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Télé-Québec a failli disparaître des ondes 

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Plusieurs membres du gouvernement étaient favorables à l'idée de faire migrer Télé-Québec sur le web, mais la société d'État restera finalement en ondes.

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(Québec) Des membres du gouvernement Couillard voulaient sa fermeture ou sa migration complète sur le web. Mais Télé-Québec ne disparaîtra finalement pas du petit écran, a appris La Presse. Elle n'échappera toutefois pas à la révision des programmes gouvernementaux.

L'idée de faire migrer rapidement la société d'État sur le web, donc de quitter les ondes, a été envisagée à Québec. Elle avait des partisans importants au sein du gouvernement, ont indiqué des sources bien au fait du dossier.

L'inquiétude était telle à Télé-Québec que la PDG Michèle Fortin a produit un document destiné à la Commission de révision permanente des programmes pour tenter d'éviter cette migration qui serait, selon elle, l'équivalent d'une fermeture.

Interpellée par La Presse hier, la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, a d'abord déclaré que le virage exclusivement web était à l'étude. Mais elle a sollicité un second entretien quelques heures plus tard pour affirmer que ce scénario est écarté. «La télé est là pour rester», a-t-elle dit sans détour, une assurance qu'elle n'affichait pas du tout plus tôt. «Le web, on va le développer. Mais ça ne sera pas seulement le web.»

Des semaines d'incertitude

Michèle Fortin se dit satisfaite de la sortie de la ministre après des semaines d'incertitude. «Je pense que c'est une bonne décision», a-t-elle affirmé. La migration complète sur le web «aurait été une décision grandement prématurée, et ça n'aurait pas été une décision économique. Ç'aurait été coûteux».

Télé-Québec passera par la révision des programmes car le gouvernement «retourne toutes les pierres», a indiqué Hélène David. Elle veut s'assurer que «l'argent est bien investi» et que la société d'État «remplit très bien son mandat». Elle a résumé la mission de Télé-Québec en deux mots: «éducation et culture». Elle a souligné l'importance du volet jeunesse. La «structure organisationnelle» et la «gouvernance» de la société d'État seront analysées, a-t-elle dit, sans autre précision.

La ministre a rappelé que le gouvernement a augmenté le budget de Télé-Québec cette année. Il est passé de 59,7 à près de 63 millions de dollars, selon le livre des crédits budgétaires 2014-2015.

Dans le document produit par Télé-Québec pour la commission Robillard, et dont La Presse a obtenu copie, la société d'État souligne que sa subvention de 2014 est «inférieure à celle de 1983 en dollars courants». Ses effectifs ont été réduits de près de 34% en 10 ans, c'est-à-dire 139 postes «équivalents temps complet».

Fermer Télé-Québec est «une tentation périodique et récurrente des gens à la recherche d'argent», peut-on y lire. «Cela témoigne d'une méconnaissance de l'étendue des activités de Télé-Québec sur le terrain» et «des obligations contractuelles de Télé-Québec avec ses employés, ses producteurs et ses fournisseurs de services». On y affirme que Télé-Québec «soutient 70 millions en production télévisuelle indépendante». La société d'État chiffre les coûts directs d'une fermeture à 168 millions. Les pertes économiques dans l'industrie de la production et des services seraient d'environ 150 millions. «Le rendement escompté ne peut dépasser 53 millions, et ce, seulement à partir de la quatrième année suivant l'annonce de la fermeture.»

Quant à la migration totale vers le web, «cela équivaut à fermer Télé-Québec». Réaliser des économies avec une telle opération est «une illusion, à moins de changer profondément la mission et la nature des productions avec des conséquences analogues à la fermeture et avec des coûts semblables». Télé-Québec ne serait alors pas accessible à une partie de la population, dont les gens à faible revenu. Et le «nouveau produit ne sera pas connu, sans moyens pour le propulser sur le Net déjà bien encombré de produits divers». «L'impact sur l'industrie, les artistes et les créateurs serait proportionnel à la réduction du volume de production», ajoute-t-on.

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