Les hauts et les bas d'Éric Lapointe

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Le chanteur Éric Lapointe a confié à notre chroniqueur avoir hésité avant d'accepter le rôle de coach à La voix, craignant de «voir disparaître le personnage qu'[il avait] créé à travers les albums».

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Éric Lapointe est de retour pour une troisième saison parmi les coachs de La voix, la très populaire émission de TVA. Discussion sur les hauts et les bas de la vie de «bad boy».

Pour plusieurs des coachs, La voix a été une rampe de lancement populaire. Pas pour toi. Ça représente quoi, La voix, dans ta carrière?

J'ai eu certaines appréhensions avant d'accepter de devenir coach. J'avais peur, à travers La voix, d'être complètement démystifié. De voir disparaître le personnage que j'avais créé à travers les albums. Les gens m'ont quand même imaginé une personnalité à travers les chansons. En étant à La voix au quotidien, et en oubliant les «kodaks», il y a une démystification qui se fait automatiquement. J'avais un peu peur de ça. Mais je suis content de l'avoir fait parce que ça démontre que j'ai toujours été honnête, intègre et sincère. Je ne crois pas qu'il y ait un décalage entre la perception que les gens avaient de moi avant et celle qu'ils ont de moi depuis La voix.

Quel est le principal inconvénient de La voix pour toi?

Le principal inconvénient de La voix, c'est qu'il faut se lever de bonne heure le matin! Il y a beaucoup de longues journées de tournage. Beaucoup d'attente. C'est une grosse machine de télé. Un gros paquebot qui ne vire pas sur un 10 cennes. Mais c'est peu cher payé pour le plaisir que j'ai à le faire.

Tu parles de ton personnage. Est-ce qu'il te nuit comme coach? Plusieurs candidats hésitent à te choisir...

La première année, oui, assurément. Encore un peu aujourd'hui.

Pourquoi?

Les plus jeunes, les artistes qui sont plus champ gauche, hésitaient avant. J'étais tellement campé dans le personnage du rockeur qu'ils pensaient que c'était tout ce que je savais faire. C'est la troisième année. Les gens ont vu que ma palette était plus large que ça. J'aime la musique, point.

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Éric Lapointe a regagné son fauteuil rouge de La voix pour une troisième saison de suite. 

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Une de mes réserves face à La voix, c'est que je trouve les coachs trop gentils. Vous pourriez vous permettre de davantage livrer le fond de votre pensée...

Ça dépend! Moi, je suis un homme de peu de mots, et c'est vrai que je n'ai pas beaucoup de tact. Je n'ai pas de filtre. Surtout quand je suis en mode de création de numéros. On n'a pas vraiment beaucoup de temps pour les préparer avec les artistes. Je n'ai pas le temps de mettre des gants blancs. La première année, j'en ai fait pleurer trois. Je suis direct. Je suis là pour sortir le meilleur de ce qu'ils ont à donner. On leur a assez dit qu'ils étaient bons. Il faut que quelqu'un leur dise qu'ils ont certaines lacunes. Ce n'est pas pour rien que ce n'est pas encore leur métier.

Est-ce que La voix contribue à t'assagir? C'est bon pour ton hygiène de vie?

C'est sûr que c'est un long processus... (Rires) Ça se fait naturellement en vieillissant. Les enfants aident beaucoup. En période d'enregistrement de La voix, j'ai une meilleure hygiène de vie parce que je me tape trois, quatre mois complètement à jeun. Mettons qu'il faut refroidir le moteur! Après, je décolle en tournée les batteries pleines, je suis en feu et je repars avec ma gang de boys. On est 18 sur la route et on redevient des adolescents, même si on est tous des pères de famille. Dans mon équipe, j'ai 46 ans et je suis le bébé.

Tu as arrêté de brûler la chandelle par les deux bouts ?

Je ne dirais pas que je suis devenu mature, mais j'essaie. Je m'entraîne quatre, cinq fois par semaine. Je n'ai pas le choix si je veux suivre. À 25-28 ans, je ne dormais pas, j'étais debout depuis une demi-heure et j'étais déjà sur scène à me cracher le coeur pendant deux heures. Je ne serais plus capable de faire ça. Je ne suis pas rendu un ange pour autant. Tu sors le gars du bar, mais tu ne sors pas le bar du gars!

Cette image de «bad boy», que tu as nourrie, t'a-t-elle nui?

Elle m'a peut-être nui à certains égards. Mais à long terme, avoir joué la carte de l'honnêteté m'a plutôt servi. Surtout quand il m'est arrivé des bad lucks: les bagarres avec les motards, la prison. Le public me l'a pardonné parce qu'il s'attendait à ça. Il ne tombait pas des nues parce que je n'avais jamais rien caché. Je n'ai pas fait des annonces de lait pour passer la nuit dans un «after-hour» dans le dos du monde.

Les rumeurs sur ton style de vie ont-elles été exagérées?

Si je veux être bien honnête, et je ne te parle pas de mon hygiène de vie aujourd'hui, je suis pire que ce que le monde imagine.

As-tu eu peur d'y passer?

Tu veux dire physiquement, ou tu parles de ma carrière?

As-tu eu peur de mourir? Keith Richards est toujours debout, mais c'est un cas sur un million...

Oui, j'ai eu peur. L'alcool m'a mis K.-O. J'ai été un mois à l'hôpital, dans le coma pendant plusieurs semaines. Après, j'ai arrêté de boire pendant un an. Quand tu passes trois semaines en delirium tremens, tu t'en souviens après, de ta folie, et c'est épeurant. J'ai fait trois delirium tremens. Ça n'est pas une sinécure. Tu ne peux pas en faire sept dans ta vie parce que tu risques la psychose chaque fois. Tu lèves le pied de sur l'accélérateur un peu. C'est sûr que je suis un homme excessif de nature. C'est toujours blanc ou noir. Mais maintenant, j'ai deux enfants de 4 et 3 ans qui dépendent de moi. Je ne peux plus me permettre de me suicider comme ça à petit feu.

Je ne pouvais pas passer à côté de ce roman de gare inspiré de ta relation avec la mère de tes enfants (La femme qui aimait trop de Marc Fisher). Comment vis-tu avec le fait qu'un auteur puisse s'approprier une partie de ta vie pour vendre des livres?

Je n'ai jamais voulu commenter ce livre-là parce que c'est complètement de la connerie. Ce n'est pas la pire erreur de ma vie, parce qu'elle m'a donné deux beaux enfants. Mais c'est ma pire erreur de jugement. C'est une femme qui a vu des tapis rouges lui passer sous le nez et qui a voulu se rattraper en exploitant, en inventant même ou en surchargeant un personnage. Elle s'est défoulée en me faisant passer pour un méchant. Ce n'est pas moi du tout! Ce que je trouve dommage, c'est que mes enfants vont lire ça un jour. Elle raconte que je ne voulais pas d'eux. Je ne voulais pas lui donner de la publicité gratis parce qu'elle ne la mérite pas. Michel Brûlé a publié en même temps une biographie (Éric Lapointe de Jacques Lanctôt) qui est une chronologie d'archives. Je n'ai pas de problème avec ça. Mais quand je vais écrire ma propre biographie, elle n'aura même pas droit à un paragraphe.

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