Bonheur à Copenhague selon Pierre Thibault

La visite de cette école de Copenhague a... (Photo fournie par La Fabrique culturelle)

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La visite de cette école de Copenhague a été un «élément déclencheur» dans le projet de lab-école auquel participe Pierre Thibault pour le Québec.

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Envie de voir ce que l'architecte québécois Pierre Thibault a en tête quand il parle de l'école du futur? Les nouveaux épisodes de la websérie L'Atelier Pierre Thibault en donnent un aperçu, et plus encore. Trois capsules d'une douzaine de minutes tournées à Copenhague montrent comment une ville bien conçue influence la qualité de vie des gens.

Ce déambulatoire dans la capitale du Danemark est diffusé en ligne sur le site de la Fabrique culturelle, la plateforme numérique de Télé-Québec. On y découvre en images une ville maintes fois citée en exemple pour son échelle humaine, ses pistes cyclables, ses parcs, son accès à l'eau. Une «ville du bonheur», comme la dépeignent Pierre Thibault et le journaliste François Cardinal au dernier chapitre de leur livre écrit à quatre mains, Et si la beauté rendait heureux, paru l'an dernier.

La caméra contemplative de Vincent Gonneville les a suivis dans leur réflexion là-bas. «Ce n'était pas prévu au départ, mais comme on rencontrait plein de gens intéressants...», indique Pierre Thibault au téléphone, en mentionnant la firme Gehl Architects ou la petite équipe du service de planification de transport actif menée par une fille de 32 ans.

«Ce qui est stimulant, c'est que c'est fait et que ça fonctionne!», s'exclame l'architecte en voyant des similitudes de population et de superficie avec Québec. «Il y a là des choses incroyables. En 10 ans, Copenhague est devenue la ville la plus efficiente au monde pour le vélo. Et ça n'a pas coûté un kilomètre d'autoroute.»

Il souligne qu'on y trouve la plus grande rue piétonne au monde, même si le climat n'est pas toujours clément. Les parcs rivalisent d'originalité, entremêlent les arbres, les estrades, les jeux. Et tout ça pèse lourd dans la balance du «bonheur citoyen».

Pierre Thibault parle d'une «douceur de vivre», d'une cité où l'on entend le bruissement des feuilles plutôt que le tintement des klaxons. Les stationnements sont souterrains, comme cachés. «L'auto n'est jamais considérée en premier. On fait toujours les choses pour l'humain, pour les gens de tous âges, les enfants comme les retraités.»

Dans un épisode, on visite une école. L'architecte s'est extasié devant les enfants qui circulent dans une grande fluidité et liberté, avec absence de clôture. Une ambiance qu'il aurait aimée pour son fils et tous les petits gars du Québec, lance-t-il au bout du fil. C'est ce qui a été pour lui l'«élément déclencheur» du lab-école, ce groupe de réflexion sur l'école du futur mené avec le chef Ricardo Larrivée et le sportif Pierre Lavoie.

Inspirante, Copenhague? Dans les trois épisodes, on s'étonne d'entendre les Danois s'exprimer si bien en français. Leur «troisième langue», souligne Pierre Thibault en ajoutant que leur éducation aussi est une réussite.

«Va-t-on réussir à monter la barre en habitation?»

En marge de la websérie sur Copenhague, on sent l'impatience de Pierre Thibault d'agir au Québec. Et pas seulement en matière d'éducation.

L'architecte raconte qu'il y a cinq ans, la capitale danoise a déplacé le port et redonné accès à l'eau et aux canaux à ses citoyens. Les épisodes montrent de nouveaux quartiers résidentiels près des flots, avec des quais, des embarcations, des espaces verts. «Quand c'est bien planifié et que les choses sont faites dans le bon ordre, ça donne de la cohérence», croit Pierre Thibault.

De beaux résultats dans de courts délais, il aimerait bien en voir aussi chez nous. «La promenade Samuel-de Champlain, est-ce que ça va prendre 45 ans avant de la prolonger? Et pourquoi on ne met pas un peu d'habitation le long de ça? Et pourquoi on ne lance pas de concours?» s'enflamme l'architecte.

Concours

Il explique qu'à Copenhague, la municipalité organise des concours d'architecture pour faire ressortir les meilleures idées et ultimement, niveler par le haut. «Là-bas, les logements sociaux sont tellement bien faits, mieux que nos condos de luxe à Québec!»

Selon lui, quelques concours en habitation chez nous montreraient «autre chose» et obligeraient les promoteurs à «se forcer». «Est-ce qu'on va réussir à monter la barre en habitation? Ici, on est à genoux devant les promoteurs, on est mal structuré. Arrêtez de faire les mêmes condos poches tout le temps à Québec, à Montréal, à Trois-Rivières. Ce sont des gens qui n'ont aucune culture. Tout ce qu'ils veulent faire, c'est de l'argent. C'est dramatique!»

Pierre Thibault estime que la conception d'un projet représente 2 % à 3 % du coût global. Il ajoute maximum 1 % pour l'organisation d'un concours d'architecture. Il ne croit pas qu'il faille en faire pour tout, mais pour des projets importants. «Ça stimule, ça donne du bonheur», plaide-t-il en pensant au pavillon Lassonde du MNBAQ ou à la Maison de la littérature.

Le Québec a les compétences nécessaires, mais ne favorise pas le talent et la créativité, trouve Pierre Thibault qui se désole que tout aille au plus bas soumissionnaire.

Malgré ses critiques, l'architecte dit rester optimiste. Il espère que les maires et les élus seront nombreux à visionner les épisodes de la websérie sur Copenhague. «Je vois de bons exemples. Je sais qu'on est capables.»

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Pour visionner la websérie L'Atelier Pierre Thibault à Copenhaguegoo.gl/Gedbkj




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