Les visages de la rentrée: Jérémie Niel

« Si les hommes étaient parfaits comme les dieux,... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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« Si les hommes étaient parfaits comme les dieux, je crois qu'il n'y aurait pas d'art. À mon avis, c'est dans les blessures, les cicatrices, que la création prend naissance, trouve son jus », pense Jérémie Niel, qui danse ici avec Karina Champoux.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

En entrevue, Jérémie Niel a du mal à parler de lui... mais pas de son travail. Établi au Québec depuis 20 ans, cet ex-Parisien formé en mise en scène au Conservatoire d'art dramatique de Montréal dirige la compagnie Petrus depuis 2005.

Niel a aussi une formation en gestion des arts de HEC Montréal, de sorte qu'il partage son temps entre la création et l'administration : il a été programmateur et administrateur, entre autres au Théâtre La Chapelle et pour la troupe circassienne Les 7 doigts de la main. Il est actuellement coordonnateur de production à la Compagnie Marie Chouinard.

En mars prochain, il signera sa 10création avec Petrus, Elle respire encore. « Elle », pour la masse, la ville, la collectivité, la société... Et « respire » parce que la société tient encore debout, malgré la destruction et la folie de l'activité humaine.

L'oeuvre a pour prémisse l'opposition entre le corps social et le citoyen, la place de l'individu dans un ensemble social. « Le spectateur sera le témoin d'une foule qui s'agite, avec 15 protagonistes qui se retrouvent dans un huis clos et qui, malgré leurs différences, respirent tous ensemble », explique Niel.

LA GENÈSE DE L'ART

« Ce qui m'intéresse depuis toujours, c'est la complexité des humains, dit Niel. Comme artiste, j'aime les hommes dans leurs failles, leurs imperfections. Si les hommes étaient parfaits comme les dieux, je crois qu'il n'y aurait pas d'art. À mon avis, c'est dans les blessures, les cicatrices, que la création prend naissance, trouve son jus. »

Pour sa prochaine création, il collabore avec deux « conseillers artistiques » - Frédérick Gravel et Catherine Gaudet - et dirige une distribution polyvalente formée de danseurs et aussi d'interprètes de théâtre et de « performeurs » transdisciplinaires.

De là à dire que Niel est passé du côté de la danse, il y a un pas qu'il ne franchit pas.

« J'aborde la chorégraphie en toute modestie. Je viens du théâtre. Je pense aux oeuvres sous l'angle du metteur en scène. Je donne des indications assez concrètes aux interprètes. Ensuite, ils peuvent bien aller vers l'abstraction. »

- Jérémie Niel

Le créateur a déjà affirmé avoir « un rapport conflictuel, une relation trouble » avec le théâtre. « Je trouve que le théâtre devient intéressant quand on le bouscule et le malmène un peu. À mes yeux, pour s'enrichir, le théâtre doit se nourrir des autres disciplines. »

En répétitions, la façon de travailler des danseurs et des acteurs est très différente : « L'acteur est souvent dans la réflexion, tandis que le danseur est dans l'action, résume-t-il. Pour savoir si une idée est bonne, un danseur va tout de suite plonger afin de la tester, alors qu'en général, l'acteur a besoin de bien comprendre l'idée du metteur en scène avant de se lancer. »

En deux mots, Jérémie Niel est un cartésien émotif. Il se lance dans chaque création pour mieux analyser ses contemporains. Dans toute leur complexité et leur simplicité.

La pièce Elle respire encore, coproduite par la compagnie Petrus et Danse-Cité, est présentée l'Agora de la danse du 14 au 17 mars.




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