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Immigration et identité dans la littérature contemporaine

Militante d'origine tunisienne, Monia Mazigh est l'auteure du... (PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE)

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Militante d'origine tunisienne, Monia Mazigh est l'auteure du roman identitaire Du pain et du jasmin.

PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE

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La question de l'immigration fait grand bruit depuis quelques mois, alors que des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants risquent leur vie pour traverser les frontières. Comment la littérature aborde-t-elle aujourd'hui ces questions de migration, d'identité et d'appartenance ? Monia Mazigh, militante d'origine tunisienne et auteure du roman identitaire Du pain et du jasmin (paru en septembre aux Éditions David), participera à une discussion sur le sujet vendredi, au Salon du livre de Montréal. Nous lui avons posé quelques questions.

Si vous aviez encore vécu en Tunisie lorsque la révolution du jasmin a éclaté, comment auriez-vous réagi ?

Difficile de savoir exactement comment j'aurais réagi... Peut-être avec plus de cynisme que d'enthousiasme. Quand on vit dans la peur depuis des années, on oublie l'espoir ! J'ai des amis qui sont restés là-bas, et tout ce qui les intéresse, c'est comment retourner à une vie confortable et sécuritaire. Mon immigration et les risques que j'ai pris dans ma vie pour quitter mon pays d'enfance m'ont appris à devenir plus courageuse !

À votre avis, est-ce que la littérature contemporaine aborde suffisamment les questions d'immigration et d'identité ?

Ce n'est jamais suffisant ! Il y a différentes manières d'aborder ces questions troublantes. Malheureusement, en général, c'est toujours abordé du sens des pays riches vers les pays pauvres. On manque de voix des pays pauvres vers les pays riches. On manque de voix narratives qui se placent du côté des réfugiés et des immigrants. On manque de diversité d'origines. Aujourd'hui, la plupart des réfugiés viennent de Syrie. Il n'y a pas encore d'auteurs qui ont raconté leurs histoires émouvantes.

De quelle façon la littérature peut-elle favoriser l'ouverture par rapport à l'immigration et l'intégration des nouveaux arrivants ?

La littérature est une fenêtre ouverte sur l'autre. Elle peut aider à mieux comprendre l'autre et à mieux se connaître soi-même. Évidemment, il n'y a pas une seule littérature, mais plusieurs... Moi, j'aspire et je m'intéresse à celle qui est curieuse, créatrice de nouveaux horizons, pleine de sentiments nobles, celle qui fait de nous de meilleurs individus.

Quels titres récents sur le sujet vous ont marquée ?

Les matins de Jénine, par Susan Albulhawa, et Dans la mer il y a des crocodiles, de Fabio Geda.

Quels éléments sont essentiels pour acquérir, selon vous, un sentiment d'appartenance envers son pays d'accueil ?

La langue ! Il est important d'apprendre la langue du pays d'accueil, car à travers la langue, on peut se comprendre, on peut se parler et on peut vivre ensemble. L'appartenance n'est pas un ascenseur qui va dans un seul sens, mais plutôt une voie à deux sens. L'immigrant et celui qui l'accueille ont des responsabilités, et les deux doivent travailler ensemble pour atteindre une symbiose.

La discussion sur les questions de l'immigration et de l'identité dans la littérature contemporaine a lieu vendredi à 18 h 45, à l'Agora de la Place Bonaventure.

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