Écoconstruction: prouver que c'est possible, même ici

Le projet Osora, dans le Plateau, réalisé par... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Le projet Osora, dans le Plateau, réalisé par plusieurs membres de la famille St-Jean, est ambitieux. Deux duplex datant de 1885 ont été transformés en trois habitations qui devraient être parmi les premières au Québec à obtenir la certification Passivhaus.

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Aux quatre coins du Québec et à Ottawa, de valeureux pionniers repoussent les limites de ce qui se fait en matière de construction écologique et visent la certification la plus exigeante, Passivhaus. Qu'est-ce qui les motive à aller si loin?

Mettre en pratique, à la maison

Quand est venu le temps d'acheter une maison, Philippe St-Jean, accrédité LEED et Passivhaus, a voulu mettre en pratique les principes verts qu'il amène ses clients à intégrer dans la construction et la rénovation de bâtiments. A alors germé l'ambitieux projet Osora, conçu par Atelier Tautem. Le jeune homme de 33 ans, sa conjointe Leah Schwalb, sa soeur Natasha et ses frères Martin et Mathieu, tout aussi intéressés à minimiser leur impact sur l'environnement, ont acheté deux duplex datant de 1885 dans le Plateau. Le carré de bois d'origine a été conservé et la façade, reproduite. Mettant à profit l'expertise de l'entreprise familiale St-Jean & Fils Construction, le reste a été entièrement refait. «Je voulais être à l'avant-garde, explique Philippe. Je voulais voir comment y parvenir et à quel prix, avec les fonds que j'avais, qui ne sont pas illimités. J'ai fait plein d'erreurs que je ne répéterai pas. J'ai aussi établi des liens avec d'autres qui travaillaient sur leur propre projet et nous avons uni nos forces pour que chacun relève le défi.» Les membres de la famille ont emménagé dans la maison à étage et le duplex en rangée le printemps dernier. «J'aime vivre cette expérience, indique Philippe. Je vais voir si ce qu'on dit est vrai!»

Yvon Boulianne et son fils Vincent ont construit... (PHOTO FOURNIE PAR VINCENT BOULIANNE) - image 2.0

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Yvon Boulianne et son fils Vincent ont construit un chalet familial hors de l'ordinaire à L'Isle-aux-Coudres, qui leur sert de laboratoire pour connaître tous les dessous du standard Passivhaus. Diane Jolicoeur, la conjointe d'Yvon et mère de Vincent, a aussi mis la main à la pâte.

PHOTO FOURNIE PAR VINCENT BOULIANNE

Oasis familiale à L'Isle-aux-Coudres

L'architecte Yvon Boulianne a été très impressionné quand il a appris qu'une maison à Montebello était chauffée par une minuscule fournaise électrique de 3 kW (l'équivalent de deux séchoirs à cheveux). Sensible depuis longtemps à la protection de l'environnement, il a eu le goût de tenter sa propre expérience. Il a rallié à la cause sa conjointe, Diane Jolicoeur, et leur fils Vincent, également architecte, pour construire à temps perdu, depuis 2013, un chalet familial hors de l'ordinaire à L'Isle-aux-Coudres. C'est devenu leur laboratoire. Il leur reste la finition à faire et les données à compiler. «Nous avons eu d'excellents résultats pour le test d'étanchéité à l'air, souligne Yvon Boulianne. Nous avons été pris au jeu de la perfection. Nous n'avons tourné aucun coin rond.» Dès la conception, à l'aide du logiciel PHPP (Passive House Planning Package), ils ont su dans quoi ils s'embarquaient. Ils ont quand même eu un moment d'hésitation quand ils ont reçu la soumission de 60 000 $ pour les fenêtres et les portes. Or, les deux grandes surfaces vitrées de 18 pi de long sur 7 pi de haut, qui permettent d'admirer à volonté le fleuve Saint-Laurent, vont de pair avec le site, ont-ils décidé, quitte à mettre plus d'isolant ailleurs pour compenser.

En construisant leur maison à Mont-Tremblant, Luc Bombardier... (PHOTO FOURNIE PAR LUC BOMBARDIER) - image 3.0

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En construisant leur maison à Mont-Tremblant, Luc Bombardier et Danièle St-Martin ont voulu faire leur part pour l'environnement, en coupant la dépendance à l'huile et en évitant la surconsommation d'électricité.

PHOTO FOURNIE PAR LUC BOMBARDIER

Parce qu'on est en 2016

Pendant 37 ans, Luc Bombardier et Danièle St-Martin ont loué une maison au sous-sol très humide, à Mont-Tremblant, où ils ont pâti des courants d'air et dépensé annuellement près de 5000 $ pour la chauffer au bois et à l'huile. Quand ils ont voulu construire leur propre maison, ils ont décidé de la faire «comme du monde». Cela tombait bien: un ami de longue date, l'entrepreneur Jim Iredale, de Landmark Passivhaus, désirait construire sa première maison visant l'exigeante certification allemande. Le couple a accepté de relever le défi. «J'aime l'inconnu, souligne M. Bombardier. Notre fille de 22 ans et notre garçon de 18 ans rêvent d'une voiture électrique. On est rendu en 2016. On a voulu bâtir une maison dont ils seront fiers, en faisant notre part pour l'environnement.» Après avoir travaillé de longs mois sur le chantier, sa conjointe et lui viennent d'emménager. «C'est très confortable sans chauffage, précise-t-il. Il n'y a pas de courant d'air ni de coin froid. Les murs de 24 po d'épaisseur et les fenêtres à triple vitrage offrent aussi un confort sur le plan sonore, car on n'entend pas le bruit de la route, tout près.» Le coût? Il a évidemment été plus élevé que celui d'une maison conventionnelle, mais M. Bombardier croit que ce sera rentable à long terme.

À Ottawa, le complexe Salus Clementine prend vie.... (PHOTO FOURNIE PAR CSV ARCHITECTS) - image 4.0

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À Ottawa, le complexe Salus Clementine prend vie. Comptant 42 logements abordables destinés à des adultes avec un trouble de santé mentale, il vise les certifications LEED for Homes et Passivhaus.

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Tracer la voie

À Ottawa, le complexe Salus Clementine accueille graduellement ses résidants. Or l'immeuble de 42 logements abordables, qui vise les certifications LEED for Homes et Passivhaus, commence déjà à faire école, inspirant d'autres à mieux construire. L'architecte Sonia Zouari et Lisa Ker, directrice générale de Salus Ottawa, un organisme qui répond aux besoins d'adultes avec un trouble de santé mentale, ont raconté leur expérience le mois dernier, à l'École de technologie supérieure (ETS). «C'est une révolution dans la qualité des produits utilisés et la qualité de construction, a indiqué Mme Zouari. Il y a quelques leçons à retenir pour mieux faire la prochaine fois.» Pour Salus Ottawa, ce 14e édifice fournit l'occasion de devenir un modèle en construisant des logements abordables dont il peut être fier, tout en faisant sa part pour la planète. Les frais de chauffage, estimés à 27 $ par année par appartement, représentent une économie appréciable, trop peu souvent prise en considération, déplore Mme Ker. «Cela fait des années qu'il se construit des logements abordables Passivhaus en Europe, dit-elle. Il y a du rattrapage à faire en Amérique du Nord. Il faut se prendre en main.» En communiquant ce qu'elles ont appris, Mme Zouari et Mme Ker veulent contribuer au développement d'un nouveau savoir-faire dans l'ensemble du pays.

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