Un pops avec... Lynda Johnson

Lynda Johnson s'apprête à monter sur les planches dans... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

Agrandir

Lynda Johnson s'apprête à monter sur les planches dans une pièce de Georges Feydeau.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Toutes les semaines, La Presse discute avec un artisan d'une pièce de théâtre d'été. Aujourd'hui, conversation avec Lynda Johnson sur un banc public au parc La Fontaine, alors que la populaire comédienne s'apprête à monter sur les planches dans un Feydeau. Une première!

Après Thérèse et Pierrette à l'école des Saint-Anges de Michel Tremblay, vous renouez avec les Productions Jean-Bernard Hébert pour jouer dans une pièce de Georges Feydeau, Chat en poche, au Théâtre de Rougemont. Une pure comédie. Vous êtes dans votre zone de confort?

Oui, bien que ce soit la première fois que je joue du Feydeau, un auteur que j'adore. C'est toute une mécanique comique. Et, comme pour l'horlogerie, si l'on tente de retirer le moindre morceau, ça ne fonctionne plus. Feydeau demande énormément de travail pour que tout ça semble léger et facile sur scène.

Quel est l'argument?

Dans cette pièce, on n'est pas dans le «claquage» de portes ou pris avec l'éternel triangle amoureux. Feydeau a peint un univers absurde et rempli de quiproquos. Ça raconte l'histoire de Pacarel (Vincent Bilodeau), un bourgeois parisien qui, après avoir fait fortune dans le sucre, décide de se lancer dans l'opéra pour faire plaisir à sa fille. Lorsqu'un jeune homme (Samuël Côté) débarque inopinément chez lui, Pacarel croit que c'est le ténor de l'opéra de Bordeaux qu'il veut engager pour le spectacle. Or, c'est plutôt le fils d'un vieil ami bordelais venu faire ses études de droit à Paris.

Ce malentendu persiste tout au long de la pièce. Feydeau se moque de l'inculture de Pacarel, une sorte d'imbécile heureux avec beaucoup d'argent. Intemporel, comme personnage...

En effet, Pacarel a fait de l'argent avec le sucre et maintenant, il se lance dans l'opéra avec la même détermination, sans rien y connaître. Il est incapable de juger de la qualité de la voix du chanteur qu'il veut mettre sous contrat. Il dira: «Je l'ai entendu tousser, il doit avoir une bonne voix!» (rires)

Depuis votre sortie de l'École nationale de théâtre, en 1994, vous avez fait beaucoup de télévision: 4 et demi..., Rumeurs, L'Auberge... O', et plus récemment la websérie Polyvalente, avec Pierre Brassard et Claude Bégin. Vous passez donc toujours vos étés à travailler?

Je me fais un devoir de prendre une pause entre les tournages pour passer des vacances en famille chaque été. Sauf cette année, parce que je joue au théâtre jusqu'à la fin du mois d'août. Par contre, nous avons loué un chalet en Estrie. Je vais donc faire la route Rougemont-Orford tout l'été.

Dans une récente entrevue, la comédienne Louise Bombardier a dénoncé l'âgisme dans le milieu de la fiction en télévision. Elle dit, entre autres, que les (très rares) rôles pour les actrices de 50 ans et plus sont extrêmement stéréotypés... Ça vous préoccupe aussi?

Bien sûr. Je comprends sa sortie et je partage ses inquiétudes. Tant mieux si ce débat peut insister des auteurs à créer de beaux rôles pour les actrices plus vieilles. Mais ce phénomène existe depuis toujours. Il y a toujours plus de rôles pour les trentenaires. J'en ai moi-même profité au début de ma carrière. Si le téléphone sonne moins et que les offres se font plus rares, je préfère rester philosophe par rapport à cette réalité, et me demander comment je peux me réinventer en vieillissant pour continuer à vivre de ce métier.

C'est un phénomène de société plus large que le milieu des acteurs...

Oui, ça touche tout le monde et tous les métiers. J'ai des amis qui travaillent dans d'autres domaines et qui se sont fait tasser pour des plus jeunes. On est tous sur un siège éjectable. Pourtant, 50 ans aujourd'hui, ce n'est pas pareil qu'à l'époque de nos grands-parents. On vit plus vieux. On fait des virages de carrière à 50 ans. On voyage davantage...

Mais dans les autres métiers, on ne voit pas son visage vieillir en gros plan sur un écran...

Ça fait partie de la vie, les rides, les lignes, les pattes d'oie. Je suis peureuse. Ce qui explique le fait que je n'ai jamais eu envie d'aller me coucher sur une table pour avoir une intervention chirurgicale. Je ne dis pas que je ne le ferai jamais... Or, si un jour je me fais refaire le visage, quel message enverrais-je à mes filles? Plus jeune, je n'ai pas eu ce modèle-là. Ma mère a 90 ans aujourd'hui et je ne l'ai jamais entendue se plaindre de vieillir. Elle a l'énergie d'une Denise Filiatrault! Moi, je trouve ça beau, une femme qui prend de l'âge. Et un homme aussi. Je les trouve belles, les pattes d'oie de Claude Legault ou les rides de Roy Dupuis. Si on voit travailler des actrices comme Guylaine Tremblay, Élise Guilbault et Micheline Lanctôt, ce n'est pas parce qu'elles ont des visages lisses...

_________________________________________________________________________________

Chat en poche de Georges Feydeau, mise en scène de Daniel Paquette, au Théâtre de Rougemont, du 29 juin au 26 août




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer