La carte intérieure de Kim Thúy

Aperçu de Gokoyama, au Japon.... (PHOTO FOURNIE PAR WIKIPEDIA)

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Aperçu de Gokoyama, au Japon.

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Josée Lapointe

«Si tu fais un pas, tu reviens avec un panier de connaissance», dit un dicton vietnamien. Vi est aussi une histoire de voyage et d'errance, et à la fin du roman figure une carte abstraite incluant tous les lieux où le personnage est passé, de Londres à Hanoï en passant par Limoilou. Nous avons demandé à Kim Thuy de faire le même exercice avec cinq endroits qui ont un peu changé sa façon de voir la vie.

Gokoyama, Japon

«C'est un lieu complètement isolé du reste du pays, qui a résisté à tous les changements et qui est devenu Patrimoine mondial de l'Unesco. On a fait 10 heures de route pour s'y rendre... et voir trois maisons! Même si j'avais maudit mon mari d'avoir choisi cette destination, je me suis rendu compte que c'est le moment de ce voyage que je chéris le plus maintenant. C'est là que j'ai appris l'invisibilité et le silence. On ne sait pas tout de suite l'impact qu'ont les choses quand on les vit.»

Newquay, Angleterre

«C'est mon mari qui a insisté pour aller dans cette petite ville de la côte Atlantique. J'avais résisté, mais finalement j'ai tellement aimé ça que je ne voulais plus partir! Il faisait froid, c'était venteux, la mer était sombre... J'ai découvert là-bas que j'aimais le gris, que je suis une personne triste et que dans un lieu comme ça, je suis en plein sur mon X. Ce qui explique pourquoi j'aime tant la poésie anglaise, et la mélancolie qu'on trouve dans mes livres.»

Paris, France

«J'étais à Paris, la plus belle ville du monde, et tout le monde que je rencontrais se plaignait: les chauffeurs de taxi, la fleuriste... J'ai réalisé dans ce voyage-là qu'on peut être entouré de beauté et ne jamais s'en rendre compte. Je sais bien que Paris n'est pas parfait, mais il y a vraiment des gens qui peuvent se retrouver dans un champ de fleurs et passer à côté... Moi, la beauté me fascine.»

Pennsylvanie, États-Unis

«J'étais à Princeton, on vivait à 10 dans un petit appartement... On avait décidé d'aller visiter un village Amish, alors on s'est tous entassés dans une auto et on est partis. Mais une fois arrivés, on a réalisé que les Amish ne veulent pas qu'on les visite! Alors, on est revenus. Mais la route était belle, et on s'est tellement amusés... Trente ans plus tard, on en parle encore! La preuve que ce n'est pas la destination qui compte, mais le parcours.»

Bangkok, Thaïlande

«C'est dans cette ville que je suis devenue une mère. Mon premier enfant avait 4 mois quand on est arrivés et j'y ai accouché de mon deuxième. Pour moi, ç'a été un gros choc, car quand on est vietnamienne, ça va de soi qu'on sait être une mère. Mais j'ai compris que j'étais occidentale car je me suis donné le droit de me poser des questions sur l'amour maternel. Et j'ai réalisé que ça ne venait pas tout seul, que cet amour devait se développer, comme n'importe quelle relation.»

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