Ta-Nehisi Coates: la voix de sa génération

Ta-Nehisi Coates a l'une des voix les plus... (photo Gabriella Demczuk, archives The New York Times)

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Ta-Nehisi Coates a l'une des voix les plus puissantes de la littérature américaine des dernières années.

photo Gabriella Demczuk, archives The New York Times

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En l'espace de quelques années, l'écrivain Ta-Nehisi Coates s'est imposé comme une figure majeure de la littérature américaine. Ce fils d'un ex-membre des Black Panthers, originaire d'un quartier difficile de Baltimore, donne une voix aux aspirations et aux revendications de la communauté noire aux États-Unis. Polaroïd d'un auteur à la plume aiguisée et à la voix puissante.

Fils de Black Panther

Ta-Nehisi Coates est né à Baltimore en 1975 dans une famille non conventionnelle: son père a eu sept enfants avec quatre femmes différentes. L'écrivain raconte sa jeunesse et sa relation avec son père, un vétéran de la guerre du Viêtnam et ex-membre des Black Panthers, dans The Beautiful Struggle - A Father, Two Sons, and an Unlikely Road to Manhood, ouvrage publié en 2008 et qui l'a fait connaître aux États-Unis. Le livre vient de paraître en français sous le titre Le grand combat (en référence entre autres à la lutte des Noirs). Coates y écrit: «Mon père ne demandait rien d'autre: que le long combat nous éveille et que nous soyons présents, en pleine possession de nos moyens, en classe comme à la maison. Le combat imprégnait toutes ses relations avec moi. Il ne ratait pas une occasion de gâcher mes week-ends pour m'instruire, en fonction de sa marotte du moment.»

Grâce à une exemption de droits de scolarité accordée aux employés de l'Université Howard, à Washington, Coates, dont le père y était bibliothécaire, a pu fréquenter cette institution baptisée la «Harvard noire».

Élève de David Carr

Ta-Nehisi Coates a fait ses premiers pas en journalisme dans les pages du Washington City Paper sous le regard bienveillant de David Carr, qui devint plus tard le chroniqueur médias vedette du New York Times. «David Carr était mon ami, mon frère d'armes et mon professeur, a écrit Coates à la mort du chroniqueur, en 2015. Il était tout simplement la plus grande influence journalistique de ma vie et le meilleur professeur que j'aie jamais connu.» 

Ta-Nehisi Coates a ensuite écrit pour plusieurs publications, dont le Village Voice, Time, le New York Times (où il a été chroniqueur invité). Aujourd'hui, il est correspondant national au magazine The Atlantic, où il tient un blogue dans lequel il aborde les questions sociales, raciales et identitaires.

Il s'est fait remarquer en 2014 avec The Case for Reparations, un texte-fleuve de 17 pages - le plus long de l'histoire du magazine The Atlantic - présenté comme suit: retour sur «250 ans d'esclavage, 90 de ségrégationnisme, 60 de séparation et 35 ans de discriminations».

Le grand combat, de Ta-Nehisi Coates... (image fournie par Autrement) - image 2.0

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Le grand combat, de Ta-Nehisi Coates

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Lettre à son fils

C'est avec Between the World and Me (Une colère noire) que Ta-Nehisi Coates, qui s'adresse à son fils dans ce livre, s'est vraiment imposé comme figure incontournable de la littérature américaine. À sa sortie, Toni Morrison a déclaré que l'ouvrage comblait «le vide intellectuel» laissé par la disparition de James Baldwin, figure centrale du mouvement des droits civiques, décédé en 1987.

Salué par la critique, Between the World and Me a récolté plusieurs prix, dont le National Book Award 2015. Ta-Nehisi Coates a également reçu la «bourse des génies» de la fondation MacArthur, accompagnée d'une somme de plus de 600 000 $. Question de prendre un peu de recul à la suite de toute cette attention médiatique, l'écrivain est allé vivre un an à Paris avec sa femme et son fils. Depuis son retour aux États-Unis, Coates a prononcé plusieurs conférences sur les campus universitaires américains.

Mon président est noir

Au moins deux choses unissent Barack Obama et Ta-Nehisi Coates. La première: Between the World and Me figurait sur la liste des lectures de vacances de l'ancien président des États-Unis en 2015. La seconde: Ta-Nehisi Coates a signé un long papier très positif et admiratif sur les réalisations et l'héritage du président Obama dans le numéro de janvier du magazine The Atlantic. Cet article repose sur une douzaine d'heures d'entretiens réalisés avec le président à l'automne 2016. En plus du texte principal, on peut lire l'intégrale des entrevues sur le site du mensuel. La rencontre Coates-Obama a été tellement populaire que The Atlantic a imprimé 40 000 exemplaires supplémentaires du magazine.

Le succès

Aujourd'hui, tout le monde veut un morceau de Ta-Nehisi Coates, et l'agenda de l'écrivain le confirme. Un de ses récents tweets confirme qu'il travaille à la rédaction de son prochain roman. «O.K., je vais prendre l'année pour essayer d'écrire un livre, a-t-il tweeté le 2 janvier dernier. On se revoit en 2018...»

Il travaille en outre à l'écriture d'une série télé qui portera sur Martin Luther King et le mouvement des droits civiques aux États-Unis. Basée sur le livre America in the King Years, de Taylor Branch, la série doit être produite par Oprah Winfrey pour HBO. Coates doit également écrire le scénario d'une bande dessinée de la série Black Panther and The Crew pour Marvel. Enfin, à l'automne, Ta-Nehisi Coates sera écrivain en résidence à la New York University où il donnera également quelques cours.

Pour découvrir Ta-Nehisi Coates

Une colère noire: lettre à mon fils (2016, éditions Autrement)

Le grand combat (2017, éditions Autrement)




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