Shield of Straw, un film d'action japonais en compétition à Cannes

«Au Japon, on a perdu beaucoup de traditions... (Photo Alberto Pizzoli, AFP)

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«Au Japon, on a perdu beaucoup de traditions dont celle de faire ce type de films», a expliqué le réalisateur japonais Takashi Miike (sur la photo: entouré des deux acteurs du film).

Photo Alberto Pizzoli, AFP

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Agence France-Presse
Cannes

Avec Shield of straw (Bouclier de paille), la compétition s'offre lundi un film d'action comme Hollywood pourrait en produire, mais ici réalisé par le réalisateur Takashi Miike qui dit avoir voulu remettre au goût du jour un genre délaissé au Japon.

Cinéaste controversé pour avoir signé des films ultra-violents, Miike a réussi à diviser la critique comme jamais depuis le début de la compétition.

Son nouvel opus a certes été applaudi à l'issue de la projection de presse, mais il est devenu aussi celui qui a été le plus sifflé.

Pourtant, le film n'oublie aucun des codes du genre: images à grand spectacle, héros changeant en permanence de moyens de locomotion, tueur cynique, policiers corrompus, et bande son efficace.

Tirée d'un roman, l'histoire est celle d'un petit groupe de policiers qui doivent escorter jusqu'à Tokyo un dangereux tueur de petites filles dont la tête a été mise à prix un milliard de yens par le grand père richissime de la dernière victime.

Du coup, l'équipe se retrouve face à quelque 125 millions de Japonais qui ont tous envie de tuer le monstre.

«C'est vrai que le tournage a été assez compliqué parce qu'au Japon, on a perdu beaucoup de traditions dont celle de faire ce type de films», a expliqué Takashi Miike devant la presse, accusant non pas le public mais l'industrie.

«Les professionnels disent que ce n'est pas possible dans le cinéma japonais de réaliser ce type de scène (d'action), donc nous avons arrêté d'en faire», constate le réalisateur qui a voulu «se lancer un défi» avec le film.

Ainsi les scènes dans le Shinkansen, le TGV japonais, ont été tournées à Taïwan, car «nous n'étions pas capables de le faire au Japon», a-t-il regretté.

Au fur et à mesure des kilomètres parcourus, d'attaques déjouées et de pertes dans les rangs du groupe, la question de la nécessité ou pas de mener à bien la mission au regard de la personnalité épouvantable du tueur devient centrale.

Le Japon n'a plus remporté de Palme d'or depuis 1997 avec L'anguille de Shohei Imamura. Ce dernier avait déjà remporté la Palme d'or en 1983 avec La ballade de Narayama.

Takashi Miike serait «ravi» si on la lui donnait «bien sûr». «Mais je suis déjà content de savoir qu'un film un peu différent, d'un autre genre soit en compétition. Et si les spectateurs ressentent du plaisir à le voir, je serai très content».




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