L'opéra fantasmagorique de Denis Marleau

Dans L'autre hiver, un choeur de 28 mannequins... (Photo: fournie par la production)

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Dans L'autre hiver, un choeur de 28 mannequins (hommes, femmes, enfants), sur lesquels sont projetés les visages de chanteurs interprètes, accompagne les deux chanteuses sur scène (Lieselot De Wilde et Marion Tassou).

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(Mons, Belgique) Un opéra fantasmagorique? Depuis Les aveugles, de Maurice Maeterlink, les mises en scène de Denis Marleau explorent l'illusion et l'onirisme. Inspiré de la passion destructrice de Verlaine pour Rimbaud, L'autre hiver amène le spectateur dans un rêve poétique, où ce que l'on voit n'est pas toujours ce que l'on croit.

L'autre hiver s'ouvre sur un bateau. La nuit est froide, la mer est noire, des voix d'enfants résonnent. Un homme apparaît sur le pont, Paul Verlaine. Puis Arthur Rimbaud entre en scène. Entre eux les ressorts d'une relation amoureuse, hantée par des souvenirs d'enfance, et un revolver au dangereux érotisme, se rejouent.

Un choeur de 28 mannequins (hommes, femmes, enfants), sur lesquels sont projetés les visages de chanteurs interprètes, accompagne les deux chanteuses sur scène (Lieselot De Wilde et Marion Tassou). Ce choeur tour à tour témoin, malgré lui, du drame qui se noue, est aussi un fantôme surgi du passé.

«Depuis Les aveugles, je joue de façon illusoire sur la notion de présence, explique Denis Marleau. C'est lié à des dramaturgies qui mettent en scène le fantôme, le double, le spectral. Tout le théâtre est traversé par la représentation de l'impossible: on retrouve ça dans le théâtre russe par exemple. Cette dramaturgie du fantôme m'a toujours passionnée.»

Une création ambitieuse

Créé pour Mons, ville historique au cachet coquet de Belgique, choisie comme capitale européenne de la culture en 2015, L'autre hiver est une création ambitieuse sur le plan artistique. La musique composée par Dominique Pauwells est jouée sur scène par six musiciens. Denis Marleau et Stéphanie Jasmin ont assuré la mise en scène et la scénographie, et Normand Chaurette signe le livret riche en poésie.

«C'est vraiment un projet à quatre mains. Pour nous, c'était essentiel de ne pas faire une biographie. Nous voulions présenter un rêve sur scène. C'est d'ailleurs le sous-titre de cet autre hiver, qui puise dans toute sorte d'éléments de leurs vies», explique le metteur en scène.

À quelques heures de la première de L'autre hiver, l'amabilité de Denis Marleau ne laisse percevoir aucune angoisse. Et pourtant. «L'autre hiver est un grand déploiement, un défi technique. Cela nous a déplacés dans une nouvelle dimension, une nouvelle recherche», affirme Denis Marleau.

Le dispositif scénique requiert en effet une virtuosité technique certaine, mais L'autre hiver transporte bien son spectateur dans un rêve ludique, poétique, où les frontières du réel sont plus floues que jamais. Complexe dans sa conception, cet opéra s'adresse plus à l'émotion et à l'inconscient qu'au cérébral. «Il ne s'agit pas tant de comprendre que de ressentir ce rêve qui se joue entre ces deux personnages», dit Denis Marleau.

Avec L'autre hiver, Denis Marleau clôt un printemps européen. Le metteur en scène a en effet signé la mise en scène d'Innocence, de Dea Loher, à la Comédie française en mars dernier. Après Mons, L'autre hiver sera présenté à Lisbonne, Anvers, Montpellier, avant d'arriver, au terme d'une tournée européenne, au Centre National des Arts d'Ottawa et au Festival TransAmériques de Montréal, en 2016. Dès l'automne, Denis Marleau entrera en création à Montréal.

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