L'intrigante culture de Martin Desmarais

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Dans le grand bac noir nagent des tilapias qui pourront être mangés dans quelques semaines. « À la fin mars, on va essayer de se faire un souper avec tout ce qui vient de chez nous », dit Martin Desmarais.

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En plein mois de février, Martin Desmarais fait pousser du kale, des choux de Bruxelles, du poireau. Il mange les oeufs frais de ses poules et, si tout va comme prévu, il aura bientôt dans son assiette du tilapia pêché chez lui.

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Les déjections des tilapias fournissent des nutriments aux plantes qui poussent dans le bac juste en dessous.

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Dans le troisième bac, les plantes filtrent l’eau, laquelle retourne ensuite dans le grand aquarium noir.

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Toute cette production se fait dans les limites de son rez-de-chaussée du quartier Rosemont.

« Je ne m'attends pas à une catastrophe nucléaire et je ne vise pas 100 % d'autonomie », dit en riant ce père de famille. Derrière tout ça, il y a surtout la volonté de montrer à ses enfants que les poissons ne naissent pas en filets et que les légumes se mangent au terme de soins attentifs.

Il aurait pu se contenter de son potager en pots installé sur le toit de son triplex.

« L'an dernier, le jardin s'est terminé et je me suis demandé ce que je pouvais faire pour prolonger le jardin en ville. Je me suis dit que j'allais essayer de pousser l'autonomie. »

N'en déplaise à ceux qui lui rappellent que le marché Jean-Talon est à deux pas de chez lui, il s'est lancé dans l'aquaponie, qui associe la culture de végétaux à l'élevage de poissons. 

« J'aime ça expérimenter, je n'ai pas peur d'essayer des choses. Je ne connaissais rien aux poissons, je n'avais jamais eu d'aquarium », dit Martin Desmarais.

YouTube est devenu son allié.

Le système de Martin Desmarais est classique : au début de la chaîne se trouve un bac dans lequel nagent des tilapias. L'eau qui s'en écoule par gravité tombe dans un second bac où poussent les légumes, notamment le kale et les choux de Bruxelles. Cette même eau alimente le troisième et dernier bac, qui contient un plateau flottant où poussent des laitues dont les racines sont immergées.

« C'est une boucle sans fin cette affaire-là, un microcosme. Obtenir un équilibre prend du temps, il faut être patient. Mais quand ça pousse, ça va plus vite que le jardin. C'est comme si je donnais de l'engrais à mes plantes chaque jour », explique le preneur de son.

L'AQUAPONIE À GRANDE ÉCHELLE

Le biologiste Marc Laberge s'intéresse à l'aquaponie et aux poissons depuis longtemps, mais c'est avec l'arrivée de l'internet qu'il a découvert toute une communauté qui, comme lui, mélangeait joyeusement l'élevage de poissons et la culture maraîchère.

Depuis une décennie, il élève des truites et fait pousser de la laitue dans ses serres des Laurentides. Il est le seul au Québec à faire de l'aquaponie à si grande échelle. Ses 55 000 plants de laitue flottent sur l'eau, dans laquelle nagent des truites. « C'est un jeu de mathématiques sur l'eau », dit-il.

L'expertise qu'il a développée lui permet de faire l'élevage de truites, alors que la plupart des tenants de l'aquaponie se tournent vers le tilapia qui, dit-il, « vit dans n'importe quelle eau ».

L'intérêt pour l'aquaponie résidentielle réjouit le président d'Aquaponie M.L., qui se souvient d'avoir été « tellement excité de voir les plantes sortir » lors de ses premiers essais.

« C'est fascinant. Ça met le monde plus en contact avec la nature, ça leur donne une nouvelle appréciation pour les fruits et les légumes », dit Marc Laberge.

C'est le cas chez les Desmarais et, par débordement, chez leurs voisins et amis. « Mes enfants m'aident là-dedans et ils sont assez fiers. Ils en parlent à l'école, les gens se rendent compte qu'il y a d'autres façons de faire les choses », dit Martin Desmarais.

Quant à lui, il découvre que les amateurs d'aquaponie sont de plus en plus nombreux.

« On va devenir une communauté, c'est certain. » Récemment, un amateur lui a échangé du lièvre qu'il avait trappé contre de petits tilapias. « Le but, ce n'est pas de faire de l'argent avec mes poissons », précise-t-il. De faire des rencontres, du troc et d'échanger avec des gens, ça oui. Comme au marché, finalement.

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