La BD à l'heure du numérique

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Myriam Chaplain-Riou
Agence France-Presse
Angoulême

Bandes dessinées et magazines de BD numériques, blogues, édition participative: à l'heure du 40e Festival d'Angoulême, de jeudi à dimanche, le monde des bulles est en quête de nouveaux lecteurs, d'autres univers et modèles, mais la France fait encore figure de «e-parent» pauvre.

De plus en plus de stands d'acteurs numériques sont néanmoins accueillis à Angoulême où se tiennent aussi des rencontres sur ce thème.

Aujourd'hui, la diffusion du 9e Art sous forme numérique reste marginale mais les nouvelles technologies, la multiplication des plateformes, l'essor des tablettes et des smartphones laissent entrevoir un eldorado potentiel.

Un eldorado qui serait le bienvenu au moment où, crise économique et surproduction de titres obligent, les chiffres d'affaires stagnent.

La France reste encore à la traîne face à un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros pour la BD numérisée au Japon ou le manga sur smartphone, ou de 9 millions $ pour les comics aux États-Unis.

Il faut d'ailleurs distinguer la diffusion de BD numérisées et la création de BD ou de blogues, comme ceux de Pénélope Bagieu ou Morrow, destinés exclusivement ou en premier lieu aux écrans.

«Beaucoup d'auteurs français se sont fait connaître grâce à internet, mais certains de ceux qui publient sur leur blogue s'en servent de marchepied vers l'édition papier», relève Benoît Mouchart, dont c'est le dernier festival comme directeur artistique.

L'offre numérique légale se retrouve sur les plateformes d'achat mondiales (Amazon, Google Play, Apple Store), la grande distribution culturelle, quelques librairies et des magasins en ligne comme e.pagine.fr, mais surtout des diffuseurs spécialisés.

Édition participative

La plateforme Izneo regroupe ainsi de grandes maisons d'édition de BD avec un catalogue de quelque 3000 titres. Ave!comics a vu sa maison mère Aquafadas rachetée en octobre par le Canadien Kobo. De son côté, l'application bdBuzz permet de télécharger plus de 3200 titres.

Quant à Numilog, principal diffuseur français de livres numériques, il vient de se lancer dans l'e-BD, avec près de 1000 albums des éditions Glénat, Delcourt, Soleil, Mad Fabrik, Pika, Foolstrip, Alter Comics ou encore Tabou à lire sur PC et applications mobiles.

Venu d'Outre-Atlantique, l'Américain comiXology offre pour l'instant la plus large sélection de BD et comics en langue anglaise et lorgne l'Europe. Il va installer un bureau européen à Paris.

De grands éditeurs de BD proposent également leurs albums en version numérique, à l'instar de Delcourt ou Casterman.

Reste à trouver des modèles économiques viables. Ce peut-être le téléchargement de contenus payants, la location, l'abonnement, une offre gratuite financée par la publicité ou le «crowfunding» (édition participative) sur le modèle de My Major Company.

Les éditions Sandawe, lancées en 2009, ont elles franchi en décembre le cap des 500 000 euros financés, «confirmant la réussite de leur modèle d'édition participative avec, de plus, un nouveau site, l'arrivée de grands noms de la BD et l'ouverture de son catalogue à l'érotisme», souligne l'éditeur. Les internautes sont associés au lancement d'albums papier et numériques.

L'une des tendances actuelles est aussi la création de magazines numériques de BD comme le tout nouveau Professeur Cyclope, mensuel de création de bandes dessinée et de fictions numériques, en partenariat avec Arte Editions. Le magazine est dévoilé à Angoulême en même temps que d'autres projets d'Arte dont l'édition numérique de Je vous ai compris ou Tout va bien de Mana Neyestani, l'auteur de Métamorphose iranienne.

Le premier iMag de fiction numérique Uropa + 2032, coproduit par Casterman et Plus Mieux, figure aussi au menu du festival.

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