Le conflit entre Michel Legrand et Jean Beaulne s'envenime

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Le compositeur français Michel Legrand accuse l'ex-Baronet Jean Beaulne (notre photo) de ne pas respecter un jugement de la Cour supérieure du Québec qui lui interdit de diffuser son documentaire.

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Le ton monte entre Michel Legrand et l'ex-Baronet Jean Beaulne, impliqués dans un feuilleton judiciaire les opposant. Le compositeur français accuse M. Beaulne de faire fi d'un jugement rendu en avril dernier par la Cour supérieure du Québec, qui lui interdit de diffuser un documentaire qu'il a réalisé sur sa vie.

En 2006, les deux hommes avaient convenu de produire un film retraçant les grands moments de la vie de Michel Legrand. Une fois ce film terminé, des procédures judiciaires ont été entamées par Legrand et ses éditeurs, sommant le Québécois de cesser de diffuser son documentaire puisqu'on estimait qu'il n'avait pas respecté certaines obligations prévues au contrat.

Depuis, plusieurs autres poursuites se sont ajoutées au dossier. Jean Beaulne et sa société ArtPlus ont poursuivi en retour Michel Legrand, ses éditeurs, ses producteurs et son agent, Philippe Guiboust.

Après 17 jours de procès, un jugement a été rendu en avril et il donne tort à Beaulne dans deux des trois dossiers étudiés par la Cour. En attendant la suite des procédures et un jugement final, prévu en 2016, le juge a demandé à l'ex-Baronet de ne plus diffuser son documentaire.

Or, selon le clan Legrand, cette ordonnance n'a pas été respectée.

Une diffusion de trop

À la mi-juillet à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, Jean Beaulne, 73 ans, a présenté son film à Nathalie Petrowski dans le cadre d'un reportage.

«Je n'aurais jamais pensé qu'une vedette internationale comme [Michel Legrand] aurait à ce point pas de classe. À cause de ce vieux sacrement, j'ai perdu cinq belles années de ma vie. Je suis pris dans une trappe à souris. Je ne veux pas monter en haut du pont Jacques-Cartier ni me garrocher en bas de la Place Ville Marie, mais je ne sais plus quoi faire», lui avait-il confié.

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Le compositeur Michel Legrand

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À la suite de la publication de l'article, Michel Legrand, piqué au vif, a envoyé une lettre à La Presse.

«[Lors de la réalisation du documentaire], Jean Beaulne n'a jamais souhaité favoriser la collégialité entre le réalisateur, le monteur et moi-même, allant jusqu'à leur interdire de communiquer avec moi. [...] [Il a de plus refusé] de me donner accès au matériel et de me permettre d'exercer mon droit de consultation et d'approbation prévu au contrat», a écrit le compositeur français.

«[Une] première version du documentaire a été diffusée à mon insu aux États-Unis. Voilà ce qui est à l'origine de nos problèmes. [Jean Beaulne] n'a aucunement respecté son engagement et l'a de nouveau diffusé à plusieurs reprises, violant du coup mes droits d'auteur, ceux de mes éditeurs et des tiers, ainsi que le jugement [...]», a poursuivi M. Legrand.

L'agent de Legrand exaspéré

Philippe Guiboust, l'agent de Michel Legrand, se dit exaspéré. «À mon avis, [ce dossier] ne sera jamais fini. On a affaire à un homme qui n'a rien à perdre. Il n'a rien à perdre! [...] Je pense que c'est quelqu'un qui a un gros problème dans la tête», a-t-il affirmé en entrevue avec La Presse.

«Un de nos avocats a reçu des menaces chez lui à 2h du matin, au téléphone, poursuit-il. Les dernières années où Michel Legrand se produisait à Montréal, on était obligés de mettre de la sécurité à l'entrée de la Place des Arts, pour l'empêcher de rentrer.»

Jean Beaulne rejette ces allégations du revers de la main. «Tout ce qu'ils inventent et peuvent faire... La seule façon de connaître la vérité dans toute cette histoire, c'est de regarder le film que j'ai montré [à Nathalie Petrowski]», a-t-il dit.

L'ex-Baronet reconnaît-il qu'il contrevient à un ordre de la Cour en montrant son film à des journalistes?

«Regarde... Moi, je ne suis pas d'accord avec ce jugement-là. D'ailleurs, on va aller en appel. [...] Il [Michel Legrand] vaut 300 millions et ils [les anciens membres de son équipe de production] embarquent tous avec lui parce qu'il est riche. Moi, je suis le gars le plus sous-estimé au Québec en tant que producteur», a déclaré M. Beaulne.

«Toutes les injustices que j'ai vécues, je ne les accepterai jamais. Over my dead body. Moi, j'ai fait quelque chose qui est propre [Il parle ici de son documentaire], pour un gars que je considérais mon idole. [...] Je pensais que c'était un artiste qui avait du respect, qui était respectueux. Il n'est pas respectueux. C'est un dégueulasse», a poursuivi l'ex-Baronet.

M. Beaulne a aussi des mots durs envers Philippe Guiboust, l'agent de Michel Legrand.

«Il a contacté tous les membres de mon équipe pour les tourner contre moi. [...] Il a même contacté mon ancienne copine pour la revirer contre moi. Il a contacté mon ancienne assistante pour la revirer contre moi. Il a appelé tout le monde. [...] C'est une gang d'escrocs», a-t-il affirmé.

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