avec Patrice Brisebois.

«Je sais que c'est réconfortant pour les jeunes qui viennent d'être repêchés de savoir que quelqu'un les suit, soutient Charles Hudon. Mais même les plus vieux aiment ça sentir une main sur l'épaule.»

Mousser les forces

Lapointe dirige cette semaine son troisième camp de perfectionnement depuis qu'il est en poste. La grande majorité des joueurs présents sont des visages connus. Car s'il passe le tiers de son temps avec les Bulldogs de Hamilton, Lapointe sillonne l'Amérique du Nord pour veiller aux progrès de 15 à 20 jeunes disséminés un peu partout.

Avec chacun d'eux, il n'a pas le choix de prôner la patience.

«La relève vient avec le repêchage, et développer cette relève-là prend du temps, rappelle-t-il. Il ne faut pas amener avec le Canadien des jeunes qui ne sont pas prêts.»

S'il devait identifier la ligne directrice de sa philosophie de développement, ce serait de travailler en fonction des forces du joueur. Avant de penser à pallier ses faiblesses, à combler des lacunes, Lapointe cherchera à développer au maximum ses meilleurs atouts.

«Chaque joueur a au moins une chose qu'il fait très bien, et il faut être capable de l'exploiter jusqu'au bout, dit-il. Pour amener un joueur à son sommet, il faut d'abord maximiser sa meilleure qualité.

«Dans le cas de Michael McCarron, par exemple, son gabarit est un atout intéressant. S'il ne l'utilise pas, il ne sera pas efficace. C'est un jeune qui ne s'est probablement pas entraîné beaucoup avant l'année dernière, donc ça va prendre du temps.»

Heureusement, tant sur la glace qu'à l'extérieur, Lapointe a noté une amélioration chez le pan de mur des Knights de London.

«McCarron admet lui-même qu'il a connu un lent départ, mais on a noté un progrès en deuxième moitié de saison. Il a renforcé son tonus musculaire et il paraît plus solide.»

Pas intéressé au poste d'adjoint

Lapointe est dans une chaise qui lui convient tout à fait. Il ne serait pas prêt à y renoncer pour tenter sa chance comme entraîneur adjoint à Michel Therrien.

«Ça ne me tente pas vraiment, admet-il. J'ai un travail à faire et j'aime ce que je fais. J'ai de jeunes enfants et pour cela, il faudrait que je déménage. Or, ma famille est bien à Chicago. Je suis très bien dans ma position.»

Cela dit, les voyages sont exténuants parce que très nombreux. Lapointe est constamment au match d'un de ses protégés. Bien souvent, il va ensuite le rencontrer avec une pleine page de notes manuscrites.

«Je fais beaucoup d'intervention individuelle, précise l'homme de 40 ans. J'amène les jeunes manger, on parle de leur jeu. Même que l'an dernier, j'ai commencé à les filmer. J'ai donc du matériel à leur présenter.»

Ces rencontres permettent de s'assurer que les objectifs établis sont en voie d'être atteints. «Si l'on ne fixe pas d'objectifs, ce ne sera que des paroles en l'air», rappelle-t-il.

Savoir qui écouter

En théorie, la principale voix que doit écouter un jeune joueur est celle de son entraîneur-chef. Mais le soutien périodique du Tricolore permet un autre regard, le plus souvent bienveillant car il s'inscrit dans un axe à plus long terme.

Avec le temps, les jeunes apprennent à appliquer un filtre de façon à retenir certains conseils et à en délaisser d'autres. Autrement, le bagage d'information peut devenir étouffant.

Mais ce qui provient du Tricolore ne doit pas être ignoré!

«Avant de partir, ils (Lapointe et Brisebois) nous disent toujours ce qu'il faut améliorer et, à la rencontre suivante, il ne faut pas avoir laissé cela de côté», confie Hudon.

Il pourrait arriver que des messages conflictuels soient envoyés par le Canadien et par l'entraîneur de l'équipe junior, mais l'attaquant de 20 ans n'a pas eu ce problème-là avec le Drakkar.

«Ça a beaucoup changé depuis que je suis à Baie-Comeau car Martin Lapointe et Éric Veilleux sont très proches. Souvent, ce qu'Éric me disait, Martin me le répétait deux semaines après...»

Ce n'est peut-être pas un hasard si Veilleux est, avec Dominic Ducharme, l'un des deux entraîneurs-chefs de la LHJMQ à participer au camp de perfectionnement en tant qu'entraîneurs invités.




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