Stéphane Garneau: le cycle du père

Stéphane Garneau, fils du journaliste sportif Richard Garneau, a... (Photo André Pichette, La Presse)

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Stéphane Garneau, fils du journaliste sportif Richard Garneau, a travaillé à un documentaire télé, un documentaire radio et un livre d'entretiens avec des sportifs de haut niveau pour clore la carrière de son père, décédé en janvier 2013.

Photo André Pichette, La Presse

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Avec Récits sportifs, un livre d'entretiens qui s'intéresse à la performance et au dépassement de soi, Stéphane Garneau termine un cycle de trois ans qui l'a mené sur les traces de son père. Entretien avec un fils dévoué.

Stéphane Garneau vient de terminer un périple. Celui qui l'a mené sur le chemin professionnel emprunté par son père, le journaliste sportif Richard Garneau, disparu en janvier 2013 à l'âge de 82 ans. Trois années durant lesquelles le fils, lui-même animateur et communicateur, a travaillé à un documentaire télé, un documentaire radio et un livre d'entretiens avec des sportifs de haut niveau. 

«Mon objectif était simple, dit-il en entrevue: apporter une sorte de clôture à la carrière de ce grand homme qui rêvait de couvrir les Jeux olympiques de Sotchi et de Rio. Il est mort subitement à 82 ans. Il n'était pas malade, sa mort, on ne l'avait pas vue venir. Il avait encore des projets.»

Père absent, fils compréhensif

Ce «road trip filial» a commencé il y a trois ans avec un documentaire réalisé par Sophie Lambert qui nous a fait découvrir Richard Garneau à travers les yeux de son fils enfant: «Il y avait deux trames dans le film [10 secondes d'extase, diffusé sur RDI le printemps dernier], souligne Stéphane Garneau. La quête du fils et la richesse de la carrière de mon père. On a beaucoup insisté sur l'aspect "père absent", mais ce film n'était pas un procès, mon père était un homme de sa génération. Bien sûr, il n'était jamais là pour mon anniversaire, il était souvent en Europe, et en plus, il m'appelait toujours la mauvaise journée [rires]. Mais je suis en paix avec tout ça. J'avais une très belle relation avec lui. J'ai 53 ans, et moi aussi, je suis un adulte imparfait.»

Vers la fin de ce documentaire, on voit Stéphane Garneau assis dans la tribune de la presse au Stade olympique. « C'est le moment du tournage qui m'a le plus ému, confie-t-il. D'être assis là, de voir ce qu'il voyait en 1976, c'était une expérience immersive. On a tellement revu ces images... Je revoyais Greg Joy et Bruce Jenner, j'entendais la foule, c'était un point de vue à couper le souffle. »

Le journaliste sportif Richard Garneau en 1976... (Photo Archives La Presse) - image 2.0

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Le journaliste sportif Richard Garneau en 1976

Photo Archives La Presse

Le livre, un prolongement logique

Après le film, Stéphane Garneau a travaillé à une série radio de deux heures avec la réalisatrice Lynda Baril qui signe depuis des années des petits bijoux de documentaires à Radio-Canada (on peut réécouter Six décennies d'émerveillement sur Première Plus). «Comme tout est connecté dans la vie, j'ai eu l'idée du livre. Je me suis dit : ce qui a caractérisé la carrière de mon père, c'est sa passion pour la performance du sport et le dépassement de soi. Mon livre est donc un prolongement logique des deux documentaires.» 

«Je suis allé à la rencontre des athlètes pour trouver ce qui les drive. Je voulais isoler dans le temps le déclic dans la vie de ces gens ainsi que le moment où ils ont réalisé leur rêve. Ce n'est pas un ouvrage pour les initiés, c'est vraiment un livre grand public».

Stéphane Garneau a donc rencontré plusieurs athlètes de haut niveau ainsi que des observateurs, comme l'animateur Paul Houde et l'écrivain Paul Ohl. «Honnêtement, j'ai tout simplement choisi des gens à qui j'avais envie de parler», dit celui qui se verrait bien donner des conférences autour de ce livre.

Parmi les belles rencontres, Sylvie Fréchette, qui raconte le milieu défavorisé de son enfance et sa grande motivation à nager alors que la nage synchronisée n'était pas encore une discipline olympique. «À l'époque, on appelait ça de la nage ornementale, observe Stéphane Garneau. Mais elle tripait. La petite fille de Rosemont avait trouvé sa gang.»

L'animateur dit avoir aussi eu un coup de coeur pour Annie Pelletier. «Je ne la connaissais pas. Elle est très drôle et m'a fait beaucoup rire. Elle me raconte qu'elle voulait faire les Olympiques depuis l'âge de 2 ans, depuis qu'elle avait vu Greg Joy aux Jeux de Montréal.»

Parmi les surprises de l'intervieweur: Paul Houde, maniaque bien connu des chiffres et des statistiques, qui a plutôt commencé l'entretien en lui racontant sa passion pour l'alpinisme et son trek mémorable au K2. «J'ai découvert Paul Houde l'aventurier, un gars que je ne connaissais pas.»

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Récits sportifs – Différents visages du dépassement de soi

Image fournie par Flammarion

Prochaine étape

Après tout ce temps passé à fouiller dans les archives et à rencontrer des gens qui ont côtoyé son père, Stéphane Garneau avoue que l'exercice lui a permis de prendre la mesure de ce que Richard Garneau a été et, surtout, de la profonde affection que les gens avaient pour lui. «Il y a eu plusieurs moments d'émotion, beaucoup de gens ont pleuré», souffle-t-il.

Aujourd'hui, toutefois, la boucle est bouclée. «J'aime bien dire à la blague que je ne répondrai pas aux appels du pape. Il n'y aura pas de canonisation [rires]. Sérieusement, j'ai fait ma job, j'ai donné à mon père sa résolution professionnelle. Le dossier est terminé, qu'il repose en paix.»

Récits sportifs - Différents visages du dépassement de soi. Stéphane Garneau. Flammarion Québec. 192 pages. Sortie le 4 août.

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