Le 70e Festival de Cannes déclaré «ouvert»

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L'actrice Lily-Rose Depp et le réalisateur Asghar Farhadi

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Francois Becker, Nicolas Pratviel
Agence France-Presse
Cannes

L'actrice Lily-Rose Depp et le réalisateur Asghar Farhadi ont donné le coup d'envoi mercredi soir du plus grand festival de cinéma au monde, pour une 70e édition très glamour, malgré une polémique sur Netflix, dont deux films sont en lice pour la Palme d'or.

Aux côtés de l'actrice de 19 ans, fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp, le cinéaste iranien primé à Cannes et aux Oscars a souhaité aux festivaliers «12 jours plein d'enthousiasme et de dialogue, 12 jours pour découvrir des films qui vous feront réfléchir à la condition humaine aujourd'hui».

Le président du jury, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, a souhaité que les 19 films en compétition le nourrissent et l'inspirent. La Palme, cette année sertie de dizaines de diamants, sera décernée le 28 mai.

«Je promets d'être subjectif, passionné et souple», a-t-il déclaré, avant que les autres membres du jury montent à leur tour sur scène. Parmi eux, l'acteur américain Will Smith, l'actrice chinoise Fan Bingbing, le réalisateur italien Paolo Sorrentino et la réalisatrice et actrice française Agnès Jaoui.

«L'homme qui aime les femmes»

«L'identité du cinéma n'a ni sexe, ni drapeau, ni frontière», a déclaré la maîtresse de cérémonie, Monica Bellucci, vêtue d'une longue robe marine avec des jeux de transparence.

Elle a rendu un hommage appuyé à Almodovar, «l'homme qui aime les femmes», en embrassant fougueusement dans un sketch l'humoriste français Alex Lutz sur la musique de Talons aiguilles.

Des extraits des films en compétition ont été montrés au public, de l'Autrichien Michael Haneke aux benjamins américains, les frères Safdie, en passant par le Français Robin Campillo.

La soirée a débuté avec la projection des Fantômes d'Ismaël du Français Arnaud Desplechin, un habitué de la Croisette.

Son film aborde les tourments amoureux d'un réalisateur confronté au retour d'une femme aimée et disparue vingt ans plus tôt. Aux côtés de son acteur fétiche Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg apparaissent pour la première fois ensemble à l'écran.

Après le lancement du marathon cinématographique, quelque 800 invités participeront au dîner officiel à l'hôtel Martinez, à l'autre bout de la Croisette.

«Jamais nous n'avons invité autant de stars internationales», notamment pour une soirée exceptionnelle mardi qui sera le point culminant de cette 70e édition du festival, s'est félicité son président Pierre Lescure.

Un grand dîner de gala réunissant des personnalités ayant marqué l'histoire du festival, dont de nombreux «palmés», est annoncé. Leurs noms sont pour l'instant tenus secrets, mais le délégué général Thierry Frémaux a promis une «belle montée des marches».

Défense du grand écran

La première journée du grand rendez-vous mondial du cinéma a vu la polémique sur Netflix rebondir. Pedro Almodovar, 67 ans, a estimé que la Palme d'or devrait sortir en salles, mettant la pression sur Netflix. «Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix décerné à un film ne puisse pas être vu en salles», a-t-il affirmé.

La plateforme américaine aux 100 millions d'abonnés ne prévoit pas de sortir dans les salles françaises Okja du Sud-Coréen Bong-Joon-ho et The Meyerowitz Stories de l'Américain Noah Baumbach.

L'annonce de la présence de Netflix dans la compétition cannoise avait bousculé le milieu du septième art, surtout en France, ce nouvel arrivant étant en concurrence avec les salles de cinéma.

Sous la pression, les organisateurs du festival ont modifié leur règlement, imposant à partir de 2018 que tout film en compétition s'engage à sortir en salles.

Représentant des États-Unis, l'un des jurés, Will Smith, a exprimé une position plus nuancée. «Chez moi, Netflix est utile car (les gens) peuvent voir des films qu'ils n'auraient pas pu voir autrement», a-t-il plaidé, sans préciser que son prochain film Bright est produit par le géant américain.




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