Antoine Corriveau: la sombre beauté des mots

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Antoine Corriveau a tenté la formule minimaliste pour son nouvel album, Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter, sur lequel on reconnaît des influences de Charlotte Gainsbourg et de Portishead.

Photo Alain Roberge, La Presse

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Antoine Corriveau a eu droit à un accueil critique fort enthousiaste pour son deuxième album, Les ombres longues, dont il avait financé la production grâce à une campagne de financement sur le web.

Son nouvel opus, Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter - un titre dont la beauté des mots fait pardonner la longueur -, sort dans un contexte autrement plus favorable. «C'est la première fois que tout le monde a pu être correctement payé», dit-il.

De son deuxième à son troisième album, Antoine Corriveau évolue en suivant le cours naturel de son inspiration. Pas de virage majeur ici, mais de nouvelles idées et envies et des chansons dont les enregistrements se transposeront mieux sur scène.

En mars 2014, il nous disait plutôt aimer l'idée d'arranger une chanson sans se préoccuper de sa prestation en concert. Or, cette approche a donné lieu à un spectacle «lourd qui coûtait cher» avec six musiciens.

«Ensuite, j'avais une formule à trois... et cela a aligné le processus de création du nouveau disque. Je me suis mis à tripper sur des bands minimalistes, comme Low.»

Minimaliste, mais pas tant que ça

Or, le «minimalisme» de son nouvel opus a davantage de conséquences sur papier qu'à l'oreille. «Autant le nouvel album sonne chargé à cause d'un ensemble à cordes de 12 musiciens avec des cuivres, autant cela demeure simple, explique Corriveau. Il y a moins de couches. Au final, les idées clés des tounes se font bien à quatre musiciens. On remplace les cordes par des claviers et cela marche bien en répétition.»

La référence est précise, mais, si vous aimez la reprise par Charlotte Gainsbourg du Chat du café des artistes de Ferland (réalisée par Beck), vous serez séduit par le nouvel album d'Antoine Corriveau.

Le chanteur opine. Ses musiciens et lui ont écouté l'album IRM de Charlotte Gainsbourg dans leur camion de tournée. Présentons-les, justement: le batteur Stéphane Bergeron (Karkwa), la douée des cordes Marianne Houle (Monogrenade) et la responsable des cuivres Rose Normandin. «Tout le monde est très investi, insiste Antoine Corriveau. C'est un album de collaboration.»

Autre référence: Portishead. «Pour le côté down-tempo, avec des boucles de back beat que nous avons enrichies, précise Antoine Corriveau. Le côté trip-hop sera plus évident [en concert].»

Antoine Corriveau a confié de nouveau la réalisation de ses chansons à Nicolas Grou. «C'est comme un frère. Je travaille avec lui depuis mon premier disque. Tout se fait chez lui, donc l'horloge ne compte pas. Nous avons travaillé plusieurs mois à temps plein... pour finir d'enregistrer à la mi-juillet. Il a pris l'album comme si c'était le sien et on se comprend sans se parler. Je ne peux même pas imaginer travailler avec quelqu'un d'autre.»

Cette chose qui cognait au creux de sa... (image fournie par Coyote Records) - image 2.0

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Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter, d'Antoine Corriveau

image fournie par Coyote Records

Impasse et nudité

Sur Constellations, Antoine Corriveau chante en duo avec Fanny Bloom - il voulait collaborer avec elle, alors qu'il ne la connaît pas.

À la fin de l'album, Musique pour la danse se démarque par son texte narré, ses cordes tourmentées et ses douces sonorités de saxophone.

«Je traînais le riff de guitare depuis longtemps, mais je n'étais pas capable de faire quelque chose avec, détaille Antoine Corriveau. Finalement, une chanson est née en studio. La veille, j'avais juste récité du texte dessus... Nous l'avons enregistrée très vite et le résultat est débile.»

Intenses, des textes comme ceux des chansons Deux animaux et Les trous à rats évoquent des thématiques comme l'amour passionné et le voyeurisme avec des sentiments exaltés et des images fortes d'impasse et de nudité. 

«Ce sont les deux chansons les plus personnelles. Je sens que les textes sont sans filtre. Mais en les écrivant, j'ai vu une bonne histoire au service de la chanson et du propos.»

Antoine Corriveau adore écrire, contrairement à plusieurs artistes pour qui c'est une étape parfois pénible. «C'est presque quotidien. J'ai toujours un bout de texte avec lequel je veux faire quelque chose.»

Autre nouvelle corde à son arc: la réalisation.

Antoine Corriveau a réalisé le premier album du batteur Mat Vezio, qui sortira en 2017. «J'ai deux autres projets à long terme et j'ai un projet de livre avec une illustratrice.»

Bref, le musicien est là pour rester. En musique et (ou) en mots.

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CHANSON ROCK. Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s'arrêter. Antoine Corriveau. Coyote Records.

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