Maryland: la guerre dans la tête ***1/2

La PresseMarc-André Lussier 3/5

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Précisons d'entrée de jeu une petite chose: le titre de ce film français n'a rien à voir avec l'État ayant pour métropole une ville rendue célèbre par le cinéma de John Waters. Dans ce cas-ci, Maryland est plutôt le nom que porte une villa habitée par un richissime trafiquant d'armes et sa femme Jessie (Diane Kruger).

Ce dernier personnage est d'ailleurs au coeur de l'intrigue de ce deuxième long métrage d'Alice Winocour (Augustine). Sans être trop au fait des activités «professionnelles» de son conjoint, Jessie se retrouve emportée en pleine tourmente avec son jeune fils.

La réalisatrice, qui a aussi fait sa marque à titre de scénariste (elle a notamment cosigné le scénario du fameux Mustang de Deniz Gamze Ergüven), sait d'emblée installer un climat de tension sourde. Auquel s'ajoutera aussi un élément plus intime, sans que jamais cet aspect du récit ne soit trop appuyé.

Jessie est en effet amenée à faire la connaissance de Vincent (Matthias Schoenaerts) alors que ce dernier, militaire de retour d'une mission en Afghanistan, fait partie d'une équipe chargée d'assurer la sécurité de la villa à la faveur d'une grande réception. Souffrant d'un syndrome post-traumatique, l'homme est quand même en mesure de s'acquitter adéquatement de sa tâche, jusqu'au moment où la situation se corse. Cela dit, le spectateur doit parfois éviter de se poser certaines questions pour entrer pleinement dans le jeu. Comment un être visiblement fragilisé psychologiquement a-t-il pu être choisi pour assurer personnellement la sécurité de Jessie et de son fils pendant l'absence du mari, mystérieusement appelé à l'étranger?

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Deux excellents acteurs

Car après un bon moment à explorer les méandres psychologiques de la situation, la réalisatrice fait évidemment entrer la guerre au domaine. Après une poursuite en voiture dont on ne sait si elle relève de la paranoïa du militaire ou de la véritable menace, il appert que des tueurs - des vrais - rôdent autour de la maison.

Au-delà de la simple intrigue de thriller, fort bien exécutée soit dit en passant, la réalisatrice s'immisce aussi dans la nature plus ambiguë d'une relation qui pourrait peut-être naître entre cette «femme trophée» malheureuse et son protecteur. 

Point question ici de bluette sentimentale. Cela dit, le dénouement de l'intrigue jure quand même un peu avec le reste.

Matthias Schoenaerts (Bullhead, De rouille et d'os) ajoute une pierre de plus à la construction d'une filmographie du tonnerre. Il propose là une composition formidable, empreinte de subtilité, où la vulnérabilité du militaire blessé est opposée à une force brute instinctive. Face à lui, Diane Kruger défend aussi très bien un rôle qui, en vérité, se révélait sans doute moins riche sur papier. En plus de ces deux excellentes performances, on retiendra de Maryland le style d'une cinéaste dont on suivra assurément le parcours avec intérêt.

* * * 1/2

DRAME. Maryland. D'Alice Winocour. Avec Matthias Schoenaerts, Diane Kruger et Paul Hamy. 1h38.

> Consultez l'horaire du film

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