Annick Lefebvre déroule ses Barbelés à Paris

Marie-Eve Milot est seule sur scène dans Les barbelés... (Photo fournie par le Théâtre national de la colline à Paris)

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Marie-Eve Milot est seule sur scène dans Les barbelés d'Annick Lefebvre.

Photo fournie par le Théâtre national de la colline à Paris

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(Bruxelles) Les portes de l'Europe s'ouvrent à la dramaturge québécoise. Et Wajdi Mouawad y est peut-être pour quelque chose...

Annick Lefebvre nous attend dans un café, rue de Flandre, à Bruxelles. Elle porte une petite chemise à motifs et boit une limonade.

Elle est plutôt discrète, on ne l'a pas remarquée en arrivant.

Et pourtant, ce qu'elle vit est remarquable.

À 37 ans, la dramaturge québécoise est en train de se faire un nom en Europe, où elle présente actuellement non pas une, mais deux pièces de théâtre. La première, produite à Bruxelles, est une adaptation pour la Belgique de J'accuse!, le brûlot qui l'a révélée il y a deux ans au Québec. La seconde est une nouvelle création, Les barbelés, écrite à la demande de Wajdi Mouawad pour le Théâtre de la Colline, à Paris.

Ce n'est pas la première fois qu'Annick Lefebvre crée une pièce de l'autre côté de la flaque. En 2015, elle avait monté La machine à révolte, une oeuvre pour ados, dans un centre culturel en Normandie.

Mais cette fois, «ça n'a pas le même impact sur [sa] carrière», dit-elle.

Des critiques élogieuses

Il faut savoir que le Théâtre de la Colline est l'un des six théâtres nationaux de France. Et que cette institution, spécialisée en théâtre contemporain, attire un public plus qu'averti. Les barbelés n'est présentée que dans la plus petite de ses deux salles, mais le simple fait d'y être programmé équivaut à une percée importante.

L'exploit est d'autant plus notable que les critiques sont plutôt élogieuses, même si ce long «seul en scène», interprété par Marie-Eve Milot et mis en scène par Alexia Bürger, est écrit en «full» québécois.

Annick Lefebvre, qui présente actuellement deux pièces de... (Photo Jean-Christophe Laurence, collaboration spéciale) - image 2.0

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Annick Lefebvre, qui présente actuellement deux pièces de théâtre en Europe, a « des projets jusqu'en 2021 ».

Photo Jean-Christophe Laurence, collaboration spéciale

Le magazine Marianne a notamment parlé d'une oeuvre «impressionnante de force et d'émotion», tandis que des blogues spécialisés comme Théâtrorama et Scèneweb ont évoqué la «plume ravageuse» de Lefebvre et le choc d'une «pièce coup-de-poing... percutante».

Même son de cloche chez les spectateurs, si l'on en juge par les commentaires enthousiastes récoltés sur le trottoir après la pièce. «La meilleure qu'on a vue de l'automne», diront entre autres Corinne et Jean-Pierre Ducos, deux abonnés du Théâtre de la Colline, en se disant «soufflés» par la performance de Marie-Eve Milot.

Dans ce lot de commentaires positifs, les rares notes discordantes («assommant et pauvre» pour le blogue Profession spectacle, «rien de nouveau sous le soleil», selon Froggy's Delight) ne semblent pas affecter Annick Lefebvre. On n'aime pas? Tant mieux!

«J'ai envie de provoquer des réactions franches. Alors si j'ai de mauvaises critiques, ça me fait plaisir quand même. Je préfère qu'on déteste plutôt qu'on soit mi-figue, mi-raisin.»

Quand Wajdi appelle...

Pour la petite histoire, Les barbelés est le fruit d'une commande de Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre de la Colline depuis avril 2016.

Les deux auteurs s'étaient rencontrés à Montréal en 2003, lorsque Annick Lefebvre était stagiaire sur la production d'Incendies. Mais leurs rapports, dit-elle, en sont à peu près restés là.

D'où son étonnement lorsque Mouawad l'a contactée, en septembre 2016, pour lui demander une création dans les 12 mois. 

Encore aujourd'hui, Annick ignore ce qui a pu pousser l'ancien directeur du Théâtre de Quat'Sous à la solliciter et à lui donner carte blanche. «Grand mystère!» 

Mais elle admet que ce «sceau d'approbation» ne pourra pas lui nuire. Son nom circule désormais en France. Des programmateurs l'ont même pressentie pour leurs prochains festivals, dont le «off» d'Avignon.

Et après? Après, ça continue.

Annick Lefebvre dit avoir «des projets jusqu'en 2021». Parmi ceux-ci, une adaptation française de J'accuse!, dont la version belge était lancée mardi soir au Rideau de Bruxelles. Et une présentation des Barbelés à Montréal, du 4 au 26 septembre 2018 au Théâtre de Quat'Sous.

Impatiente? Dans l'appréhension, plutôt. «En Europe, c'est un public que je ne connais pas. Au Québec, le stress va être plus étrange. On va être en première chez nous, mais on aura déjà un background de succès français.»

«Je ne sais pas à quoi m'attendre. D'un coup que le public m'attend avec une brique et un fanal?»




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